Miss Belgique : l’histoire d’une élection qui tombe chaque année un peu plus dans l’oubli

Qui va succéder à Céline Van Ouytsel au titre de Miss Belgique ? Si la tenue de la cérémonie a longtemps été remise en question suite à la crise sanitaire, elle aura finalement bien lieu ce mercredi soir en direct du théâtre Plopsa de La Panne dès 20h30. Une programmation un peu étonnante qui s’explique par la volonté du comité de ne pas se retrouver en face des Diables rouges et cela montre aussi que l’émission perd chaque année de plus en plus de son importance…

Il y a quelques années, Miss Belgique, c’était le rendez-vous de l’année pour de nombreux Belges. Mais ça, c’était avant… Depuis quelque temps, l’élection n’est plus que l’ombre d’elle-même. Moquée, critiquée, elle est de plus en plus ignorée. Pourtant, ce mercredi soir sera quand même élue la 87e miss de l’histoire d’un concours qui fête déjà ses 93 ans. En effet, la cérémonie a été lancée en 1928 mais n’a pas eu lieu lors de la deuxième guerre mondiale, ni exceptionnellement en 1935. Pour l’anecdote, la première gagnante, Gina Koyaert, ne portait pas encore le titre de Miss Belgique. A l’époque, elle avait été élue Reine de la Plage.

Désormais présidé par Darline Devos, le comité de l’élection a longtemps été dirigé par Cécile Muller (de 1969 à 2005). Quelques jours après son décès, sa fille expliquait que la fierté de sa maman était "d’avoir réussi en télévision une association entre RTL et VTM pour l’élection, seul événement à toucher en une soirée la Belgique entière". Elle a également permis à ses lauréates d’également participer aux concours de Miss Monde et de Miss Univers.

Seulement une trentaine de Miss francophones en 93 ans

Sandrine Corman, Julie Taton ou encore Tatiana Silva, tous ces noms vous disent sans doute quelque chose. C’est normal car ces animatrices de radio et de télévision sont toutes passées par la case Miss Belgique. L’élection a souvent été un tremplin pour ses lauréates francophones.

Pourtant, depuis la création du concours, elles ne sont qu’une trentaine à avoir été élues. La plupart des miss viennent du nord du pays. Alors qu’elles n’étaient qu’une douzaine de francophones parmi les heureuses élues avant 1969, l’arrivée de Céline Muller à la tête des Miss a été suivie par une hégémonie francophone avec 9 gagnantes en 10 ans… Une tendance qui sera ensuite à la baisse avec cinq francophones élues entre 1980 et le couronnement de Julie Taton en 2004. Depuis 2005 et la présidence du comité exercée par Darline Devos, cinq francophones ont été sacrées pour onze néerlandophones. La dernière d’entre elles, c’est Noémie Happart, Miss Belgique 2013.

Les résultats sont d’ailleurs souvent critiqués. Beaucoup de candidates francophones se sont déjà plaintes d’être désavantagées par rapport aux prétendantes néerlandophones. Selon elle, le fait que l’émission soit tournée en Flandre peut être un des éléments expliquant que les Flamandes remportent le plus souvent l’élection. La manière dont les votes sont organisés pose aussi des questions car ils donnent un net poids à la présidente Darline Devos. Pour rappel, Miss Belgique est choisie de la manière suivante : 33% grâce aux votes du public via les SMS, 33% par la présidente et 33% par un jury, dirigé par cette dernière.

Une audience dix fois moins élevée qu’il y a 15 ans

Niveau audiences, les chiffres sont assez en chute libre. En 15 ans, l’élection a divisé son audience par 10. Dans les années 2000, l’émission séduisait encore 600.000 téléspectateurs.

Voyant les audiences se fissurer, RTL-TVI, diffuseur historique de la cérémonie, a décidé d’arrêter la retransmission du show en 2011. Après un passage éclair en 2012 sur la chaîne éphémère Star TV, c’est AB3 qui avait repris l’élection en mains. Après un lancement difficile en 2013 avec seulement 79.000 aficionados, les chiffres ont fini par repasser au-dessus de la barre des 100.000 téléspectateurs.

Malgré cela, la chaîne a décidé de se séparer du concours en 2019. Résultat des courses, Miss Belgique est revenue sur les antennes du groupe RTL mais… Sur sa plateforme web. Pour voir l’émission en télé, il faut se brancher sur Eclips TV, le diffuseur du show depuis 2019. Un choix qui n’a pas convaincu le public car ils étaient seulement 23.000 en Wallonie, et 33.000 du côté néerlandophone. Le pire score historique pour la cérémonie, qui fait cependant toujours beaucoup réagir sur internet.

Un show souvent jugé ringard ?

Cadeaux au rabais, public parfois saoul et présentation souvent hasardeuse, notre concours de beauté national se fait souvent rhabiller pour l’hiver lors de sa diffusion. Sur les réseaux sociaux, les critiques fusent chaque année. Et elles viennent aussi de nos voisins français de "Quotidien". L’émission de TMC, présentée par Yann Barthès, a déjà consacré plusieurs séquences lors des dernières saisons pour décrypter le côté "cheap" du programme. Ils se moquent ainsi des qualités mises en avant pour présenter les candidates mais aussi du bilinguisme de l’émission. C’est sûr que si on ne parle qu’une des deux langues, c’est assez compliqué de tout comprendre…

Comment l’émission a-t-elle pu en arriver là ? On le voit, à l’étranger, certains concours de beauté ont réussi à garder leur éclat d’antan. Miss France attire chaque année plus de 8 millions de téléspectateurs grâce à un show qui évolue avec son temps. Autre exemple, celui de l’Allemagne qui a changé les règles de la compétition.

Après avoir été assaillis de critiques sur le caractère archaïque de leur cérémonie, les Allemands ont décidé de bousculer les règles. Fini le défilé en maillot de bain et les restrictions physiques, désormais, toutes les femmes âgées de 18 à 39 ans sont acceptées et c’est le parcours de vie qui prévaut sur l’apparence physique.


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C’est ainsi que Anja Kallenbach, une jeune femme de 33 ans, mère de deux enfants, a conquis le titre de Miss Germany 2021. Une grosse révolution dans le monde des concours de beauté. Est-ce que le concours de Miss Belgique devra aussi se renouveler pour retrouver son aura d’antan ? Une chose est sûre, c’est qu’il faudra opérer à des changements pour espérer fêter le centenaire du concours en 2028.

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