Le palmarès complet de la 74ème Mostra de Venise

Le palmarès complet de la 74ème Mostra de Venise
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Le palmarès complet de la 74ème Mostra de Venise - © TIZIANA FABI - AFP

Le réalisateur mexicain Guillermo del Toro a obtenu la récompense la plus prestigieuse de la Mostra de Venise, le Lion d'or, pour son film "The Shape of Water", un film apprécié par notre critique cinéma, Hugues Dayez :

L’action du film se déroule au début des années 60, à Baltimore. Elisa (l’Anglaise Sally Hawkins, vue dans "Blue Jasmine" et "We want sex") est muette et célibataire, elle vit dans un appartement avec son père affichiste au-dessus d’une vieille salle de cinéma. Elisa travaille comme femme à journée dans une base secrète du gouvernement américain. Or l’endroit accueille depuis quelques jours dans un aquarium une étrange créature amphibie, qui semble très agressive. La Guerre Froide fait rage, et la créature classée " top secret " suscite bientôt l’intérêt d’un agent double infiltré dans la base… Loin de ces considérations politico-stratégiques, Elisa s’émeut pour la " bête " et va tenter d’établir le dialogue avec elle…

Ce qui frappe avant tout dans "The shape of water", c’est sa splendeur visuelle : la reconstitution – ou plutôt la recréation – de l’Amérique des sixties – est un émerveillement, jusque dans les moindres détails. Les références abondent : avec le personnage du père affichiste (Richard " Six feet under " Jenkins), on pense à Norman Rockwell, la créature amphibie est un hommage au classique d’épouvante "L’étrange créature du lac noir" de Jack Arnold (un des premiers films en 3D en 1954), etc… Mais loin de masquer ces références, del Toro les assume pleinement et les réinvente avec talent.

"The shape of water" offre plusieurs lectures possibles : c’est une histoire d’amour en forme de conte de fée, mais c’est aussi une parabole sur la peur et le rejet de l’autre – ce qui, venant d’un cinéaste mexicain installé dans l’Amérique de Trump, n’est sans doute pas complètement innocent… Avec ce film, Guillermo del Toro réussit à réconcilier cinéma à grand spectacle – il s’agit d’une superproduction hollywoodienne – et cinéma d’auteur. La prouesse mérite d’être amplement saluée.

Un jeune français reçoit le Lion du futur

Le jeune réalisateur français Xavier Legrand a reçu samedi à Venise le Lion de la mise en scène, et le Lion du futur, qui récompense une première œuvre pour son film "Jusqu'à la garde", sur le drame des femmes battues. "C'est un vrai honneur", a déclaré Xavier Legrand, visiblement ému, en recevant son prix.

Le réalisateur, également acteur et scénariste, a remercié le jury de la Mostra de Venise pour avoir permis à son film "d'être découvert ici".

S'expliquant sur le choix d'un sujet aussi difficile pour un premier long-métrage, Xavier Legrand, a expliqué qu'il ne pouvait pas attendre face à l'urgence des violences faites aux femmes. Le projet est né d'un court-métrage sur le même sujet, nommé aux Oscars en 2014.

Dans ce drame, Myriam (Léa Drucker) et Antoine (Denis Ménochet) divorcent. La mère demande la garde exclusive de son jeune fils en accusant à mots couverts le père de violences, mais une juge accorde une garde alternée. Pris en otage entre ses parents, l'enfant va tout faire pour les empêcher de se croiser. Avant d'assister à une escalade de tension, le cinéaste brouille habilement les pistes et on s'interroge longtemps sur qui ment, qui manipule qui.

Le palmarès complet de la 74e édition de la Mostra de Venise :

  • Lion d'Or du meilleur film: "The Shape of Water" du Mexicain Guillermo del Toro
  • Lion d'argent Grand Prix du Jury: "Foxtrot" de l'Israélien Samuel Maoz
  • Lion d'Argent de la meilleure mise en scène: "Jusqu'à la garde" du Français Xavier Legrand
  • Prix du meilleur scénario: "Three Billboards outside Ebbing, Missouri" du Britannique Martin McDonagh
  • Prix spécial du Jury: "Sweet country" de l'Australien Warwick Thornton
  • Coupe Volpi de la meilleure interprète féminine: la Britannique Charlotte Rampling pour "Hannah" de l'Italien Andrea Pallaoro
  • Coupe Volpi du meilleur interprète masculin: Kamel El Basha dans "The insult" du Libanais Ziad Doueiri
  • Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir: l'Américain Charlie Plummer dans "Lean on Pete" du Britannique Andrew Haigh
  • Prix Lion du futur pour une première oeuvre: "Jusqu'à la garde" du Français Xavier Legrand
  • Prix du meilleur film de la section Orizzonti: "Nicco, 1988" de l'Italienne Susanna Nicchiarelli
  • Prix du meilleur réalisateur de la section Orizzonti: l'Iranien Vahid Jalilvand pour "Bedoune Tarikh, Bedoune Emza"
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