Sudpresse contre Nordpresse: le site parodique se défend d'avoir divulgué des infos personnelles

Le groupe Sudpresse fait partie des cibles favorites de Nordpresse.
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Le groupe Sudpresse fait partie des cibles favorites de Nordpresse. - © Belga

Le procès qui oppose Sudpresse au site humoristique Nordpresse démarre ce jeudi. Le quotidien a porté plainte contre Nordpresse pour avoir diffusé sur leur site l'adresse d'un journaliste de Sudpresse. 

En mai dernier, le journal Sudpresse publiait un article reprenant une étude sociologique sur la répartition des musulmans sur le territoire belge. L'article proposait notamment une cartographie des musulmans de Belgique.

Suite à cet article, le site humoristique Nordpresse a décidé d'utiliser le même procédé en publiant "la carte de l'endroit où vit ce journaliste qui a écrit cet article pour Sudpresse". Dans l'article, le nom, la photo, l'adresse et le lien du compte Twitter du journaliste sont dévoilés. Nordpresse est connu pour diffuser de fausses informations, mais dans cet article, la mention "vraie info" est précisée.

Préjudice évalué à 15 000 euros

L'article n'a pas plu au groupe Sudpresse qui a porté plainte contre Nordpresse et dénonce un bashing contre son journaliste initié par Nordpresse. Le quotidien estime que "l'article publié par son journaliste a fait l'objet d'un travail journalistique sérieux, réfléchi et documenté". Sudpresse réclame une indemnisation de 15 000 euros pour le préjudice subi, ainsi que le retrait du nom, de la photo, de l'adresse et du compte Twitter de son journaliste.

 

 

 

"Mon client ne révèle rien de sa privée"

"On reproche à mon client d'avoir jeté en pâture le nom du journaliste de Sudpresse, sa photo et son adresse. Premièrement, son nom est connu parce qu'il signe ses articles", a plaidé Me Jacques Englebert, qui défend un auteur de Nordpresse.

"Deuxièmement, mon client ne révèle pas sa photo puisqu'elle se trouvait sur le réseau social Linkedin. Par ailleurs, le journaliste est inscrit sur une multitude d'autres réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Pinterest et Youtube où il dévoile photos et vidéos de lui. Mon client ne révèle rien de sa privée, mais uniquement ce qu'il partage déjà lui-même publiquement", a poursuivi l'avocat.

À côté de cela, le journaliste de Sudpresse dévoile des informations sur les lieux où habitent des personnes de confession musulmane, mais, ça, ce n'est pas grave

"Enfin, mon client ne dévoile pas l'adresse du journaliste, mais uniquement sa ville, Namur, une cité de 110 000 habitants. Une information qui, par ailleurs, est divulguée aussi sur Linkedin par le journaliste lui-même. À côté de cela, le journaliste de Sudpresse dévoile des informations sur les lieux où habitent des personnes de confession musulmane, mais, ça, ce n'est pas grave", a insisté Me Englebert.

Sudpresse, cible favorite de Nordpresse

Ce n'est pas la première fois que Sudpresse se retrouve dans le collimateur du site Nordpresse. Dans la veine du site français Le Gorafi, Nordpresse publie régulièrement des articles parodiant l'actualité sur les réseaux sociaux.

Et le groupe Sudpresse fait partie de leurs cibles favorites. Nordpresse avait déjà publié la photo d'une journaliste de Sudpresse qui avait dévoilé l'adresse du magasin du père d'un des kamikazes du Bataclan dans un article.

Appel aux soutiens

Ce jeudi, à 14h, les deux parties se sont rendues au Tribunal de première instance de Bruxelles pour le procès. Nordpresse avait créé un événement Facebook pour appeler les fans du site à venir les soutenir au procès. Un peu plus de 1000 personnes avaient répondu sur Facebook qu'ils participeraient.

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