Pédopornographie: modifier la loi belge pour accroître son efficacité

Un changement de législation pourrait permettre à la police de collaborer avec des fondations d’intérêt public comme Child focus.
Un changement de législation pourrait permettre à la police de collaborer avec des fondations d’intérêt public comme Child focus. - © Tous droits réservés

Les géants de l'Internet font front commun contre la pornographie infantile. Google, Facebook, Microsoft, Twitter et Yahoo se sont associés à une fondation britannique, l'Internet Watch Fondation pour lutter contre l’abus sexuel des enfants. En Belgique, la législation ne le permet pas.

L’organisation anglaise signalera des photos à caractère pédopornographique aux grands acteurs du web. Une belle avancée, sans doute, mais qui n’est pas envisageable chez nous. En Belgique personne n'a le droit de consulter des photos de pornographie infantile. Pas même une organisation qui souhaitant contribuer à la lutte contre la pédopornographie.

Lorsque le personnel de Child focus reçoit un signalement d’un internaute, ou une photo suspecte, il s’abstient d’ouvrir le fichier et le transmet tel quel à la police sans aucun filtre. Pourtant, dans de nombreux cas, ce sont de faux signalements.

Pour Marise Roland, porte-parole de la fondation, il faut que cela change "pour avoir au moins le droit d’analyser le signalement que nous recevons et n’envoyer vraiment que le matériel de pornographie enfantine à la police. Cela pourra aller beaucoup plus vite et nous pourrions retirer les images d’enfants abusés sexuellement du net. "

Une collaboration impossible

Dans ces conditions, il est impossible d’envisager une collaboration avec les grands acteurs du Web. Même difficulté du côté de la police liée au secret. Selon le commissaire Olivier Bogaert, spécialiste de la criminalité sur internet. "Les photos retrouvées dans les dossiers sont rassemblées sur des supports qui sont ensuite déposés au greffe correctionnel, mais sous scellés. Cela signifie qu’elles ne peuvent pas avoir un caractère public.". Pourtant le commissaire admet qu’un coup de pouce serait quelques fois le bienvenu : "Le numérique se généralisant, il faut que les législations s’adaptent."

Un changement de législation pourrait permettre à la police de collaborer avec des fondations d’intérêt public comme Child focus ou encore avec les géants de l’internet comme Facebook, Google, Twitter et d’autres.

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