Plantu et Pierre Kroll docteurs honoris causa de l'Université de Liège

Pierre Kroll docteur honoris causa de l'Ulg
Pierre Kroll docteur honoris causa de l'Ulg - © Archive BELGA /DIRK WAEM

C'est ce mercredi la rentrée académique à l'Université de Liège. Et pour marquer cet événement, les autorités universitaires ont choisi pour thème "La liberté d'expression et la liberté d'accès à l'information". A cette occasion, plusieurs personnalités recevront le titre de docteur honoris causa parmi lesquelles de célèbres caricaturistes.

Ce sera le cas du dessinateur liégeois Pierre Kroll, que l'on retrouve tous les dimanche sur la RTBF. Pierre Kroll qui se dit honoré par ce titre en rappelant toutefois qu'il faut encore batailler pour préserver la liberté de ton chez nous: "En Europe et en Belgique en particulier, la liberté d'expression est très existante, très défendue. Ce qu'on me permet le dimanche à la RTBF est assez incroyable. Les politiques parlent, racontent leur histoire et j'ai toute la liberté pour m'en moquer avec des dessins. C'est assez énorme. Chez nous, l'état protège la liberté d'expression, c'est un fait. Mais cela ne veut pas dire qu'on ne rencontre pas des problèmes qui sont le corolaire de cela. C'est-à-dire que chez nous, on a peur de l'opinion publique, on a peur qu'une petite minorité, qui n'apprécie pas qu'on fasse de l'humour à son égard, harcèle. Et au final, on risque d'abandonner tous ces terrains-là. C'est donc un combat qu'il est facile de perdre parce qu'il n'a pas l'air important chez nous".

Également récompensé, la caricaturiste Nadia Khiari, révélée au grand public suite à la révolution tunisienne. Et puis Plantu, une référence pour de nombreux dessinateurs de presse. Collaborateur du journal "Le Monde" depuis plus de 40 ans ... Suffisant pour se forger cette conviction: "La liberté d'expression, elle est la plus forte au bout du compte. Les crétins qui mettent des gens en taule, les crétins qui torturent des gens, les crétins qui tuent aussi. Je me souviens qu'il n'y a pas très longtemps, il y a un chanteur qui faisait des chansons contre Bachar El Assad. Il a envoyé des sbires qui lui ont arraché les cordes vocales. Il en est mort. Mais la liberté d'expression sera au bout du compte la plus forte parce que les chansons resteront, les chansons sont répétées par les Syriens de l'opposition et la liberté de pensée est toujours la plus forte".

Recevront aussi les insignes de docteurs honoris causa de l'ULg un journaliste d'investigation kazakh et l'organisation à l'origine des révélations de l'offshore leaks. De même qu'un professeur à l'université du Québec pionnier du libre accès aux publications scientifiques. Le recteur de l'ULg, Bernard Rentier, dont ce sera la dernière rentrée académique, s'explique sur ces choix: "On a un peu tous les extrêmes de la profession, mais dans tous les cas, ils sont symboliques de cette liberté de s'exprimer et de pouvoir dire ce qu'on veut. On sait bien que la liberté a des limites et les limites, c'est là où elle entrave la liberté des autres. Mais jusque-là, il n'y a pas de raison de ne pas dénoncer ce qui peut paraître anormal, injuste ou irrégulier".

Les insignes de docteur honoris causa seront officiellement remis lors d'une cérémonie officielle ce mercredi.

B. Alié

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