Parcours inédit pour un OVNI du cinéma belge en lice aux Magritte

Marie Kremer, Nicole Shirer et Patrick Ridremont dans "BXL/USA"
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Marie Kremer, Nicole Shirer et Patrick Ridremont dans "BXL/USA" - © La Parisienne d'images / Nexus Factory

"BXL/USA" de Gaetan Bevernaege fait partie des sept films en course pour le Magritte du Premier film qui sera remis lors de la 4ème cérémonie des Magritte du cinéma le 1er février prochain. Cette comédie loufoque était pourtant destinée à n'être qu'un téléfilm.

Le film, de l'aveu même de son réalisateur, "n'est pas sorti de manière traditionnelle". Il a démarré sa vie à la télévision avant de passer "un peu" au cinéma pour finalement être nommé dans la catégorie Premier film aux Magritte.

Originaire de Bruxelles, Gaëtan Bevernaege s'est expatrié en France à l'âge de 20 ans (il en a 45 aujourd'hui). Sans formation aucune, il a réussi à se faire une place dans le milieu de la télé réalisant principalement des petites choses (sketches, humour, format court, pub) à l'adresse de la jeunesse.

En 2011, il participe à un concours organisé par Canal+ dans le cadre de sa Nouvelle Trilogie offrant l'opportunité aux jeunes auteurs et réalisateurs de concrétiser une première œuvre de fiction télé. Sur les quelques 550 projets déposés cette année-là, "BXL/USA" est retenu. Il a tapé dans l’œil de Gilles Galud, un producteur français.

"J'étais Belge, je voulais faire un film belge"

Comme le film, selon le pitch, devait absolument être tourné en Belgique, il a fallu trouver un coproducteur belge. Sylvain Goldberg (Nexus Production) est alors entré dans le jeu : "Quand j'ai lu le scénario et rencontré Gaëtan, il a été évident qu'on s'est retrouvé en famille, c'était une évidence, la folie de Gaëtan (...) Chez Nexus, on aime les projets un peu à la marge, les projets un peu différents."

Gaetan Bevernaege n'ayant pas d'expérience dans la réalisation d'un long-métrage, le producteur belge a joué un rôle primordial en mettant à sa disposition toute une équipe : "C'est un projet qui devait se tourner en 18 jours, il fallait très rapidement apporter du financement, des équipes, etc.", explique Sylvain Goldberg. Parmi les acteurs, Patrick Ridremont, Charlie Dupont, Marie Kremer et Nicole Shirer acceptent de relever le défi.

"Le film méritait mieux que simplement une diffusion en téléfilm"

Le résultat fait mouche en France, il obtient même le prix du meilleur film de comédie à La Rochelle.

"Il était pour nous une évidence que le film méritait mieux que simplement une diffusion en téléfilm et uniquement la petite lucarne. Pour nous, cela devenait un défi de le porter au cinéma", explique Sylvain Goldberg.

Le producteur belge est finalement parvenu à trouver un distributeur en Belgique (Claude Dioury). "BXL-USA" a été projeté dans quelques salles à Bruxelles fin de l'année 2012 où il a fait quelques centaines d'entrées. Une réussite dont se félicite aujourd'hui le producteur mais qui a un goût de trop peu selon lui : "J'ai un but, un simple but, il est très clair. Il est de faire connaître ce film au plus grand nombre (...) C'est un vrai petit objet cinématographique."

L'histoire, c'est celle de Gratuite qui, parce qu'elle est émue d'apprendre que la mère de son meilleur ami (avec qui la maman a rompu les ponts) devient complètement aveugle, va lui faire croire qu'elle est sélectionnée pour un radio-crochet à Los Angeles. L'histoire se complique quand la vieille dame lui donne la mission d'acheter les billets d'avion pour s'y rendre et qu'elle perd l'argent. Avec son meilleur ami (Leopold) et sa clique, ils vont tenter de lui faire réaliser ce voyage sans quitter la Belgique.

Aujourd'hui, une nouvelle vie s'offre peut-être à "BXL/USA" puisqu'il concourt pour le Magritte du Premier film. Un prix qui, pour la première fois cette année, sera attribué par le public. Le vote, qui peut se faire en ligne, a débuté le 23 octobre 2013 et se clôture le 15 janvier 2014. Les participants peuvent remporter deux invitations pour la Cérémonie des Magritte du Cinéma 2014.

Mais la concurrence est rude. "Hors les murs" de David Lambert, qui a reçu le Grand Rail d'Or à Cannes en 2012, est également en lice.

Il y a aussi : "Une chanson pour ma mère" de Joël Franka,

"A Pelada" de Damien Chemin,

"Je suis supporter du Standard" de Riton Liebman,

"Le sac de farine" de Kadija Leclère,

et "Twa timoun" de Jonas D'adesky.

Enfin, pour ceux qui se demanderaient pourquoi on retrouve des films sortis en 2012 à la Cérémonie des Magritte du Cinéma 2014, voilà la réponse trouvée sur le site : "Pour chaque catégorie, des critères spécifiques définissent qui concourt cette année. Un critère commun est la date de sortie belge du film: il doit absolument avoir été distribué dans les salles pendant au moins une semaine entre le 16 octobre 2012 et le 16 octobre 2013. C’est pour cela qu’on peut voter pour Tango Libre ou Ernest et Célestine, sortis à la fin de l’année passée et pas encore pour Baby Balloon, Henri ou La Marche qui participeront à l’édition 2015."

C. Biourge

 

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