Mario fête ses 35 ans : petite histoire de ce plombier moustachu devenu icône du jeu vidéo

Mario fête ses 35 ans : petite histoire de ce plombier moustachu devenu icône du jeu vidéo
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Mario fête ses 35 ans : petite histoire de ce plombier moustachu devenu icône du jeu vidéo - © Stephen Lam - AFP

Moustache fournie, salopette bleue, casquette rouge et toujours autant de vigueur à bondir : pour ses 35 ans, Mario, la mascotte de Nintendo n’aura pas pris une ride. Enfin, c’est plutôt le jeu qui lui aura donné sa célébrité qui fête son anniversaire : Super Mario Bros est sorti il y a exactement 35 ans, le 13 septembre 1985 sur NES, la console de salon de Nintendo.

Mais si Nintendo a officiellement décidé que Super Mario Bros marquait officiellement l’arrivée de Mario dans la vie des gamers, sa naissance est de quelques années antérieures. Alors que le premier âge d’or du jeu vidéo allait s’écraser de manière phénoménale en occident.

Né en plein krach

L’industrie vidéoludique voit sa première naissance dans les années 70, sous la raquette de Pong, considéré comme le premier gros jeu vidéo à succès. Il est édité par Atari, qui va dominer toute la décennie dans le monde vidéoludique. C’est l’époque des salles d’arcade, et des premières consoles de salon, avec notamment l’Atari 2600. Le jeu vidéo explose au Japon et en Occident, et la machine économique s’emballe vite. Très vite. La logique de production l’emporte sur celle de la création, et peu de jeux offrent de réelles nouveautés, se ressemblent tous. Au fil des ans, le joueur s’ennuie, et les ventes sont en chute libre. Jusqu’en 1983, année officielle du krach du jeu vidéo.

Mais juste avant ce krach, un jeu d’un nouveau genre arrive sur les arcades : Donkey Kong. Loin des jeux de tirs à la Space Invaders omniprésents dans les salles d’arcade, et aux côtés d’un Pacman nouvellement arrivé, Donkey Kong propose en 1981 une expérience de jeu rafraîchissante, et assez inédite pour l’époque. Un charpentier devait grimper le long d’échafaudage, évitant les tonneaux lancés par un énorme singe, afin de secourir une demoiselle en détresse. Et l’on reconnaît vite la silhouette de notre futur plombier, qui s’appelait alors Jumpman.

Aux manettes de la création du jeu, le programmeur Gunpei Yokoi, futur créateur de la Game Boy, et le designer Shigeru Miyamoto, considéré comme le père de Mario. En ce début des années 80, Nintendo voulait conquérir le marché américain, et avait décidé de développer un jeu plus proche des codes occidentaux. A l’origine, Jumpman aurait en fait du être Popeye, qui évitait des tonneaux lancés par Rufus, pour sauver Olive. Mais la société détentrice des droits de Popeye, King Features, a finalement retiré son accord à utiliser ces personnages. C’est là que naît l’esquisse du futur Mario dans l’imagination de Miyamoto.

Tout comme le gameplay, le design était très novateur pour l’époque. Les limitations techniques ne permettaient que d’afficher des pixels assez grossiers, limitant ainsi fortement les capacités graphiques. Miyamoto n’hésita pas à créer un personnage difforme, rond, à la tête surdimensionnée, afin de lui donner plus de consistance et de personnalité. On distingue ainsi facilement le nez, la moustache, les oreilles, et les habits particuliers du charpentier. Alors que dans de nombreux autres jeux, on distinguait alors à peine un visage, un pull, un pantalon.

Mario, symbole du règne de Nintendo

Jumpman ne devient officiellement Mario qu’un peu plus tard. L’équipe de Nintendo America, peu emballée par ce nom, décida de renommer Jumpman Mario, car le personnage faisait penser au propriétaire du bâtiment où ils travaillaient, Mario Segali. L’idée plut à Miyamoto, qui garda le nom, et donna un frère, Luigi, afin de créer Mario Bros, un jeu sur borne d’arcade et Game & Watch. Le jeu connaît un succès modeste, alors que le krach économique s’abat sur l’industrie, et touche très fortement l’Amérique du Nord. Le Japon, lui, est relativement épargné, ce qui permet à Nintendo de sortir sa console de jeux Famicom, et de continuer à se développer.

Enfin arrive la fameuse année 1985, qui fut le début du deuxième âge d’or du jeu vidéo, avec l’arrivée de la Famicom sur le marché américain et européen. La console subit pour l’occasion un relifting, et prend le nom de " Nintendo Entertainment System ", ou NES. Son jeu phare ? Super Mario Bros, qui sera d’ailleurs le jeu le plus vendu sur cette console. C’est un succès phénoménal pour Nintendo, qui est alors parti pour largement dominer le marché durant le reste des années 80.

Mais Super Mario Bros n’est pas seulement le signe d’un renouveau économique, ou le tout premier jeu de la série des Super Mario, encore bien vivante aujourd’hui. C’est aussi un jeu qui va révolutionner les jeux de plateforme, avec un design fort, totalement au service du gameplay. Un design tellement puissant que de nombreux éléments continuent d’être encore utilisés, à la fois dans les Super Mario et dans d’autres jeux de plateforme.

On voit ainsi naître le Royaume Champignon, la princesse Toadstool (qui deviendra Peach), les Goombas, ces ennemis à tête de champignon (qui sont en fait des châtaignes), et Bowser, qui deviendra le principal antagoniste de la série.

Des déclinaisons à succès, sous le prisme de l’innovation

Tous les éléments sont rassemblés pour créer une icône du jeu vidéo. Mario, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est officiellement né. Et deviendra le personnage le plus connu du jeu vidéo, illustrant parfaitement la longévité de Nintendo, qui aura tenu bon durant 30 années, face à Sega, puis Playstation, et enfin Microsoft, dans la bataille des consoles de salon. Toujours, Nintendo est allé chercher dans l’innovation un moyen de brillamment se renouveler, le succès de sa Nintendo Switch en étant la preuve ultime.

Nintendo ne manque jamais une occasion d’exploiter un filon, et déclinera son personnage vedette à toutes les sauces : Mario jouera au docteur, au golf, au tennis, au basket, se battra contre l’équipe de Sonic au Jeux Olympiques.

Deux déclinaisons vont faire mouche : Super Mario Kart et Smash Bros, qui révolutionneront, à l’époque de leur première sortie, les genres de jeux de course et de combat, amenant un côté plus enfantin, mais toujours fun.

Une nostalgie lucrative

La série Super Mario, aussi, marquera plusieurs fois de son empreinte le jeu de plateforme : la fin de la logique du couloir linéaire, et la mise en place d’un monde ouvert en 3D, avec Super Mario 64 (Nintendo 64, 1996), ou encore un game design ultra-diversifié, basé sur un système de gravité dans un environnement spatial, dans Super Mario Galaxy (Wii, 2007). Tous ces éléments de design peuvent sembler très basiques maintenant, mais à l’époque, avec les technologies du moment, c’était une vraie révolution.

Les enfants aux commandes de ces premiers Mario ont grandi, ils ont 30 – 40 ans, la nostalgie des jeux d’antan… et de l’argent. Nintendo l’a bien compris, et mise énormément sur ce marketing de la nostalgie, ces dernières années. Pour les 35 ans de sa mascotte, la firme nipponne a ainsi délivré de nombreux cadeaux à sa fanbase, mélange d’innovation et de rétro mis à jour. Mario Kart pourra ainsi bientôt se jouer en réalité augmentée, avec un vrai mini-kart téléguidé depuis sa console ; et les plus nostalgiques pourront rejouer aux classiques 3D Super Mario World, Super Mario Sunshine et Super Mario Galaxy sur Switch, en version (très) légèrement améliorée. En prenant bien soin d’en faire une édition limitée dans le temps, même pour les ventes digitales… De quoi faire pas mal grincer des dents.

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