Les Dardenne, Stijn Coninx et l'animation grands gagnants des Magritte

Magritte du cinéma 2015: le palmarès
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La 5ème édition des Magritte s'est clôturée samedi soir comme elle a commencé, en chanson et sous le signe de l'humour avec un Maître de Cérémonie, Charlie Dupont, à qui le public doit quelques fous rires. Un talent d'ailleurs salué par Nicolas Bedos venu remettre le Magritte de la Meilleure actrice. Outre l'hommage rendu à Pierre Richard, les frères Dardenne, Stijin Coninx avec "Marina", Lucas Belvaux et les films d'animation font figure de grands gagnants.

En remportant le Magritte du Meilleur film, la récompense suprême, pour "Deux jours, une nuit", Jean-Pierre et Luc Dardenne font fort puisqu'ils décrochent deux autres prix et non des moindre : le Magritte du Meilleur réalisateur et le Magritte du Meilleur acteur grâce à Fabrizio Rongione. Une véritable performance pour ceux qui n'avaient encore jamais été récompensés par leurs compères depuis la création des Magritte du cinéma il y a cinq ans.

"Le réalisateur, c'est celui qui réalise et si vous ne comprenez pas, lui oui", a expliqué Marc Zinga ("Les rayures du zèbre") avant de remettre le Magritte du Meilleur réalisateur à Jean-Pierre et Luc Dardenne.

"Ceci n'est pas un Magritte mais un Charlie", a déclaré pour sa part Luc Dardenne.

Devant la presse, les deux frères se sont réjouis d'avoir enfin été récompensés dans leur pays :

Pour Fabrizio Rongione, après avoir été le Maître de Cérémonie ces deux dernières années avant de céder son tablier à Charlie Dupont, c'était l'occasion de remonter sur scène. Son prix, le Magritte du Meilleur acteur, l'a complètement ému. Il n'a d'ailleurs pu s'empêcher de verser quelques larmes.

La Flandre triplement à l'honneur

Le Magritte du Meilleur film flamand en coproduction, devenu le Magritte du Meilleur film flamand, a, lui, été décerné à "Marina" de Stijn Coninx. Le réalisateur flamand en a, comme les frères Dardenne, décroché trois au total avec les Magritte des Meilleurs décors (Hubert Pouille) et des Meilleurs costumes (Catherine Marchand). Tout un symbole pour cette coproduction 100% belge, entre le nord et le sud du pays.

Triple récompense aussi pour Lucas Belvaux

Avec "Pas son genre", Lucas Belvaux rafle pour sa part le Magritte du Meilleur scénario original ou adaptation. Un prix qui a visiblement ému l'intéressé. Il l'était un peu moins devant la presse :

S'ajoute le Magritte du Meilleur son remis par le chanteur Ozark Henry à Henri Morelle et Luc Thomas.

Toujours pour "Pas son genre", le Magritte de la Meilleure actrice, remis par Nicolas Bedos, est revenu à Emilie Dequenne. Cette dernière, clouée au lit par une grosse grippe, n'a pu venir chercher son prix elle-même, mais elle avait envoyé un texto lu par Lucas Belvaux.

L'hommage à la comédie française

Surprise pour la remise du Magritte d'Honneur à Pierre Richard, c'est Julie Gayet qui est montée sur scène, rejointe quelques minutes plus tard par Philippe Geluck et Thierry Lhermitte, notamment. Pour couronner le tout, Charlie Dupont déguisé en Mireille Darc (robe noire moulante et échancrée avec une perruque blonde), sa compagne dans "Le grand blond avec une chaussure noire", est venu compléter le groupe pour lui rendre avec ses mots et en images un bel hommage.

Fortement ému, Pierre Richard a déclaré être d'autant plus ravi que Magritte est son peintre préféré. L'acteur français aime le surréalisme : "Ici en Belgique on n'est jamais tout à fait comme ailleurs", a-t-il déclaré. "Un jour je suis rentré dans un café, j'ai été aux toilettes, je me suis mis en place et j'ai senti une présence venir à mes côtés et j'entends : 'Oh Pierre Richard , c'est pas vrai!'. C'était Benoit Poelvoorde et il me dit : 'Qu'est-ce que tu fais là ?". Je me suis dit tu le vois bien. On ne s'est pas serré la main. C'est ça la Belgique tout est imprévisible, rien n'est expliqué".

Devant la presse, l'émotion de Pierre Richard était encore très forte :

Après la comédie, l'animation à l'honneur

C'est assez rare dans ce type d'évènement de saluer le travail des films d'animation. En remettant le Magritte du Meilleur court métrage à "La bûche de Noël" de Stéphane Aubier et Vincent Patar, c'est une nouvelle reconnaissance pour ce genre.

Un prix auquel est venu s'ajouter le Magritte du Meilleur film étranger en coproduction pour "Minuscule, la vallée des fourmies perdues" de Thomas Szabo et d'Hélène Giraud. Cette dernière s'est fendue d'un "Bonsoir et merci" en langage coccinelle.

Le Magritte du Meilleur long métrage documentaire a, par ailleurs, été décerné à Yaël André pour "Quand je serai dictateur".

Jérémy Renier, qui n'était pas présent à la cérémonie, s'est vu décerner le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle pour "Saint Laurent" de Bertrand Bonello.

Les autres prix

Le Magritte du Meilleur espoir féminin a été attribué à Ambre Grouwels pour "Baby Balloon". Sa joie, exprimée sans retenue, sur scène en a fait rire quelques-uns. L'émotion était toujours aussi forte à sa sortie de scène :

 

Le Magritte du Meilleur espoir masculin a été remis à Marc Zinga pour son rôle dans "Les Rayures du zèbre". Il jouera prochainement dans le prochain James Bond.

Le Magritte de la Meilleur actrice dans un second rôle est revenu à Lubna Azabal pour son rôle dans "La Marche". Absente, c'est le réalisateur du film, Nabil Ben Yadir qui a été chercher le prix.

Autre récompense pour "La marche" : le Magritte du Meilleur montage pour Damien Keyeux.

"Je te survivrai" de Sylvestre Sbille a obtenu le Magritte du Meilleur premier film. Malade, c'est son producteur, André Logie, qui est monté sur scène.

Le Magritte de la Meilleure image est revenu à Manu Dacosse pour "L'étrange couleur des larmes de ton corps".

Enfin, le Magritte de la Meilleure musique originale. Il a été décerné à Soldout (David Baboulis et Charlotte Maison) pour "Puppylove".

C. Biourge, S. Van Wichelen et V. De Valck

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