Les ventes d'albums de Prince multipliées par 50: l'engouement post-mortem

Trois albums de Prince, dont deux best of, figurent dans le top 10 des ventes d'albums aux États-Unis.
Trois albums de Prince, dont deux best of, figurent dans le top 10 des ventes d'albums aux États-Unis. - © Tous droits réservés

Les ventes de disques du chanteur américain Prince se sont envolées dans les jours qui ont suivi sa mort.

Une semaine avant de perdre la vie, l'artiste avait vendu environ 5000 albums. La semaine suivante : 256 000 albums vendus, et Prince place trois de ses albums dans le top 10 des ventes de disques aux États-Unis. Et sans doute pas seulement grâce à ses fans.

C'est un phénomène commercial.

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"Ce sont surtout des gens qui aiment la musique, des gens qui connaissaient un peu Prince et qui, par ce décès, essaient entre guillemets de s’accaparer un petit peu ce temps qui file en se disant : 'Aujourd’hui, on vit dans un monde qui va de plus en plus vite, je vais essayer de m’octroyer une part d’histoire, donc je vais m’acheter le disque physique de Prince'", explique Sylvestre Defontaine est journaliste musical sur Pure FM.

Deux best of dans le top 10

"Et on le voit d’ailleurs, si le numéro 1 des ventes aux États-Unis pour l’instant, au niveau des albums, c’est un best of de Prince, ce n’est pas un hasard.  Des gens se disent 'Je vais, en un disque, m’accaparer toute la discographie de Prince."

"Le numéro 2 des ventes aux États-Unis, c’est Purple Rain, son plus grand succè,s et tous les journalistes sont en train de marteler Purple Rain, donc, automatiquement, les gens achètent ce disque-là."

"Et le numéro 6, c'est un deuxième best of. Donc, il classe trois albums dans le top 10."

Quasi introuvables sur la Toile

Une autre explication est que les chansons de Prince sont quasiment introuvables sur Internet.

"Il ne faut pas oublier non plus que l'on vit aujourd’hui dans un monde de téléchargements légaux ou illégaux, un monde où on peut voir des vidéos sur Youtube, où on peut streamer, c’est-à-dire écouter de la musique sans avoir le support physique. Ce que Prince a toujours refusé."

"Donc, en gros, quand il est décédé, je suppose qu’il y a plein de gens qui se sont dit 'Oui, Prince, c’est un petit peu de ma jeunesse, j’ai dansé sur ses slows, j’ai écouté ses morceaux, je me souviens d’MTV, je vais aller sur Internet pour essayer d’écouter ou de réécouter'. Et personne n’a trouvé quoi que ce soit parce que lui s’opposait à cela."

Habituel phénomène post-mortem

Cet intérêt pour les albums d'un artiste tout juste décédé n'est pas une exception dans le monde de la musique. Bien au contraire, c’est habituel pour les grands noms de la pop. On l’a vu encore au mois de janvier dernier avec la mort du chanteur britannique David Bowie.

Son dernier album Blackstar est sorti deux jours avant son décès le 10 janvier et très vite, il est arrivé en tête des ventes aux États-Unis.

Quant à savoir si ce genre de phénomène est un feu de paille ou bien si cet engouement post-mortem peut se prolonger après le décès de l’artiste, tout va dépendre du statut, du charisme de la star décédée.

Un classement des plus gros revenus générés après la mort

Le magazine américain Forbes a récemment fait la liste des célébrités mortes qui génèrent les plus gros revenus. En première place figure Michael Jackson avec 115 millions de dollars sur un an, suivi par Elvis Presley, mort tout de même en 1977, et ses 55 millions de dollars de revenus. Charles Schulz, le dessinateur de Snoopy, complète le podium.

Les quatrième et cinquième positions sont occupées par Bob Marley, mort en 1981, et l’actrice Elizabeth Taylor, décédée en 2011.

Quant à Jacques Brel, mort en 1978, il fait à l’heure actuelle toujours partie du top 10 des stars qui rapportent le plus de droits d’auteur en Belgique.

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