Paul Moreira (RSF) dans Libre Echange: "L'avenir du journalisme, c'est l'expertise"

Paul Moreira est l'invité de "Libre Échange"
Paul Moreira est l'invité de "Libre Échange" - © Martin Godfroid

Ce mercredi est célébrée la Journée internationale de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, baptisée cette année par les Nations Unies le "Difference Day".  Pour honorer cette journée, l’équipe de Libre Échange propose à 7 étudiants de débattre avec Paul Moreira, infatigable reporter et vice-président de Reporters Sans Frontières, co-fondateur de Premières Lignes, qui produit entre autres Cash Investigation.

"C’est un crime de faire de l’info chiante !"

A l’heure où de nombreuses personnes se demandent si l’on peut encore faire confiance aux journalistes, Paul Moreira n’hésite pas à garder un œil critique et positif sur le métier. C’est sans langue de bois qu’il tacle les éditorialistes invités sur tous les plateaux télés qui s’expriment le lundi sur le foot, le mardi sur la politique et le mercredi sur les fraises espagnoles : ils nuisent à la crédibilité du métier.

Néanmoins, il reste convaincu qu’un travail sérieux d’enquête peut parfois faire changer le monde.

Lorsque Jonathan Bradfer lui demande s’il a toujours voulu bousculer le système, la réponse est claire : "J’ai toujours voulu bousculer le système. Toute société saine a besoin d’un contre-pouvoir au pouvoir en place. Une société sans ce contre-pouvoir est une société malade, et ça je le sais depuis mon plus jeune âge de par mon histoire familiale".

"Il faut que chaque boîte de prod. qui veut, comme nous, faire de l’investigation, se bâtisse un trésor de guerre"

Les 7 jeunes qui participent à l’émission voulaient aborder avec le vice-président de Reporters Sans Frontières la question : "Informer : un délit ?".

A l’heure ou la liberté de la presse est bafouée dans de nombreux pays et ou la loi du secret d’affaire a été votée au Parlement Européen, la question est plus que jamais d’actualité.

Pour Paul Moreira, les entreprises auxquelles les journalistes d’investigation s’attaquent "se foutent de l’argent", néanmoins l’argent reste aussi la clé pour investiguer et pour se défendre face à ces multinationales. Et puis Loïc, étudiant en communication et lobbying a interrogé Claude Rolin sur la connivence que le politique peut avoir avec le journaliste, ce à quoi il répond de manière cash: "J’ai l’habitude de dire ce que je pense, c’est comme ça que j’ai toujours fait mon métier et que je veux continuer à le faire !"

"L’investigation réhabilite un peu la crédibilité du journalisme auprès du public. L’avenir du journalisme, c’est l’expertise"

Antoine soulève la question de l’éducation aux médias, Quentin, un autre étudiant, s’interroge sur la nécessite d’informer et de divertir,…

A l’heure où les Européens vivent une crise profonde de défiance face aux médias traditionnels et aux journalistes, les étudiants de Libre échange bousculent les codes sans langue de bois.

Libre échange du 3 mai 2017

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