Philocomix 2, dix nouvelles approches du bonheur

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philocomix - © rue de sèvres

Nous vivons une époque très particulière, avec ce déconfinement progressif, avec ce besoin de plaisir qui reprend vie. Le moment est bien choisi de se plonger dans Philocomix, un album de bande dessinée qui nous parle de philosophie et de bonheur !

On peut dire de la philosophie qu’elle s’intéresse à l’être humain, à ses réalités, à ses questionnements. En tentant de trouver des réponses à ces interrogations. Et quelle est l’attente principale de chaque humain ?... Le bonheur, bien sûr ! Et ce livre, donc nous parle du bonheur à travers les théories de dix philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie et de l’humanité ! D’Aristote à Arendt, les auteurs de ce livre, Jean-Philippe Thivet, Jérôme Vermer et Anne-Lise Combeaud au dessin, nous font entrer, de manière simple, presque ludique même, mais toujours parfaitement documentée, dans l’existence de ces " penseurs ", et ils nous font découvrir qu’elle était leur notion du bonheur !

Philocomix, c’est un li re de vulgarisation philosophie, mais comme la philosophie et l’Histoire, qu’on le veuille ou non, sans toujours interdépendants, c’est aussi un livre de vulgarisation historique, au travers des idées véhiculées dans chaque époque.

Chez Aristote, le bonheur dépend de l’éducation, il a besoin de tolérance, mais dans le cadre de quelques lois. Hobbes, des siècles plus tard, ira encore plus loin, parlant de pacte social qui doit pouvoir mener à un pouvoir absolu, celui de " nuire " à la place de la population qui, dès lors, pourra découvrir le bonheur.  Pendant des siècles, les philosophes, ainsi, ont envisagé le bonheur collectif comme étant plus important que le bonheur individuel…

Il a fallu attendre Spinoza pour que les choses changent, pour que les idées se mettent enfin à taille humaine. Pour lui, l’esprit critique et la vigilance étaient les chemins menant à l’émancipation, donc à la liberté, une liberté contre toutes les peurs, contre toutes les manipulations. Ceux qui l’ont suivi, Diderot, Montesquieu, Tocqueville ont suivi son chemin d’idée en insistant sur le savoir, sur la lutte contre le pouvoir installé, mais dans la modération, sur la liberté individuelle en lutte contre la tyrannie de la majorité.

Jusqu’à Spinoza, on partait du postulat que l’homme est égoïste, asocial et instable.  Et ce n’est que bien plus tard, encore, avec Mill, avec Thoreau, au 19ème siècle, que les philosophes vont enfin s’intéresser aux minorités et aux injustices. Avec un mot d’ordre, en quelque sorte, " ensemble "… Ensemble, avec les esclaves libérés, avec les femmes, avec les laissés pour compte !

Le vingtième siècle, celui qui, peut-être, nous a le plus " construits ", est représenté dans ce livre par deux figures incontournables…

Il y a Sartre qui nous dit que chacun est responsable de ses choix, et donc de son bonheur, mais aussi de celui des autres. En même temps, il nous dit que l’enfer c’est les autres, et son existentialisme a bien dû se confronter à l’absurdité qui, elle, était chère à Camus. Et puis, il y a la seule femme de ce livre, Arendt, qui revient résolument au postulat de base, et ne considère comme important que le bonheur collectif, avec comme source l’art, la création.

Cette bd, c’est un livre qui ouvre des portes. Ou, plutôt, des fenêtres… C’est un livre intelligent, spirituel, souriant. Et passionnant ! Et ce que m’a dit Jérôme Vermer, un des auteurs, résume parfaitement ce que ce livre peut apporter à tout un chacun : " N’oublie pas, c’est toi qui définis qui tu es. Et c’est une chance ! Tout est possible ! "

 

Jacques Schraûwen

Philocomix 2, dix nouvelles approches du bonheur (auteurs : Thivet, Vermer et Combeaud – éditeur : Rue de Sèvres – 184 pages – avril 2020)

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