Liberté de la presse: l'attentat à Charlie Hebdo a-t-il influencé le travail des caricaturistes?

Liberté de la presse: l'attentat à Charlie Hebdo a-t-il influencé le travail des caricaturistes?
Liberté de la presse: l'attentat à Charlie Hebdo a-t-il influencé le travail des caricaturistes? - © MARTIN BUREAU - BELGAIMAGE

Ce dimanche, c'est la journée mondiale de la liberté de la presse, de la liberté d'expression. Un combat loin d'être gagné. Aujourd'hui, on estime que 159 journalistes sont toujours emprisonnés à l'échelle mondiale. Ces quatre derniers mois, 23 journalistes ont été tués. Parmi eux : 5 caricaturistes français assassinés lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Ces attaques ont-elles changé quelque chose au travail des caricaturistes, des dessinateurs de presse? Nicolas Vadot et Tine nous livrent leur point de vue.

Sa matière première ? Elle bouge tout le temps, c'est l'actualité. Alors avant de la figer dans un dessin, sur du papier, Nicolas Vadot s'informe: "Dans le journalisme, nous sommes les derniers généralistes, parce que, que ce soit en presse écrite, en radio ou en télé, un journaliste est attribué à un service en particulier. Nous devons nous intéresser à tout, être curieux de tout et on ne doit s'interdire aucun sujet."

Même si, depuis les attentats de janvier dernier, la donne a changé : "Auparavant, on savait qu'il y avait une menace, déjà avec l'affaire des caricatures de Mahomet en 2006, mais c'était loin. Là, vous avez des gens, des Français, qui sont rentrés dans la rédaction d'un journal et qui ont tué tout le monde. Jusqu'aux attentats, je ne pouvais pas me dire que l'on pouvait mourir pour un dessin. Maintenant, ça reste dans un coin de ma tête malheureusement."

"Les terroristes n'ont pas gagné la guerre, mais ils ont gagné une bataille"

Plus prudent dans la manière de dessiner ? "Oui, parce que les terroristes n'ont pas gagné la guerre mais ils ont gagné une bataille."

Le discours de Tine, Valentine Lilien, 25 ans, qui dessine pour la presse depuis peu, est différent : "Moi je travaille dans mon petit bureau, je dessine, ça me fait bien rire et ça fait rire mes copains. Maintenant, cet attentat m'a fait comprendre que les dessins sont vus de par le monde, qu'ils ont une portée qui me dépasse complètement."

Tine avoue ne pas être très à l'aise avec cette réalité et c'est pour cette raison qu'elle s'interdit de dessiner le prophète.

RTBF

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