Les YouTubeurs de "On est prêt" lancent leur campagne pour le climat

Le mouvement débutera le 15 novembre pour durer 30 jours, et chaque YouTubeur y participera à sa manière.
Le mouvement débutera le 15 novembre pour durer 30 jours, et chaque YouTubeur y participera à sa manière. - © ON EST PRET - FACEBOOK

Soixante-deux Youtubeurs francophones, dont les stars Norman, EnjoyPhoenix ou les Belges du Biais Vert, lancent ce 15 novembre la campagne "On est prêt", pour inciter leurs abonnés à adopter un comportement plus respectueux de l'environnement.

Annoncé il y a une dizaine de jours, le mouvement commence officiellement ce jeudi, pour durer 30 jours, et chaque YouTubeur y participera à sa manière.

Certains relèveront un défi alimentaire, en changeant ses habitudes, d'autres arrêteront d'utiliser des matières plastiques et les derniers abandonneront leur véhicule pour un mois. Les YouTubeurs comptent sur leurs followers pour participer également.

Premier défi, et pas des moindres : réduire la pollution numérique. Les stars d'Internet demandent à leurs abonnés de faire le ménage dans leurs vieux mails, photos et vidéos, dont la conservation nécessite d'alimenter des millions de serveurs en électricité. "La pollution numérique sur Terre émet autant de gaz à effet de serre que l'aviation civile", explique Ugo Marchand, membre du collectif d'humoristes Lolywood. Le Youtubeur, dont la chaîne totalise 2,6 millions d'abonnés a d'ailleurs déjà commencé à le faire.

Mais pourquoi un mois ? Parce que, comme l'explique l'organisatrice Magali Payen au Parisien, "on estime qu'après 30 jours, le pli est pris et que les bons gestes ont toutes les chances de rester." Le mouvement cible virtuellement toute la tranche des 12-25 ans, selon les organisateurs. " L'histoire a prouvé que toutes les mobilisations qui réunissaient 3,5% seulement de la population réussissaient à faire basculer un système", expliquent-ils. 3,5% de la population française, cela représente seulement 2,5 millions de personnes.

Le déclic est venu de l'annonce de la démission du ministre français de la Transition écologique Nicolas Hulot en septembre."Ça a été un choc", raconte Lénie de la chaîne YouTube Professeur Feuillage. Selon elle, il est urgent de ne pas "laisser la question essentielle du réchauffement climatique aux seules mains des politiques."

Les citoyens sont prêts à changer

L'humoriste El Hadj (1,3 million d'abonnés sur Instagram) en est convaincu : "On est bien plus puissant que n'importe quel média traditionnel". Son défi personnel sera d'arrêter la viande pendant un mois. "Je me suis renseigné, explique-t-il, c'est ce qui fait le plus d'effet [pour l'environnement]."

L'action "On est prêt" fait suite à une autre campagne sur les réseaux sociaux, intitulée "Il est encore temps" et portée par les mêmes YouTubeurs sensibilisés à la cause écologique. De quoi faire pression sur le gouvernement, après que Nicolas Hulot avait regretté de ne pas pouvoir s'appuyer sur la société civile face aux lobbies. "Les citoyens sont prêts à changer, à chaque décideur, à chaque industriel de s’appuyer aussi sur cet élan", affirme Eliott Lepers, coordinateur du mouvement.

Être écolo ? C'est parfois compliqué et ça coûte

Mais cette campagne peut-elle viser toute la population ? C'est la question que pose sur Twitter un autre YouTubeur, Romain Filstroff, de la chaîne Linguisticæ. "C'est vraiment cool d'être écoresponsable et j'essaie moi-même de l'être, précise-t-il. Mais je me demande toujours: comment le "moi" du bled aurait réagi face à cela ?" Il rappelle qu'être écolo, "c'est compliqué et ça coûte.

Romain Filstroff prend pour exemple son propre appartement : véritable passoire énergétique, il est obligé de payer une lourde facture en chauffage, mais "n'a pas le choix" : sa salle de bains risquerait de geler... Le vidéaste pointe les responsables politiques. "Une politique publique ciblant l'isolation des bâtiments aurait certainement plus d'impact que le comportement des individus en matière de chauffage, qui pour bcp n'arrivent de toute façon pas à se chauffer", explique-t-il.

On évoque que très peu la responsabilité des industriels ou des politiques face à la crise écologique

Le YouTubeur estime que la démarche est un peu culpabilisante. "Ce qui me dérange, comme toujours, c'est qu'on transfère la responsabilité écologique aux individus et on évoque que très peu la responsabilité des industriels ou des politiques face à la crise écologique, affirme-t-il. Peut-être parce que ça fait plus peur, plus politisé."

Romain Filstroff ne critique pas le mouvement : "C'est bien les petits gestes du quotidien, très clairement et qu'on ne s'y méprenne pas : je suis à fond derrière." Mais il attend également un geste, venu, cette fois, des pouvoirs publics et des entreprises.

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