Philippe Geluck sur la situation politique: "Les bras m'en tombent. Je me dis qu'on est un peu pathétique"

Le roi Philippe a désigné mardi le président du PS, Paul Magnette, en tant qu’informateur, marquant ainsi une nouvelle étape dans la recherche d’une majorité pour le gouvernement fédéral.

Le dessinateur Philippe Geluck était l’invité de La Première mercredi matin pour commenter l’actualité de ces derniers jours. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le blocage politique ne le fait pas du tout rire. "Les Français se marrent, comme quand on n’avait pas de gouvernement pendant un an et demi la dernière fois. Les bras m’en tombent. Je me dis qu'on est un peu pathétique. Comment ne sommes-nous pas la risée de la planète avec notre système qui est dans une impasse ?"

Une impression de fin de la Belgique. "J’ai l’impression qu’on est des ours blancs sur un iceberg qui dérive et qui est en train de fondre. Et on ne peut rien faire. On doit faire quoi ? Demander de l’aide ailleurs ? Certains l’ont proposé en disant : "Rattachons la partie francophone à la France et puis l’autre partie fera ce qu’elle veut". Il y a peut-être une solution à chercher de ce côté-là, quoique je ne sais pas si c’est souhaité par beaucoup de monde."

La démocratie doit être chérie, préservée, nourrie par tous les citoyens

Pour le dessinateur, il faudrait que les politiques se ressaisissent et forment des majorités au sein de chaque communauté. "On est tellement éparpillé dans chaque communauté, il y a une multitude de partis et de tendances politiques différences. Et forcément, on doit faire des compromis et alliances. Et ça se fait après les élections. C’est ça qui est aberrant chez nous ! On vote, on a l’impression que c’est une démocratie parce que l’on peut clairement poser un choix, mais au final ce sont les politiciens qui s’arrangent entre eux."

Il faudrait donc une sorte de second tour pour élire les coalitions. "Le citoyen pourrait valider la coalition qui se présente et tant qu’il ne l’approuve pas, on ne vote pas pour cette majorité-là."

Nous sommes justement dans un contexte de déconnexion entre le citoyen et le politique. "Les démocraties sont en danger. Quand j’étais petit je pensais que la démocratie et la paix seraient là pour toujours, qu’on était arrivés à un niveau de sagesse suffisant pour ne plus retomber dans les erreurs du passé. On se rend compte que non. La culture n’est pas une chose acquise, ni le second degré. La démocratie doit être chérie, préservée, nourrie par tous les citoyens."

"La Rumba du chat"

Philippe Geluck sort son 22e album "La Rumba du Chat". Dans ce nouveau tome, il dénonce notamment le politiquement correct dans une société en plein déclin. Il y parle de harcèlement, de pauvreté ou encore de religion et surtout cette certaine préoccupation sur ce qu’on peut dire et ne plus dire. "Certains dessins ont posé problème, notamment ceux sur le harcèlement. Il y a une prudence, une censure préventive."

L’album démarre sur une blague sur la burka, un débat qui fait rage en France. "Le chat est politique en général et met le doigt ou ça fait mal. Je vais dans l’arène politique par des chemins de traverse. Je préfère ouvrir le débat que de donner une réponse définitive. Il est certain que comme citoyen j’ai un sentiment politique, sur les problèmes de société, mais ce n’est pas le propos de mes dessins. Je pose des problèmes pour ouvrir ce débat, permettre aux gens de réfléchir et pour montrer qu’il faut continuer à pouvoir rire de ces choses-là même si elles font grincer des dents."

Il n’est donc pas plus prudent pour autant lorsqu’il dessine. "Mon rôle est justement de toujours mettre les pieds au-delà de la limite qu’on voudrait me fixer. Je chatouille les gens qui sont un peu radicaux."

Sujet sur Philippe Geluck dans notre journal télévisé de 13h:

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