Polémique: un "Guernica" peut-il en cacher un autre?

Un auteur espagnol jette un pavé dans la mare en prétendant que "Guernica", le symbole du bombardement d’un village espagnol et, au-delà, de la tyrannie nazie, serait en réalité un tableau familial réalisé par un Picasso hermétique à la chose politique. Un message qui passe mal en Espagne.

14 ans de recherche

Rien à voir donc avec le bombardement de la ville basque par une escadrille de la légion Condor (allemande) en 1937. Mais plutôt, selon cet universitaire espagnol, une simple représentation de la vie de l’artiste. Une conclusion qu’il dit tirer de 14 ans de recherches.

Pourtant, la toile monumentale (3,50 X 8 m)  avait bien été commanditée par le gouvernement espagnol républicain pour le pavillon de l’Exposition universelle de Paris, en 1937.

Et il représente alors bien le drame de la nuit du 26 avril qui verra la destruction complète, par les bombes, d’un village. Les escadrilles sont allemandes, fournies en soutien à Franco. Le bilan dépasse 1600 morts et 800 blessés.

Il (Picasso) n’avait aucun intérêt pour les affaires politiques 

Mais cela, c’était avant. Pour Maria Juarranz de la Fuente, cet espagnol à la retraite, le tableau n’est pas un manifeste contre la guerre. Dans son livre intitulé "Guernica : le chef-d’œuvre inconnu", il présente l’oeuvre comme un portrait de famille autobiographique. Le journal El Pais cite l’auteur selon lequel "Picasso n’est jamais allé à Guernica... Le bombardement ne l’a pas affecté personnellement... La guerre civile ne l’inquiétait pas et il n’avait aucun intérêt pour les affaires politiques."

La figure du cheval qui apparaît dans le tableau serait typiquement associée aux femmes. En l’occurrence Olga Khokhlova, première femme de Picasso.

What's in a name

Quant au titre de l’œuvre il trouverait son origine dans le cri poussé par le poète français Paul Éluard qui, voyant le tableau inachevé dans l’atelier du peintre, se serait écrié "Guernica".

Une théorie qui, on l'imagine, ne fait pas l’unanimité. Lors de la conférence de presse de présentation du livre, des journalistes critiques d’art ont dit manquer d’arguments scientifiques. Et en attaquant le symbole de Guernica, c’est un mythe qu’on assassine. Avec peut-être, aussi, le désir de réécrire l’histoire.

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