"Orfeo & Majnun": opéra interculturel et participatif à la Monnaie

Orfeo et Majnun, c'est la rencontre de deux légendes : Orphée et Eurydice, le mythe grec, et Leïla et Majnun, une histoire très populaire au Moyen-Orient notamment. Dans cette création unique proposée au Théâtre Royal de la Monnaie en collaboration avec six établissements culturels européens, un casting multiculturel : les solistes sont français et palestiniens, le metteur en scène israélo-autrichien, le chef d'orchestre libano-polonais, et ils sont accompagnés sur scène par de jeunes Bruxellois.

Rassembler les communautés

Dans le mythe d'Orphée et Eurydice, le fils d'Apollon tente de ramener son épouse du royaume des morts mais transgresse la seule règle qui lui avait été imposée : il se retourne pour la regarder avant d'avoir rejoint le monde des vivants et elle meurt une deuxième fois. Il se retire alors dans la forêt où il joue de la musique pour les animaux. Les similitudes sont nombreuses avec l'histoire d'amour impossible entre Leïla et Majnun, les Roméo et Juliette du monde oriental.

"On voulait faire un projet qui rassemble les communautés de différents horizons", précise Airan Berg, le metteur en scène, "certains connaissent peut-être une histoire, certains peut-être l'autre. On voulait les faire travailler ensemble sur ces émotions humaines de base : l'amour, la perte et le désir, qui sont inhérents à nos deux histoires. C'est d'autant plus important à une époque où certaines personnes essayent de diviser notre société".

Des élèves de Koekelberg sur scène

Sur scène, des enfants des chœurs de la Monnaie, mais aussi d'une école de Koekelberg. Des petits chanteurs qui, bien souvent, n'avaient jamais mis les pieds à l'opéra. C'est le cas de Syrine, 11 ans, élève à l'Instituut van de Ursulinen.

"Je n'étais jamais venue", nous explique-t-elle, "mais parfois quand je passe par ici pour faire les magasins à De Brouckère, je vois toujours ce bâtiment. C'est très beau, c'est grand, c'est chic". Des enfants qui ont travaillé dur depuis des mois pour être prêts à se produire sur scène. "Au début c'était très difficile", nous confie Reda, 10 ans, "mais j'apprends, j'apprends, j'apprends et c'est devenu un peu facile. Maintenant je connais tout par cœur", conclut-il, très fier.

Plus de 1 000 citoyens impliqués

Dans chaque ville européenne où le spectacle va se jouer, les solistes restent les mêmes, mais ils s'entourent de nouveaux citoyens. Chaque fois, plus de 1 000 personnes s'impliquent à différents niveaux, comme pour le maniement des marionnettes. Une expérience unique pour Serge Siraux qui a répondu à l'appel à candidatures.

"Des personnes sont venues pour nous former à la manipulation des animaux", précise-t-il, "et maintenant on est pris en charge par le metteur en scène pour savoir à quel moment exactement intervenir. C'est une équipe très professionnelle, ça se passe très bien".

Place de la Monnaie en fête

Un projet inédit pour les solistes aussi. Nai Barghouti est chanteuse, compositrice et flûtiste. Elle interprète le rôle de Leïla : "C'est vraiment bien parce que, personnellement, je n'ai jamais participé à des projets qui combinent la musique classique arabe avec la musique classique occidentale, et je pense que ça apporte une saveur très particulière", confie-t-elle.

Une création interculturelle résultat de près de deux ans de travail à ne pas rater. Le spectacle musical se déroulera à 20h sur la scène de la Monnaie ces vendredi et samedi. De nombreuses animations sont également prévues toute la journée de samedi sur la Grand Place et autour de la Place de la Monnaie. Toutes les informations ici.

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