Moulinsart perd son procès contre un fan-club néerlandais de Tintin

En 1942, Hergé (à droite) a cédé les droits sur les textes et les vignettes de tous ses albums à Casterman
En 1942, Hergé (à droite) a cédé les droits sur les textes et les vignettes de tous ses albums à Casterman - © BELGAIMAGE

Le fan-club néerlandais de Tintin gagne un procès contre Moulinsart, la société gestionnaire des droits de la BD créée par Hergé. La décision pourrait coûter cher à Moulinsart.

A la tête de la société Moulinsart, Nick Rodwell et la veuve d'Hergé. Ils gèrent l’œuvre d'Hergé et les droits qui y sont liés. D'une main de fer. Toute utilisation de l'image de Tintin est scrutée. Les procès sont nombreux. Ils disent protéger l’œuvre d'Hergé. Ils ont souvent eu gain de cause. Mais là, surprise, après une longue procédure de 6 ans, la Justice donne raison en appel au fan-club néerlandais de Tintin. Le Hergé Genootschap, c'est son nom, a bien le droit d'illustrer ses articles avec des vignettes des aventures de Tintin, sans devoir verser un kopeck à Moulinsart.

Pourquoi ? Parce que, comme dans les meilleures BD, un document produit par les avocats du fan-club lors du procès a fait l'effet d'une bombe. Un contrat d'édition de 1942 signé par Hergé et dont l'authenticité est attestée. Il est fourni par un spécialiste anonyme de l’œuvre d'Hergé. Hergé y cède les droits sur les textes et les vignettes de tous ses albums à Casterman.

Depuis sa mort en 1983, sa légataire universelle, Fanny Rodwell, n'a jamais remis le contrat en cause. Conséquence : Moulinsart n'a pas le droit de réclamer de l'argent au fan-club.

Voilà qui pourrait susciter l'envie chez tous ceux qui ont payé pour l'utilisation de vignettes d'en réclamer le remboursement à Moulinsart. C'est ce qu'explique un spécialiste d'Hergé et professeur de publicité à l'IHECS, Jean-Claude Jouret, au micro de la RTBF: "Ceux qui ont payé, effectivement, des droits pour l’utilisation de l’image de Tintin à la Société Moulinsart seront probablement amenés à récupérer ces droits, ou en tout cas à revendiquer la récupération de ces droits et, dorénavant, effectivement, c’est auprès de l’éditeur Casterman que ces demandes devront être adressées. Le tout est de voir maintenant le délai qui va s’écouler entre les demandes et les applications de ces différents jugements".

RTBF

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