Ondes GSM et principe de précaution: quand nos smartphones font peur

En l’absence d’étude définitive sur le statut des radiofréquences, c’est la multiplication des ondes qui suscite le plus de questions.
En l’absence d’étude définitive sur le statut des radiofréquences, c’est la multiplication des ondes qui suscite le plus de questions. - © PHILIPPE HUGUEN - BELGAIMAGE

A la fin de l’année, se sont exprimées de nouvelles craintes sur les risques de radiations provoqués par la transmission 4G. Le mouvement " grONDES " est notamment monté au créneau pour critiquer le doublement de puissance autorisé en région bruxelloise pour y faciliter l’installation de la 4G. Alors ces radiofréquences sont-elles dangereuses ou inoffensives?

Plusieurs autorités ont évoqué la question. En France l’ANSES (Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) a rendu public un rapport qui est une sorte " d’étude sur les études. " En Belgique, c’est le Conseil Supérieur de la Santé (dépendant du SPF Santé publique) qui a émis un avis sur l’effet des mêmes  radiofréquences. Tant le rapport français que l’avis belge rencontrent les conclusions des instances européennes: Il n’y aurait pas de risque avéré des radiofréquences de nos téléphones sur un usage à court terme.

Pour le long terme, c’est autre chose: l'un des dernières études "Interphone" de l’OMS évoque la possibilité d’un "risque" -et non d’un danger- de gliome (cancer du cerveau) chez les personnes qui utilisent un téléphone portable depuis 10 ans durant 30 minutes par jour. Ce qui est un peu notre cas à tous.

Les ondes GSM appartiennent à la classe des micro-ondes

Une fait incontesté est le statut de micro-onde des GSM, 3G et 4G. Comme toutes les ondes qui atteignent des fréquences de 300 MHz.

Depuis les années 90, sont apparues la 2G (GSM), le Bluetooth, la Wi-fi, la 3G, la téléphonie résidentielle sans fil, les babyphones et maintenant la 4G. On communique donc de plus en plus. La seule bonne nouvelle en la matière étant que l’on téléphone moins, ce qui conserve notre téléphone loin de nos oreilles et de notre cerveau.

Mais en 20 ans aucune étude n’est parvenue à tirer une conclusion vraiment définitive sur le sujet. C’est ce qui entretient le doute des uns et les craintes des autres.

La 4G plus dangereux que la 3G?

La 4G n’est pas plus dangereuse que la 3G ou la 2G. le transfert de données est même moins dangereux que de téléphoner sur un mobile puisqu'on ne le porte pas à l’oreille. Le problème est qu’aujourd’hui, sur une même antenne, cohabitent des émetteur 2G (GSM) 3G et 4G… En attendant la 5G vers 2020.

Risque accru pour les enfants

Chez l’enfant, les cellules se reproduisent plus rapidement et le crâne, plus petit, protège moins le cerveau. Comme on ignore l’effet réel des radiofréquences sur le long terme, il est inutile de prendre des risques. Mais tout cela est théorique, puisqu’une autre étude a révélé, voici déjà deux ans, que 91% des jeunes Belges de plus de 12 ans disposent d’un GSM.

Quelques truc pour ne pas s’exposer inutilement aux ondes électromagnétiques

Dans le doute, et ne serait-ce que pour économiser ses batteries, il est prudent d’éviter les appels dans des zones mal couvertes. Un téléphone qui n’affiche que 1 ou 2 barrettes sera obligé d’émettre avec plus de puissance pour se connecter à l’antenne.

Ensuite, il faut limiter la durée d’une conversation sans fil à 2 minutes. Après ce délai, des études (sur des animaux) montrent que le cerveau se met à chauffer.

Utilisez un kit mains libres est une bonne précaution, tout en conservant son téléphone loin des parties génitale pour l’homme. Le câble filaire est parfait, mais le kit Bluetooth, dont les émissions sont très faibles, n’est pas proscrit.

Pour le téléphone sans fil résidentiel, on privilégiera les modèles "à faible radiations" qui n’émettent que durant les appels. Ils sont sur le marché depuis plusieurs années sous le sigle " low radiation ".

Avant de se coucher, il est prudent d’éteindre toutes les sources d’émissions, surtout dans les chambres à coucher.

Et enfin, conservons à l’esprit qu’un SMS ou un mail est moins "risqué" qu’un appel vocal.

Oubliez en revanche tous les gadgets magiques qui prétendent réduire ou supprimer les ondes. Les effets réels de ces produits n’ont jamais été prouvés

Peut-on avoir confiance dans le DAS ?

En Europe, un téléphone ne peut pas dépasser un DAS (débit d’absorption par le corps humain) de 2w/Kg. Ce qui représente la moitié du débit d’absorption que subirait une partie du corps humain placée contre la fenêtre d’un four micro-onde en fonctionnement (4 w/kg). A 30 cm du même four, le DAS chutera à 0,0056 W/Kg.

Cette norme maximum autorisée de 2W n’est plus atteint par les nouveaux téléphones dont le DAS fluctue entre 0,4 à 0,8 W/kg. Cette norme doit pouvoir vous être communiquée par le revendeur. Mais voilà, l’efficacité de ce DAS est aujourd’hui remise en cause. Certains n’y voient qu’un argument marketing. Comme pour l’alcool, le rayonnement absorbé varierait d’un individu à l’autre selon sa taille, sa corpulence ou la manière dont il manipule le téléphone.

Et pour en savoir davantage sur les risques ou les dangers des ondes électromagnétiques, il faudra attendre 2016, date annoncée de la prochaine étude de l'OMS en la matière.

Jean-Claude Verset

 

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