Nous avons testé Disney+, le plus dangereux concurrent de Netflix

Nous avons testé Disney +, le plus dangereux concurrent de Netflix
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Nous avons testé Disney +, le plus dangereux concurrent de Netflix - © Tous droits réservés

Le 12 novembre, le monde de la vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) va connaître le plus grand bouleversement de sa (petite) histoire avec le lancement de Disney+. C’est la première fois qu’un géant du monde du divertissement se lance dans cette bataille qui se joue à coups de milliards de dollars. Disney+ sera dans un premier temps uniquement disponible aux Etats-Unis, au Canada et… aux Pays-Bas. La compagnie californienne n’a pas (encore) communiqué de date de lancement pour la Belgique. En attendant, nous avons pu longuement, et en exclusivité, tester cette nouvelle plate-forme. Netflix n’a qu’à bien se tenir…

Du Disney, mais pas seulement

C’est la première fois question que tout abonné potentiel se pose : à quoi ressemble le catalogue de Disney+ ? Sur le papier, il est gigantesque. Il y a, bien entendu, tous les films Disney, depuis Blanche-Neige et les 7 nains (1937) jusqu’au remake "live" de "La belle et le clochard" produit à destination unique de Disney+, en passant par la série de films "Chérie, j’ai rétréci les gosses", les films "La coccinelle", les "Pirates des Caraïbes", "Rasta Rockett", etc. Il y a quantité de téléfilms et de séries produits pour les différentes chaînes Disney, tous ne sont d’ailleurs pas présentés dans le (très très long) "thread" Twitter qui égrène le catalogue américain (qui sera différent du catalogue européen). Il y a donc pas mal de fond de catalogue, qui amusera les fans absolus de Mickey et des siens, mais aussi une série de productions originales destinées au nouveau service SVOD (on y reviendra). Disney annonce 7500 épisodes télé, et 500 films…

A côté du matériel directement produit et réalisé par la firme fondée par Walt Disney, Disney+ propose également le catalogue des entreprises appartenant au géant. Il y a donc du Pixar (racheté en 2006), du Marvel (2009), du Star Wars (2012) et de nombreux documentaires National Geographic (lié à Disney depuis 2015). Bref, il y a de quoi faire. A noter, tout de même que les catalogues différeront selon les pays. Pour le moment, par exemple, Disney+ ne proposera aux Etats-Unis que 6 de la vingtaine de films de l’univers cinématographique Marvel (MCU). La version néerlandaise de Disney+ que nous avons longuement testé en propose 19. A l’inverse, la série "Les Simpson" (rachetée par Disney en même temps que la Fox en 2018) fait bien partie du catalogue américain, mais pas de celui de nos voisins bataves. Mais comme chez Netflix, les productions originales à destination exclusive du service de SVOD seront disponibles partout dans le monde. Ici aussi, du très lourd est attendu, dès le lancement de Disney+ avec "The Mandalorian", une série "Star Wars" située après la trilogie originale. Le MCU développe sa "Phase 4" en déportant certains personnages du grand vers le petit écran : Loki, Wanda, Falcon et le soldat de l’hiver, etc. Un reboot de "Maman, j’ai raté l’avion" est aussi en projet.

Un site et des applications irréprochables

Ce qu’on oublie souvent avec Netflix (ou avec Spotify, par exemple), c’est que leur succès s’explique aussi par l’aspect technologique. On clique et ça marche, immédiatement, tout le temps. Certains autres acteurs (on peut penser au géant Amazon comme au petit poucet belge BeTV) ont beaucoup plus de mal à proposer une expérience utilisateur aussi impeccable. Disney, bien consciente de l’enjeu que représente le confort d’utilisation, propose un site et des applications de très bonne facture. Nous avons testé le site Disneyplus.com, l’application iOS sur iPhone et iPad, ainsi que l’application pour la console de jeu Playstation 4.

A chaque fois, l’expérience est la même. Après s’être connecté, on peut choisir un profil (jusque 7 au maximum, avec des profils destinés aux enfants, 4 visionnages peuvent avoir lieu simultanément) et se lancer. Dès la page d’accueil, très claire, on peut choisir son univers préféré.

Et là, comme pour Netflix, c’est un peu le vertige, tellement le contenu est riche. Nous avons commencé par les courts-métrages Pixar que nous n’avions jamais vus. Les 26 y sont… Suivant le profil et votre consommation, Disney+ vous recommande films et séries. Il y a plusieurs sélections éditorialisées : "Les trésors de Disney", "Explorez notre monde", "Marvel à travers les âges", "En route vers l’épisode IX de Star Wars". Chaque titre peut être rajouté à sa "watchlist". Élément marquant par rapport à Netflix : les films disposent d’un onglet "extra" où de nombreuses scènes supprimées, ou des commentaires des réalisateurs, sont proposées. De quoi, à nouveau, ravir les fans.

A noter que sur la version néerlandaise, les sous-titres français sont parfois disponibles (sauf pour la plupart des "Star Wars" et les Pixar). On retrouve même des versions doublées en français comme pour le docu oscarisé de National Geographic "Free Solo" ou le dessin animé "La bande à Picsou". Actuellement, il n'y a aucune date de lancement pour la Belgique. Certains médias français évoquer le début de l'année 2020 pour la disponibilité outre-Quiévrain. L'histoire montre, en tout cas, que les lancements en France de SVOD (Netflix, Amazon Prime, Amazon Channels) vont de pair avec une disponibilité chez nous...

Conclusion

Nous testons le service depuis plus d’un mois et force est de constater que ce coup d’essai est un coup de maître pour l’entreprise de Burbank. Disney+ est techniquement irréprochable, avec un catalogue conséquent, cohérent. Le prix est limité (6,90€/mois à partir du 12 novembre, gratuit jusque-là outre-Moerdijk) pour 4 connexions simultanées, avec, pour quelques films des versions 4K. Le leader du marché, Netflix, a toutes les raisons de s’inquiéter. Son patron, Reed Hastings, estime que le concurrent de Netflix est la télé linéaire et non Disney +. Son entreprise a pourtant, pour la première fois cette année, perdu des abonnés aux Etats-Unis, et le lancement quasi simultané d’Apple TV+ (le 1er novembre) et de Disney+ (le 12) pourrait bien abîmer la trajectoire de Netflix. De quoi donc rebattre les cartes de la SVOD ?

Notons, pour terminer que l’arrivée sur ce marché, tant de Disney que d’Apple, n’est pas nécessairement une excellente pour les amateurs de séries qui sortent de l’ordinaire. Apple est soupçonnée de mettre un peu trop du sien dans les scénarios qu’elle commande, préférant éviter les séries trop sombres – l’entreprise à la Pomme s’est retirée d’un projet d’inspiration israélienne avec Richard Gere en tête d’affiche pour "différences créatives" – alors que l’offre actuelle de Disney+ ravira les familles et pas vraiment celles et ceux qui attendent des œuvres plus complexes. Il reste les séries anglaises et quelques chaînes américaines comme HBO ou Showtime pour nous proposer ce type de programmes. Mais pour combien de temps ? L’an prochain HBO Max sera le nouvel entrant du monde du SVOD. L’ancien patron emblématique d’HBO, Richard Plepler, a quitté l’entreprise pour laquelle il avait travaillé 27 ans, peu après le rachat de la maison mère Warner par AT & T, un câblo-opérateur américain. Richard Plepler justifiait (au magazine So Film) son départ ainsi : "Je suis capable de faire dix très bonnes séries par an. Ils me demandent d’en faire 100." Alors que nous vivons un âge d’or des séries télé, combien de temps ce momentum pourra-t-il perdurer sous la pression toujours plus forte de la SVOD ?

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