Loot boxes des jeux vidéo: des régulateurs de jeux d'argent s'associent pour dialoguer avec le secteur

Loot boxes des jeux vidéo: des régulateurs de jeux d'argent s'associent pour dialoguer avec le secteur
Loot boxes des jeux vidéo: des régulateurs de jeux d'argent s'associent pour dialoguer avec le secteur - © PATRIK STOLLARZ - AFP

Face au développement de plus en plus important des micro-transactions dans les jeux vidéos, seize autorités de régulation des jeux d'argent ont, dans une déclaration commune, déclaré vouloir travailler ensemble pour gérer au mieux ce phénomène, et dialoguer avec le secteur afin de trouver un terrain d'entente au niveau de sa régulation.

Quand Star Wars Battlefront II abusait des loot boxes

Le jeu vidéo, première industrie culturelle mondiale par son chiffre d'affaires, voit son modèle économique évoluer drastiquement, et se tourne de plus en plus vers le jeu vidéo "comme service", c'est-à-dire des jeux appelés à évoluer sur plusieurs mois, ou années, via des mises à jour et surtout qui font l'objet de microtransactions.

Deux grands types de microtransactions existent : celles où l'on sait ce que l'on achète, et celles où l'on ne sait pas, une pochette surprise en somme, appelée "loot box" dans le jargon des gameurs. Si la pratique existe depuis de nombreuses années, elle a connu une expansion récente, et pas particulièrement appréciée des joueurs. Leur colère face à son utilisation abusive dans le Star Wars: Battlefront II a d'ailleurs obligé l'éditeur du jeu, Electronic Arts (EA), à faire marche arrière. La polémique est même sortie du cercle des gameurs pour venir titiller le monde politique et les organismes régulateurs des jeux d'argent.

En Belgique, la Commission des Jeux de Hasard a mené son enquête sur le jeu Star Wars, et d'autres jeux qui utilisent les microtransactions comme Overwatch ou FIFA. En avril dernier, elle a remis ses conclusions, et reconnu ces pochettes surprises comme des jeux d'argent dans les jeux concernés. Seul EA a contesté devant la justice pour sa licence FIFA, très (très) lucrative. Ailleurs en Europe et aux États-Unis, plusieurs politiciens sont montés au front pour demander une meilleure régulation du secteur sur la question, et surtout, une harmonisation des législations.

Harmoniser le dialogue et la législation

Un premier pas vient d'être réalisé en ce sens : sous la houlette de l'Arjel, l'autorité française des jeux en ligne, seize régulateurs de jeux d'argent (quinze européens — mais pas la Belgique — et le régulateur de l’État de Washington) ont fait une déclaration commune en faveur de l'ouverture d'un dialogue entre l'industrie du jeu vidéo, et les plateformes qui les hébergent.

"Ensemble, ces autorités font le constat que l’introduction de la dimension monétaire dans les jeux dits sociaux ou gratuits et dans les jeux vidéo, peut porter atteinte aux principes communs qui fondent la régulation des jeux d’argent et en particulier la protection des consommateurs et l’interdiction du jeu des mineurs", précise l'Arjel dans un communiqué.

La déclaration, discutée lors du Forum Européen des Régulateurs de Jeux d’argent (GREF pour Gaming Regulators’ European Forum), indique que les signataires s'engagent "à travailler ensemble pour analyser minutieusement les caractéristiques des jeux vidéo et des jeux sociaux. Cette action commune permettra d’entamer un dialogue informé avec l’industrie des jeux vidéo et sociaux afin d’assurer une mise en œuvre justifiée et efficiente de nos lois et régulations nationales. Chaque régulateur de jeux d’argent se réserve le droit d’user des pouvoirs que lui confère son cadre national de régulation. Nous travaillerons aussi étroitement avec les autorités de protection des consommateurs".

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