Mannequin trop minces: faut-il le mentionner quand des photos sont retouchées?

Des jambes un peu plus longues, des joues un peu moins rondes, des hanches plus fermes : tout est possible sur ordinateur. A tel point que certains clichés que vous admirez dans les magazines ne reflètent plus du tout la réalité et cela peut influencer négativement des jeunes filles, par exemple dans leur rapport avec leur propre corps. En France, depuis quelques jours il est obligatoire d'apposer la mention "photo retouchée" sur les clichés qui le sont. Rien de tel encore en Belgique.

Des modèles au teint parfait avec des jambes longilignes: ces photos font souvent la une des magazines. Jean-Charles Lefèvre est photographe, il travaille principalement pour des agences et il reçoit fréquemment des demandes de retouches de la part des mannequins les plus jeunes, explique-t-il : "J'ai eu une expérience l'année passée avec une mannequin de 19 ans qui pesait 37,5 kg. Quand j'ai montré le résultat des photos, elle m'a dit que le bras était trop gros, qu'il fallait affiner certains traits, alors que, réellement il n'y avait pas de raison de les affiner". Pour le photographe, cette mention "photo retouchée" est donc importante pour la jeune génération et les suivantes.

Masque grimaçant

Du côté des magazines, on admet faire des retouches, mais jamais des retouches morphologiques, à savoir gonfler une poitrine ou allonger des jambes. Johanna Pires, rédactrice en chef de Ciné Télé Revue, accepte qu’on blanchisse des dents ou qu’on lisse le grain de peau. Mais toujours dans les limites du raisonnable, précise-t-elle: "On a déjà refusé des photos trop trafiquées. Parfois on ne reconnaît même plus la personne, ou l'expression, les traits sont trop lissés: c'est presque un masque qui apparaît comme grimaçant". Pour la rédactrice en chef, appliquer ce type de mesure chez nous, cela permettrait de renforcer la relation de confiance et de transparence avec le lecteur.

En Belgique, un projet de loi similaire a été déposé en commission santé de la Chambre en 2014 par la députée cdH Vanessa Matz. Depuis, la proposition est dans les cartons.

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