Nethys et l'Avenir: le politique s'engage à "défendre la liberté de la presse" face à des pressions "inadmissibles"

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Les menaces sur un rédacteur en chef ou un journaliste sont "inadmissibles", écrivent dimanche le cdH, Ecolo, le MR et le PS dans un communiqué de presse commun réagissant aux informations de pression de Nethys sur les Editions de l'Avenir, alors que le nouveau conseil d'administration du journal, dont fait désormais partie Stéphane Moreau, se réunit ce lundi.

Liste noire

Une "liste noire de journalistes", qui serait utilisée dans le cadre de la restructuration de la rédaction de "L'Avenir", afin de punir ceux qui auraient écrit des choses déplaisantes à propos des administrateurs de la société Nethys qui est devenue la principale actionnaire du groupe de presse: des faits graves, inimaginables dans un état de droit, dénoncés le 27 octobre dernier dans un article du Vif/L’Express. 

A l'occasion du renouvellement de sa "Société des Journalistes", la rédaction rappelait cependant qu'elle avait su jusqu'ici conserver cette liberté: "Cette indépendance est une réalité, on l’a vérifié ces derniers mois. Elle constitue également une légitime fierté. Elle renforce la crédibilité de nos médias, papier et web. Ceux qui ont été amenés à traiter de l’actualité autour de Publifin-Nethys, et continuent de le faire avec mesure et impartialité, méritent d’être placés sur la liste vertueuse de ceux qui appliquent au quotidien l’indépendance rédactionnelle. Nous pouvons également y placer le rédacteur en chef, Thierry Dupièreux, qui a rendu possible le respect de nos valeurs de sérieux et de professionnalisme, malgré une période délicate et troublée ".

Mais la lettre se terminait par un appel très clair au politique face à ces menaces de pression: "Les mêmes instances représentatives des journalistes de l’Avenir en appellent également à la responsabilité des politiques qui détiennent les clés du futur de tout un secteur, important pour la démocratie. Il est temps de dépasser les postures" concluait la lettre. 

Dans le contexte d'une reprise en main de Publifin, de Nethys et de leurs excès, les politiques ont réagi, et c'est à souligner, dans un discours unanime, via une "déclaration commune" envoyée à la presse. Celle-ci est signée conjointement par quatre députés issus des principaux groupes du Parlement de la Communauté française: les cdH Dimitri Fourny, le MR Olivier Maroy, le PS Patrick Prévot et l'ECOLO Stéphane Hazée.

Des faits très graves

Ceux-ci qualifient les faits dénoncés par le Vif, d'"extrêmement graves dans un régime démocratique, en ce qu'ils tendent à mettre à mal, voire à annihiler, l’indépendance rédactionnelle d’un quotidien", et jugent "inacceptable, dans un régime démocratique digne de ce nom, de tolérer la simple idée de mise sous tutelle, de représailles ou de censure de la presse".

Ils rappellent que l'obligation d'un propriétaire de presse est de "garantir et de promouvoir l'indépendance des rédactions et des rédacteurs, dans le respect du professionnalisme et de la déontologie du métier", une obligation qui "s'impose d’autant plus impérativement lorsque l’organe de presse ou son propriétaire est public".

Les signataires s'engagent donc au nom de leur groupe "de faire tout ce qui est et sera en notre pouvoir pour défendre la liberté de la presse. Aucune de nos décisions ne pourra favoriser, directement ou indirectement, une situation qui mettrait à mal cette liberté fondamentale"... et ils appellent les représentants politiques dans les organismes parapublics à en faire de même.

Permettre aux organes de presse d'exercer leur liberté

Alertés par cette possible atteinte à la liberté de la presse, les députés prônent pour des sanctions plus clairement définies pour de tels agissements, et veulent "relancer le débat sur les initiatives à prendre par les pouvoirs publics pour garantir au mieux les conditions économiques qui permettent aux organes de presse d'exercer leur liberté".

Lors de l'assemblée générale extraordinaire du 30 août dernier, de nouveaux administrateurs, dont Stéphane Moreau, avaient été nommés au sein du conseil d'administration du journal. Une réunion du conseil d'administration est attendue dans les jours qui viennent.
 

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