Non, la Belgique n'a pas qualifié les lootboxes de Battlefront II de jeu de hasard

Non, la Belgique n'a pas qualifié Star Wars Battlefront II de jeu de hasard
Non, la Belgique n'a pas qualifié Star Wars Battlefront II de jeu de hasard - © BagoGames - Flickr

C'est une fausse information qui circule depuis quelques heures sur les sites consacrés à la culture vidéoludique, notamment sur le très populaire site jeuxvideo.com : la Commission des jeux de hasard belge aurait établi que l'utilisation des coffrets payants offrant un contenu aléatoire (les lootboxes en langage gamer) est bien un jeu de hasard.

Nous avons contacté Etienne Marique, le président de la Commission des jeux de hasard à la Chambre, qui dément totalement cette affirmation : aucune conclusion n'a été remise sur l'enquête en cours dans Battlefront II et Overwatch. Pour l'instant, seul une note informative sur la problématique de l'argent dans les jeux en ligne a été élaborée, aucune décision définitive n'a donc encore été prise.

Colère des joueurs

Peu avant sa sortie officielle, Star Wars Battlefront II a du essuyer la colère des joueurs, furieux de voir l'évolution de leurs personnages liée à un nombre bien trop important d'heures de jeu (4528 heures pour tout débloquer), ou à l'achat de coffres aléatoires. Un modèle économique déjà bien présent dans l'industrie, mais ici poussé à son paroxysme. Cette méthode a fait réagir la Commission des jeux de hasard belge, qui a lancé une enquête sur la question vers la mi-novembre, afin d'évaluer si les lootboxes du nouveau jeu Star Wars devaient être classifiées comme jeu de hasard.

Le bad buzz prenant une ampleur assez phénoménale, l'éditeur du jeu, Electronic Arts, a dans un premier temps rétropédalé et diminué le nombre d'heures de jeu pour le déblocage d'avantages et d'évolutions. Puis, lors de la sortie du jeu, EA a annoncé la suppression temporaire des lootboxes, en attendant de trouver un "système plus équilibré". Une décision qui n'aura pas sauvé les ventes du jeu à son lancement, 50% inférieures à celle de Battlefront I, sorti il y a un an.

Le mélange d'argent et d'addiction, c'est du jeu de hasard

A l'origine de cette fausse information, un article de VTM Nieuws rapportant les propos du ministre de la Justice Koen Geens, qui voudrait voir les achats dans les jeux vidéos bannis. Dans l'article, nos confrères flamands reprennent alors une citation du de la Commission lors du lancement de son enquête : "Le mélange d'argent et d'addiction, c'est du jeu de hasard". Une phrase qui a été interprétée comme la conclusion de l'enquête, alors qu'elle explique juste la caractéristique qui doit être étudiée dans les jeux vidéo afin de déterminer s'ils peuvent être qualifié de jeu de hasard.

Google Translate pourrait être en partie à l'origine de cette confusion : sa traduction du néerlandais reste très approximative, et les premiers médias à avoir rapporté l'information — en grande partie anglophones — ont du l'utiliser pour comprendre l'article de VTM Nieuws. Ces médias admettent eux-mêmes que la traduction est assez mauvaise.

Le politique commence à se réveiller

La polémique aura eu l'avantage de quelque peu réveiller le monde politique sur la problématique des microtransactions dans les jeux vidéo. A côté de la sortie récente de Koen Geens, qui voudrait bannir ces microtransactions au niveau européen, un sénateur français a également demandé au secrétaire d'Etat au Numérique de s'intéresser à la question. Du côté des Etats-Unis, un élu d'Hawai a jugé que Battlefront II était "un casino aux couleurs de Star Wars, dangereux pour les jeunes".

L'association de consommation française UFC-Que Choisir s'est-elle aussi positionnée, demandant que les boîtes de loot soient considérées comme un jeu de hasard, en adressant un courrier à l'Autorité française de régulation des jeux en ligne (Arjel).

Du côté de la Commission des jeux de hasard belge, Etienne Marique explique que ce lien entre argent et jeux en ligne est une problématique identifiée depuis plusieurs années, et que la Commission de jeux de hasard aimerait voir ses compétences élargies afin de devenir la Commission des jeux, afin de mieux pouvoir analyser ces phénomènes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK