Lou Reed, pionnier du rock underground, est mort à 71 ans

Lou Reed, légende new-yorkaise du rock underground, est mort à 71 ans
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Lou Reed, légende new-yorkaise du rock underground, est mort à 71 ans - © SALVATORE DI NOLFI

C'est le magazine de musique Rolling Stone qui a annoncé une nouvelle qui plonge le monde du rock'n'roll dans l'émoi. Lou Reed, légende de la scène underground new-yorkaise, est décédé.

L'ex leader du groupe novateur et très apprécié d'Andy Warhol "The Velvet Underground" est mort ce dimanche 27 octobre, à 71 ans.

Si "la cause exacte de la mort n'a pas encore été révélée" selon Rolling Stone, le magazine précise que la légende du rock, dont le visage portait les marques d'un parcours tumultueux qui avait fait la richesse de ses textes, avait subi une greffe du foie au mois de mai dernier.

Cette nouvelle met un terme à l'incroyable carrière de l'artiste new-yorkais aux textes très noirs, qu'il avait l'habitude de scander avec une douce nonchalance.

Outre la modernité et la violence, l'homosexualité avait une place importante dans les chansons de Lou Reed. Le musicien a toujours gardé les cicatrices du traumatisme provoqué, dans son enfance, par les séances d'électrochocs que ses parents lui avaient imposées pour le "soigner" de son attirance pour les hommes.

Et si Lou Reed n'a eu que peu de réels succès au sens strictement commercial, la chanson "Walk on the Wild Side" fait partie des exceptions. Malgré des paroles très sombres et osées qui, en choquant, ont créé la surprise, les arrangements légers et la voix grave et suave du chanteur guitariste ont porté la chanson vers des sommets inattendus.

La drogue avait une place particulièrement importante dans les textes de Lou Reed. Un autre titre a fait son succès, alors qu'il était encore membre du Velvet Underground: à sa sortie, "Heroin" fut jugée troublante par de nombreuses personnes car, comme l'a écrit le critique Mark Deming, si la chanson "n'encourage pas ouvertement la prise de drogues, elle ne la condamne pas clairement non plus".

Jouée en répétant inlassablement deux accords, "Heroin" frappe par son étonnante simplicité. Le grincement constant du violon et l'accélération par moment de la percussion instaurent un climat tantôt de tension, tantôt de quiétude, pour faire ressortir les paroles de Lou Reed.

Sans aucun complexe, il se fait - ou l'est-il, tout simplement ? - le porte-parole d'un drogué. "Je ne sais juste pas où je vais", dit-il avant d'ajouter, un peu plus tard, qu'il se sent homme quand il se plante "une seringue dans les veines".

En 1974, lors d'une célèbre interview - exercice pour lequel il était réputé désagréable - à l'aéroport de Sydney, Lou Reed s'adresse aux journalistes derrière de grandes lunettes noires, les cheveux rasés et teints en blond.

Ses réponses sont courtes, partielles. Fidèle à lui-même, il n'esquisse pas le moindre sourire, même lorsqu'il déclenche l'hilarité générale.

La dernière fois que Lou Reed s'est produit en Belgique, c'était en juin 2012, à l'Ancienne Belgique. Déjà affaibli à ce moment-là, il continuait depuis à s'adonner à sa passion pour la photographie.

Très actif sur les réseaux sociaux, il avait pour habitude d'en égrainer en leur donnant un mot pour seule description, comme sur cette photographie sur laquelle il apparaît aux côtés d'Andy Warhol.

Classic 21 proposera une émission spéciale en son hommage, ce lundi dès 11h, présentée par Marc Ysaye et Jacques de Pierpont.

Germain Renier

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