Mafias et cartels sont les principaux prédateurs de la presse

Archive
Archive - © EPA

En dix ans, 141 journalistes sonts morts pour avoir dénoncé l'emprise des gangs et l'économie parallèle, affirme Reporters sans frontières dans un rapport intitulé "Crime organisé, main basse sur l'information" publié jeudi.

"Mafias et cartels représentent aujourd'hui la principale menace pour la liberté d'informer à l'échelle mondiale", relève l'organisation de défense de la presse qui pointe également "des groupes paramilitaires reconvertis dans la contrebande à grande échelle".

Pour RSF, aucun continent n'est épargné. "Circuits financiers, blanchiment d'argent, vitrines légales, paradis fiscaux constituent la face à la fois invisible et omniprésente de l'activité mafieuse", note RSF pour qui "le crime organisé met à mal la capacité d'investigation de la presse en général".

RSF cite le cas du Mexique où "la férocité des cartels explique en très grande partie un macabre bilan de 69 journalistes tués depuis 2000 et 11 autres disparus depuis 2003".

Aux Philippines, "le crime organisé porte une responsabilité directe et indirecte dans la majorité des 142 assassinats d'hommes et de femmes de presse constatés depuis la chute du dictateur Ferdinand Marcos en 1986", souligne RSF.

"Face au crime organisé, la presse est désunie, ses correspondants isolés et sans moyens, et sa capacité à mener des enquêtes de fond neutralisée par la course à l'information immédiate", constate l'organisation qui recommande notamment "une plus grande mutualisation des informations et des sources".

RSF plaide aussi pour "un développement des sociétés de journalistes, garantes de l'indépendance de leurs médias, aptes à tenir les influences financières à distance des choix éditoriaux".

Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK