Les terroristes utilisent, aussi, des planques numériques

Quand la Playstation mène vers le darknet.
Quand la Playstation mène vers le darknet. - © PATRIK STOLLARZ - AFP

Pour communiquer à l’insu des services de police, les terroristes auraient utilisé des consoles de jeu Play Station équipées de logiciels de cryptage. Une nouvelle pratique? Pas vraiment, anonymat et floutage sont des outils bien connus de ceux qui veulent agir dans l’ombre.

Les terroristes auraient utilisés la messagerie cryptée Telegram qui permet de chiffres des messages pour les rendre intelligibles par quiconque ne dispose pas de l’algorithme de décryptage. Une " alternative " à Telegram est Signal que Whatsapp a intégré dans sa propre messagerie. Au grand dam des services de renseignements, dont la CIA. Une pratique courante consiste également de surfer dans le réseau obscure, ce Darkweb où chacun peut avancer masquer, grâce à des techniques d’anonymisation.

Face sombre du web et réseau parallèle, le darknet est un lieu où se cachent les sites non indexés par les moteurs de recherche comme Google ou Yahoo. Même si tous les chiffres sont, par nature, incontrôlables, le Deepnet (le réseau profond des données difficilement accessibles) représenterait 70% de l’ensemble des données du Web. Un trillard (10 puissance 21) de pages non indexées.

Ce Darknet" n’est pas (que) l'univers du mal. C’est plutôt un espace sans règles, une " sous-couche d’internet ", peuplée d’informaticiens pointus et d’activistes divers, dont Anonymous. De gens normaux aussi.

Les techniques utilisées sont diverses. Il y a d’abord les réseaux Friend to Friend (F2F) reliant des individus entre eux. Ici, pas de site web proprement dit, mais des groupes d’individus qui s’échangent des données (des films piratées comme des informations). Aucun lien IP ne débouche sur l’extérieur, les échanges se font au sein d’un club privé.

Viennent ensuite les sites non indexé par les moteurs de recherche. Ceux-là sont consultables de manière anonyme par le biais d’outils de connexion. Le plus connu est Tor, mais il y en a d’autres comme I2P ou Freenet, Tails, ou Orbot. Dès ce moment, il est possible d’entrer dans les services cachés du réseau Tor.

Le (long) chemin vers l’anonymat

Mais l’accès est complexe et lent. Pour ne pas être identifiable, il faut tout d’abord accéder à Tor (par exemple)… Ensuite, utiliser un navigateur spécifique et un logiciel VPN (un réseau intranet virtuel). Enfin, il est prudent d’occulter physiquement (d’un scotch) la webcam pour éviter d’être épié à distance. Toute cette procédure de sécurisation demeure malgré tout aléatoire, car elle dépend de la capacité de chacun de nous à paramétrer efficacement son PC et tous les logiciels impliqués. Mais aussi de la discrétion dans nous pouvons faire preuve : fournir son nom dans un message, n’est certainement pas une bonne idée.

Que renferme ce darknet ?

De tout. L’exemple le plus médiatisé est celui du site Silk Road, ce magasin en ligne spécialisé dans la vente de drogue. En 2013, les autorités américaines ont identifié le gestionnaire du site qui a été condamné à la prison à vie.

Sont aussi apparus des sites plus généralistes qui vendent de la drogue, mais aussi des armes ou des faux papiers. Il y règne même un "assassination market". Un marché bien nommé qui permet de lancer des contrats (entendez des contrats d’assassinat). Les internautes y affichent le montant pour lequel ils sont prêts à supprimer une personne. Les " primes " se paient en bitcoins, une monnaie non contrôlée par le système bancaire. Le lieu et le moment de l’exécution du contrat sont échangés par lignes cryptées.

Le darknet met aussi en vitrine des informaticiens hackers qui proposent leurs services pour détruire un site ou détourner un compte. Le prix d’entrée avoisine 200 euros.

Mais ce web obscur a aussi des vocations plus altruistes. Des journalistes utilisent le réseau sombre de Tor pour pouvoir travailler dans des pays où la carte de presse est pratiquement un avis de recherche. Reporters sans frontières travaille par exemple avec ce réseau pour permettre aux journalistes de travailler dans une moindre " insécurité. ". Et c’est sur ce même Darknet qu’Anonymous poursuit les terroristes de Daesh pour détruire leurs sites et révéler leurs adresses mail.

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