Pascal Bruckner à propos de Greta Thunberg : "La messagère tue le message"

"Le désir de jeunesse est devenu le symptôme d’une société vieillissante" : c’est un des constats fait par l’essayiste français Pascal Bruckner dans son dernier ouvrage, intitulé "Une brève éternité – philosophie de la longévité" (Grasset). Interrogé sur La Première, il critique l’importance donnée par les médias à Greta Thunberg : "Ce qui est dangereux, ce sont ces adultes qui se prosternent devant elle, et qui ont l’impression de retrouver n oracle, alors qu’elle ne fait que répéter ce que les médias nous inculquent depuis 20 ans, à savoir qu’il y a un changement climatique. Les médias rapportent un catastrophisme dont Greta Thunberg est la chambre d’écho. Il y avait 'Martine à la plage', 'Martine fête son anniversaire', aujourd’hui c’est 'Greta traverse l’Atlantique', 'Greta va conduire une Tesla prêtée par Arnold Schwarzenegger', 'Greta a le mal de mer'. La messagère tue le message. Je trouve qu’une jeunesse qui est élevée au lait du désespoir n'est pas une jeunesse avertie, c’est une jeunesse paniquée".

"L’écologie est profondément divisée entre plusieurs variantes : il y a des écologies catastrophistes, des écologies totalitaires, des écologies positives et intelligentes. Moi je choisis plutôt une écologie scientifique, rationnelle, qui nous explique ce qui est bon et ce qui n’est pas bon. Je me méfie beaucoup de ces prophètes de la catastrophe", poursuit-il.

"Le travail n’est pas simplement une punition"

En Europe occidentale, grâce aux progrès de la médecine, les gens vivent plus vieux. "Ce qui est très important, c’est de ne pas considérer la retraite comme un abandon aux loisirs. Il faut que les personnes de 50 ou 60 ans, qui sont souvent en pleine possession de leurs moyens, continuent à avoir une activité utile pour la société. Le travail n’est pas simplement une punition, c’est aussi un moyen de garder des liens avec autrui, de participer à un projet. On peut parfaitement organiser le travail différemment à partir de 60 ou 70 ans. Je remarque que dans les pays qui marchent le mieux l’âge de la retraite a été fixé à 67 ans. Pour les métiers à forte pénibilité, bien entendu qu’il faut partir. Mais dans le tertiaire (qui ne sont pas toujours des métiers de fatigue), dans la recherche, un certain nombre de professions ont envie de continuer à exercer leurs compétences. Pour cela il faut repenser la relation des seniors avec le travail", estime Pascal Bruckner.

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