Photos, vidéos, pseudos… Comment faire le ménage dans sa présence sur internet ?

Photos, vidéos, pseudos… Comment faire le ménage dans sa présence sur internet ?
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Photos, vidéos, pseudos… Comment faire le ménage dans sa présence sur internet ? - © pixabay.com - Free-Photos - CC0 Creative Commons

"Nous avons pris l’habitude de sacrifier notre vie privée en échange d’un certain confort, d’une certaine facilité. A tel point que ça a atténué notre vigilance en ce qui concerne la collecte de données personnelles." Cette phrase sert de conclusion à un récent article du New York Times au contenu interpellant : des millions d’images hébergées sur Flickr (une plateforme de partage de photos, un temps propriété du géant Yahoo) ont été ajoutées à MegaFace, une base de données utilisée notamment par des entreprises spécialisées dans la reconnaissance de visages.

Dans l’article du New York Times, une jeune fille de 19 ans se désole. Il y a 14 ans, sa mère a pris des photos d’elle et les a hébergées sur Flickr. Aujourd’hui, ces clichés sont dans les collections de MegaFace. Ils pourraient servir à identifier des terroristes, à reconnaître des émotions automatiquement, mais aussi à espionner le public à plus large échelle. "C’est dégoûtant et inconfortable, déplore-t-elle. J’aurais bien voulu qu’on me demande la permission avant de m’inclure [dans cette base de données]. Je trouve que l’intelligence artificielle est cool et je veux qu’elle soit encore plus intelligente. Mais en général vous demandez la permission des gens avant de les faire participer à de telles recherches."

Que feront les géants du numérique de nos données personnelles à l’avenir ? Comment monnayent-ils les informations déjà collectées ? Si ces questions vous font tiquer, nous vous proposons dans cet article un mode d’emploi pour faire le ménage. Et ce à quelques jours d’une semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information, un événement organisé à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Ces conseils sont principalement tirés d’une série de tweets expliquant "comment supprimer 99,9% de votre empreinte digitale sur internet."

1. Faire le ménage dans ses adresses e-mail

Commencez par faire la liste de toutes les adresses e-mail que vous avez créées depuis votre première connexion à internet. Dans chacune d’elles, faites une recherche avec des mots-clés tels que "bienvenue", "welcome", ou "sign up" (qui signifie "inscrit" ou "enregistré" en anglais). Cela vous permettra de repérer tous les services auxquels vous avez été abonnés ces dernières années. Autant de comptes que vous avez peut-être oubliés depuis.

A l’avenir, pour créer un nouveau compte sur un site où vous passez rarement (à éviter pour les sites de vente en ligne évidemment), utilisez des services comme 10minutemail. Le principe : accéder à une adresse qui s’autodétruira au bout de 10 minutes. Juste le temps de récupérer le mail de confirmation et d’accéder au service désiré.

2. Se désinscrire de ce dont vous ne voulez plus vous servir

Une fois que la liste des services dont vous n’avez plus besoin est faite, cherchez sur Google comment fermer l’un ou l’autre compte.

Deux choses primordiales à faire avant de supprimer un compte : télécharger une archive de vos données hébergées par la plateforme en question et supprimer ensuite toutes les données qui s’y trouvent.

Si vous ne comptez pas abandonner des services comme Facebook de sitôt, rendez-vous ici pour un mode d’emploi détaillé expliquant comment bien sécuriser votre profil.

►►► À lire aussi : Vous voulez quitter Facebook définitivement ? Voici comment (bien) faire les choses

3. Nettoyer les résultats de recherche dans Google

Soyons clairs : ce n’est pas l’étape la plus simple. Le célèbre moteur de recherche indexe des milliards de résultats. Si votre nom a un jour été cité dans un article de presse en ligne, dans un bulletin communal publié sur le site de votre ville ou encore dans la liste des anciens élèves de votre école secondaire, vous êtes bien connu de Google.

Vous pouvez toujours demander à l’entreprise américaine de vous retirer de ses résultats de recherche. Deux possibilités s’offrent à vous :

  • Demander d’abord au propriétaire du site où vos données apparaissent de supprimer les données en question. Une fois que c’est fait, rendez-vous sur la console de Google pour supprimer définitivement le résultat de recherche correspondant ;
  • Remplir le formulaire de demande de suppression des données, par exemple en invoquant le Règlement général pour la protection des données personnelles (RGPD). Il faudra alors répondre à toute une série de questions et envoyer une copie d’un document d’identité. Ensuite, c’est Google qui décidera si votre demande est recevable ou non… Si oui, votre nom n’apparaîtra plus dans les résultats de recherche de Google – ce qui est déjà une bonne première étape - mais il sera encore visible sur le site concerné.

►►► À lire aussi : grâce au RGPD, pourrez-vous lire tous les e-mails où votre patron parle de vous ?

4. Bien paramétrer ses appareils

A l’heure des cookies et des services de géolocalisation contenus dans les applications, pas facile de surfer incognito. Il n’y a pas de secret : pour que certains services soient gratuits, il faut bien que vos données personnelles soient utilisées à des fins de marketing. Comme dit l’adage : il n’y a de fromage gratuit que dans les pièges à souris.

Si vous êtes un utilisateur des services de Google (téléphone Android, Gmail, YouTube, navigateur Google Chrome…), il est possible de bloquer quelques mouchards. Cela se passe dans les "commandes relatives à l’activité" du géant américain.


►►► À lire aussi : Voici comment voir tout ce que Google sait sur vous (et paramétrer votre profil)

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Signalons au passage qu’il n’y a pas que Google dans la vie. D’autres moteurs de recherche mettent en avant le respect des utilisateurs, comme DuckDuckGo par exemple. Pour les smartphones, il existe d’autres systèmes d’exploitation qu’Android ou iOs. Ils sont plus ou moins libres, plus ou moins fiables… et plus ou moins réservés aux geeks. Vous trouverez quelques exemples d’alternatives en cliquant ici.

Enfin, il est toujours possible d’utiliser un VPN pour masquer son activité en ligne. Les grands acteurs du secteur en font leur principal argument de vente. Mais là encore, rien ne garantit que l’anonymat soit totalement préservé. Il y a quelques jours, on apprenait ainsi que Nord VPN, qui a massivement sponsorisé des Youtubeurs ces derniers mois, a été victime d’un piratage de serveur. L’entreprise affirme néanmoins que ce piratage a été sans conséquence pour ses utilisateurs.

5. Ne pas partager n’importe quoi sur les réseaux sociaux

Protégez vos comptes sur les réseaux sociaux. On ne le dira jamais assez : une photo partagée en mode public sur Facebook peut être récupérée par n’importe qui. Elle est indexée sur un serveur et vous échappe aussitôt. Pensez-y si, par exemple, vous avez l'habitude d'afficher vos enfants sur la toile. Même si le réseau de Mark Zuckerberg a bloqué certaines fonctions de son puissant outil "Graph Search" en juin dernier, on y trouve encore une mine d’informations.


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Et cela ne s’arrête pas là. La reconnaissance faciale devient de plus en plus efficace. Certaines applications comme FaceApp, qui met en avant son côté ludique de vieillissement de photos, stockent de nombreuses données. Les utilisateurs consentent d’ailleurs à ce que ces données soient utilisées ultérieurement. C’est en tout cas ce qui figure souvent dans les conditions d’utilisation que peu de gens prennent le temps de lire en entier. Conséquence : les moteurs de recherche qui permettent la recherche inversée d’images deviennent toujours plus puissants.

Nous vous l’expliquions par l’exemple en juillet dernier. Une recherche dans le moteur russe Yandex nous a permis d’identifier formellement une inconnue interviewée brièvement dans le cadre de notre journal télévisé.

Conseil bonus : vérifier la sécurité des mots de passe

Vérifiez que les mots de passe que vous employez par le passé ou à l’heure actuelle n’ont pas fuité. Pour le savoir, une seule adresse : haveibeenpwned.com. Ce site mis sur pied par un spécialiste de la cybersécurité permet de chercher si un mot de passe ou une adresse mail s’est un jour retrouvé dans une fuite de données. Ainsi, si vous avez eu un jour un compte DailyMotion, il est fort probable que le mot de passe que vous avez employé sur cette plateforme de partage de vidéo se soit retrouvé dans la nature après une fuite massive de données en 2016.

Changez régulièrement vos mots de passe. N’utilisez pas le même partout. Quand c’est possible, préférez la double authentification. Celle-ci devient d’ailleurs progressivement obligatoire lors des paiements en ligne dans toute l’Europe.


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