"Mon fils est-il gay?": une application Android qui suscite la polémique

Un couple d'homosexuels
Un couple d'homosexuels - © JACQUES DEMARTHON

Des associations d'homosexuels ont dénoncé dimanche auprès de l'AFP une application pour les téléphones dotés du système Android de Google, destinée aux mères qui voudraient savoir si leur fils est gay.

"Votre fils aime-t-il bien s'habiller ? Aime-t-il bien le foot ? S'est-il déjà battu ? A-t-il une meilleure amie ?"... L'application "Mon fils est-il gay ?", consultée par l'AFP, propose 20 questions aux mères inquiètes.

A l'issue du questionnaire, deux solutions : "Vous n'avez pas de souci à vous faire, votre fils n'est pas gay" ou "Inutile de vous voiler la face. Votre fils est gay. Acceptez-le, sachez que ce n'est pas un choix de sa part".

"C'est un outil idiot et odieux, avec des questions caricaturales", pour Louis-Georges Tin, du Comité IDAHO (International day against homophobia & trans). "Si l'enfant est gay, c'est la catastrophe, sinon, c'est le soulagement", analyse-t-il. Pour lui, "ça donne un outil de flicage aux homophobes".

Pour Christine Le Doaré, du centre LGTB (lesbien, gay, bi et trans), "c'est stupide et scandaleux". "C'est très triste que des parents préfèrent télécharger cette application plutôt que de parler avec leurs enfants", a-t-elle dit.

"Je pense qu'elle va être retirée assez vite, sinon, il va falloir envisager de porter plainte", poursuit-elle.

"C'est hallucinant qu'on voit encore en 2011 une telle série de clichés, comme s'il y avait une façon d'être gay", a dénoncé de son côté Bartholomé Girard, de SOS Homophobie.

Avec le résultat du questionnaire, "on bascule dans une hiérarchie des orientations sexuelles, et là, on tombe dans l'homophobie", déplore-t-il.

Interrogée par l'AFP, un porte-parole de Google France a expliqué que "les applications ne sont pas filtrées avant d'être publiées sur Android Market", "une plate-forme ouverte sur laquelle les développeurs peuvent publier leurs applis facilement et rapidement".

"Elles ne sont retirées qu'après avoir été signalées et revues au cas par cas, ce qui est le cas de cette application, qui est en train d'être revue par nos équipes", a-t-elle ajouté, sans pouvoir dire quand les équipes de Google décideront de supprimer ou non cette application.


AFP
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