Marcel Sel: "Je me suis fait insulter par ceux qui n'aiment pas l'expression "gauche Maximilien"

Marcel Sel: "Quand des journalistes ou des politiciens ont commencé à m’insulter, j’ai coupé ma page."
Marcel Sel: "Quand des journalistes ou des politiciens ont commencé à m’insulter, j’ai coupé ma page." - © BRUNO FAHY - BELGA

C’est le sujet brûlant du moment: la question de l’accueil des migrants. Une thématique à nouveau au centre du débat politique après une carte blanche très commentée de Bart De Wever hier dans le journal De Morge. Une question qui divise aussi des familles et des groupes d’amis, entre ceux qui ouvrent leurs portes aux réfugiés et ceux qui veulent fermer les frontières. Un débat qui devient passionnel. Une polémique qui a personnellement touché le blogueur Marcel. 

Ecrivain et auteur, il a notamment dénoncé l’hystérie qui s’est emparée de la gauche francophone. Selon lui, c’est le grand dérapage sur les réseaux sociaux. "Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l’Homme, avec qui je suis assez fâché, prenait lui-même énormément d’insultes. Il n’y a pratiquement plus de possibilités de débat. Il m’arrive de présenter des arguments concrets, et très vite ça dérape."
 

Marcel Sel a lui aussi fait les frais de ce grand dérapage dont on parle sur les réseaux sociaux. " Oui, j’en ai un peu l’habitude s, mais ici ça a dépassé les bornes. Quand des journalistes ou des politiciens ont commencé à m’insulter, j’ai coupé ma page. J’ai arrêté d’intervenir pendant une journée. "

"Gauche Maximilien": l'expression de trop?

Etait-ce dû au ton provocateur de Marcel Sel ?  " Je n’ai jamais été différent. Quand j’attaquais, par exemple, la N-VA, c’était le cas, mais aujourd’hui j’ai moins tendance à le faire. Comme tout le monde l’attaque, je ne vois pas ce que je peux ajouter au débat. Ce qui m’intéresse, c’est de secouer le cocotier, et je pense que c’est quelque chose de respectable. Quand on me qualifie pratiquement de nazi — j’ai vu le mot, " gros porc nazi " — on sort totalement de l’opposition. "

L’une des sortie de Marcel sel concernant l’expression  "gauche Maximilien" n’a pas calmé les critiques. Ce que revendique pourtant le bloggeur: " La ‘gauche Maximilien ’ est une militance politique qui s’est greffée sur le parc Maximilien. Ça a en même temps un côté positif parce que c’est vrai que s’il n’y avait pas des militants de gauche et de gauche radicale, il y aurait probablement moins d’hébergeurs. Mehdi Kassou ne peut pas tout faire tout seul. Ça, c’est le côté positif. Mais le côté négatif est que tout cela est récupéré parfois de façon assez verbalement, pour instaurer une sorte de modèle - je n’aime pas le mot " pensée unique " parce que je crois qu’il y a des pensées uniques dans toutes les castes de la société, gauche, droite, centre - de pensée dont on ne peut pas sortir. Je me suis fait insulter par ceux qui n’aimaient pas l’expression “gauche Maximilien”. Mais dès le début j’ai précisé que “gauche Maximilien” ce ne sont pas les hébergeurs, ce n’est pas Mehdi Kassou, ce ne sont pas les gens qui aident."
 

Cet accueil citoyen est l’honneur de la Belgique

"Si je le pouvais, j’accueillerais des migrants chez moi. Je n’ai simplement pas de place. Et j’aiderais à donner à manger, mais je n’ai pas le temps. Je dois gagner ma vie et ça me prend énormément de temps. Mais j’ai la plus grande admiration pour eux. Après, je me pose simplement des questions : est-ce qu’il y a une autre possibilité que cet accueil citoyen ? Cet accueil citoyen est l’honneur de la Belgique. Pour moi, c’est aussi clair que ça. Le problème est quand on dit que l’État ne fait pas son travail."

Marcel Sel dit ne pas soutenir pour autant la politique menée par le gouvernement fédéral et le secrétaire d’État, Theo Francken . "Je ne la soutiens pas parce que je pense qu’il faudrait profiter du Brexit pour imposer au Royaume-Uni de prendre un certain nombre de migrants, plus qu’aujourd’hui. Personne n’a réagi au fait que Macron  a resigné  un accord avec Theresa May qui lui paye 50 millions d’euros pour continuer à empêcher le passage vers le Royaume-Uni. C’est là qu’est le problème, et tant qu’il sera là, on héberge des gens, on leur donne à manger, puis un jour ils veulent traverser, ils payent 2000 euros pour un passeur et ils risquent leur vie."
 

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