Pourquoi il faut se méfier de certains jouets connectés

Pourquoi il faut se méfier des jouets connectés
Pourquoi il faut se méfier des jouets connectés - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

A l'approche de la Saint-Nicolas, peut-être que certains enfants sages recevront des jouets connectés. Mais ces peluches, robots et autres poupées représentent un danger en termes de sécurité et de vie privée. Certains de ces jouets bourrés d'informatique peuvent être piratés par des personnes mal intentionnées. Le sujet était récemment au coeur de la chronique "Surfons tranquille" préparée par Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit, sur les ondes de Classic 21.

Prenons l'exemple, des peluches qui permettent aux parents d’envoyer un message à leur enfant. Ce dernier va pouvoir leur répondre via son petit nounours. Sauf qu’il a été démontré, au printemps dernier, que ces messages étaient stockés chez le fabricant et que des pirates informatiques y avaient accédé.

Fin 2016, plusieurs associations de consommateurs européennes, dont Test-Achats, avaient aussi interpellé les autorités au sujet de ces problèmes de sécurité et de vie privée liés notamment à la poupée Cayla.

Comme le signale le site spécialisé Numerama, les Furby Connect, le robot i-Que, les chiens Toy-Fi Feddy et la gamme de peluches CloudPets posent toujours problème. L'association de consommateurs britannique "Which" s'est en effet rendue compte que ces jouets utilisent une connexion Bluetooth non sécurisée. Dès lors, peut-on lire sur Numerama, "toute personne présente dans un périmètre — de 10 à 30 mètres pour le Furby Connect — [peut] se connecter au jouet sans fournir de mot de passe ou le moindre type d’identification. Et donc potentiellement [...] parler à l’enfant qui joue avec ce produit par le biais du 'robot intelligent'".

L'entreprise Hasbro, qui fabrique le jouet Furby, assure qu'elle prend ce genre de menaces "très au sérieux". "Nous avons la certitude que nous avons conçu le jouet et l'application pour assurer une expérience de jeu en sécurité", assure le fabricant aux Britanniques de "Which". Hasbro ajoute que ses jouets ne collectent pas de données privées, ni n'enregistrent la voix de ses utilisateurs.

L'association de consommateurs britannique "Which" a enquêté sur les jouets connectés

Espionnage de l'enfant et des habitudes de sa famille

En août dernier, c'est le FBI qui a mis les parents en garde contre ces jouets connectés de plus en plus souvent proposés à nos enfants.

Pour permettre une interaction avec son utilisateur, le logiciel qui est installé dans ces jouets va intégrer des capteurs, un micro, une caméra et évidemment un espace de stockage. Il peut aussi faire usage de la reconnaissance vocale et de la localisation GPS. Toutes fonctions qui vont donc éventuellement permettre à un pirate d’entendre les commentaires de l’enfant, quand il parle à son jouet mais aussi, d’activer l’enregistrement de conversations entre le jeune utilisateur et ses parents. Le pirate pourrait aussi disposer du nom, de l’adresse et connaître les habitudes de la famille.

Le FBI recommande donc aux parents qui voudraient offrir ce type de jouets de bien lire le contrat d’utilisateur et de vérifier comment l’entreprise, qui les fabrique, justifie l’usage et la protection des données des utilisateurs.

Le conseil sera aussi de se documenter en effectuant des recherches sur Internet afin de vérifier quels sont les problèmes de sécurité qui auraient été signalés et qui sont liés au jouet qui vous intéresse.

Ecoutez les explications d'Olivier Bogaert sur Classic 21

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