MR et N-VA se séparent: un "divorce entre amis" à la une de la presse ce lundi

MR et N-VA se séparent: un "divorce entre amis" à la une de la presse ce lundi
MR et N-VA se séparent: un "divorce entre amis" à la une de la presse ce lundi - © Tous droits réservés

Un traité international vaut-il une crise ? Pour Béatrice Delvaux dans Le Soir, la réponse est Oui"Il est inimaginable que notre gouvernement n’ait pas signé à l’époque la Déclaration des droits de l’homme, le Traité de Rome ou l’Accord climat de Paris. La Belgique figurera bien aux côtés des Nations unies, de l’Allemagne, des Pays-Bas ... et non, comme on a pu le craindre, de l’Italie de Salvini, de la Hongrie d’Orban, de l’Autriche de KurzCharles Michel s’est grandi ce week-end", poursuit Le Soir : il a choisi le bon côté du monde et des valeurs.

Et pour la première fois dans la Belgique de l’après-guerre, le gouvernement ne tombe pas pour des raisons communautaires ou socio-économiques, mais sur des valeurs."

Ceci dit, le gouvernement Michel II marche sur un fil écrit Het Laatste NieuwsC'est d'ailleurs la tendance dans la presse ce lundi, les ministres vont devoir s'essayer à un fameux numéro d'équilibriste.

En une du Soir, la photo du gouvernement Michel II trône fièrement avec un titre évocateur : "Ceci est un demi-gouvernement.La Libre Belgique surenchérit : "Un gouvernement sans pouvoir." 

De Standaard pose d'ailleurs la question ce matin : "Sera-t-il possible de gouverner au fédéral ?" Expérience incertaine en période incertaine.

Het Laatste Nieuws a d'ailleurs fait le compte. Michel II a seulement la voix d'un Belge sur trois. La Belgique se trouve à nouveau dans une situation politique ubuesque explique l'édito de La Libre.

Le nouveau gouvernement minoritaire de Charles Michel va tenter de terminer, vaille que vaille, la législature.

Que va-t-il se passer ensuite ?

Les journaux se penchent ce matin sur les six mois à venir. "La Belgique innove sans cesse. La voilà qui invente le concept d’union libre en politique. Chacun vit sa vie...", selon Philippe Martin dans L'Avenir.

Au nord comme au sud du pays, la presse est assez unanime sur la situation et voit clair dans le film politique qui s'est joué ce week-end.

La N-VA est pointée du doigt comme le parti qui a fait passer ses intérêts avant tout. "Ce n’est pas un hasard si la N-VA et Théo Francken ne se sont réveillées qu’après le 14 octobre au sujet du pacte sur la migration", constate l'édito du Morgen.

L'Avenir parle aussi d'un coup "ultra-adroit" de la N-VA.

De Standaard précise d'ailleurs que ce conflit ne créé ni perdant ni gagnant.

"Le Premier ministre, par sa résistance farouche à la soudaine tentative de Theo Francken a renforcé son leadership, explique la Libre. Il n’est pas, ou n’est plus, la marionnette de la N-VA." 

"La crise aurait d'ailleurs pu être parfaitement évitée, selon De Standaard qui poursuit : "Les couples qui se séparent se promettent déjà une amitié éternelle."

Même constat dans La Libre. "Entre le MR et la N-VA, l’histoire n’est pas finie. Les nationalistes flamands savent qu’ils auront besoin des réformateurs pour revenir, un jour, au niveau de pouvoir fédéral. Au MR, on sait aussi que les nationalistes peuvent être des alliés précieux pour mener des politiques de centre-droit."

Et Béatrice Delvaux dans Le Soir d'ajouter : "Si la N-VA incarne aujourd’hui ce fameux scorpion qui pique in fine toujours celui qui l’a porté sur son dos, le Premier, lui, est paradoxalement toujours très 'N-VA' dépendant. Avec ce gouvernement minoritaire, Charles Michel n’a plus vraiment le pouvoir de gouverner entre ses mains ou pourrait ne vraiment décider que ce que la N-VA votera avec lui. Bart De Wever conserve une marge de manœuvre inouïe : le beurre et l’argent du beurre."

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