Nethys: 4 candidats (dont Roularta) au rachat du journal « L’Avenir »

Il y a quatre candidats au rachat des Editions de L’Avenir : les francophones Rossel ("Le Soir", "Sudpresse") et IPM ("La DH", "La Libre Belgique"), le flamand Roularta ("Le Vif/L’Express") et la société d’investissement (private equity) allemande Fidelium Partners.

Rétroactes

En janvier, le cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young) avait été mandaté par la nouvelle direction de Nethys pour déterminer la valeur du pôle presse du groupe, découpé juridiquement en trois morceaux : "Les Editions de l’Avenir" pour le quotidien éponyme, "L’Avenir Hebdo" pour les magazines (Moustique, Proximag) et "L’Avenir Advertising" pour la régie publicitaire.

Lorsque les Flamands de Corelio (rebaptisés depuis Mediahuis) vendent L’Avenir et Proximag à Nethys, en 2013, il est question d’une somme évaluée à environ 26 millions d’euros déboursée pour les Liégeois. On peut imaginer aisément que les candidats proposeront des offres bien plus basses. Cette potentielle moins-value s’explique, entre autres, par les résultats financiers du journal ces dernières années : en bénéfice depuis 5 ans avant l’arrivée de Nethys (et encore pour les deux ans qui ont suivi), le journal s’est retrouvé dans le rouge : d’abord de façon raisonnable (514.000€ en 2016), puis de façon alarmante (1,2 million en 2017, 2 millions en 2018). Le journal "L’Echo" évoquait, cet automne, une perte d’un demi-million d’euros par mois. Il faut donc, pour Nethys, le plus rapidement possible, vendre le journal.

La coopérative actionnaire…

Après EY, c’est Degroof Petercam qui est entrée en scène. La banque d’affaires de la rue de l’Industrie a mis sur le marché "Les éditions de l’Avenir" (EdA). Une "lettre d’intention" a été envoyée. Celle-ci détaillait une série d’éléments classiques dans ce type de procédure. Une clause d’importance y figurait : l’acheteur devra tenir compte de la coopérative "Notre avenir", composée de membre du personnel (ainsi que des sympathisants) de "L’Avenir". Celle-ci souhaite être partie prenante de l’actionnariat et du futur conseil d’administration qui chapeautera le journal. La coopérative s’active à lever des fonds et espère atteindre un million d’euros.

et un truel Rossel-IPM-Roularta au final ?

Le monde médiatique belge francophone étant ce qu’il est, les candidats crédibles à la reprise de "L’Avenir" n’étaient, a priori, guère plus que deux : le groupe Rossel (qui édite les quotidiens "Sud Presse" et "Le Soir" et est impliqué dans des dizaines d’autres titres de presse) et le groupe IPM ("La Libre Belgique", "La DH", entre autres). Ce dernier, accompagné d’une série d’investisseurs wallons (dont l’actuel président du CA de Nethys, Laurent Levaux, qui s’est depuis retiré du consortium), avait déjà fait une offre de rachat formelle d’EdA à Nethys. Une offre de 10 millions, pour 60% des parts, ce qui valoriserait le journal autour de 16-17 millions d’euros. Offre restée lettre morte vu la cascade d’événements dans le dossier Nethys depuis lors.

Roularta est un invité surprise de ce duel francophone attendu. Le groupe média dont le siège est à Roulers possède (avec Rossel) deux titres de presse écrite quotidienne : L’Echo et De Tijd,  et quantité d'hebdomadaires.

Fidelium Partners est un fonds d’investissement situé à Munich. Lancée en 2007, cette entreprise ne semble pas se prévaloir d’une expérience dans les médias. Elle a récemment acquis une fonderie et l’activité "ampoule" européenne de Panasonic. Son portfolio montre une participation dans une entreprise spécialisée dans l’acier et dans une société qui s’occupe de pièces complexes pour l’industrie automobile. On peut donc se demander ce que fait Fidelium Partners dans ce processus de revente de L’Avenir. Il ne paraît pas insensé de parier sur un truel belgo-belge Rossel-IPM-Roularta.

Les offres en avril

Combien coûtera "L’Avenir" ? Les offres indicatives des 4 candidats sont attendues au plus tard pour le 16 avril. D’ici-là, les candidats seront amenés à signer un accord de confidentialité.

 

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