Facebook joue-t-il un rôle dans la radicalisation de la pensée? Récit d'une expérience troublante

Facebook nous pousse-t-il à lire des points de vue de plus en plus extrême? C’est l’hypothèse d’un journaliste américain qui a réalisé une expérience assez interpellante. Sur Facebook, il faut le savoir, ce que vous voyez ou pas est déterminé par un algorithme. C’est une formule qui fait un tri pour vous en fonction de toute une série de paramètre : les pages que vous aimez, l’endroit où vous vivez, les articles sur lesquels vous avez cliqué, les amis que vous suivez, etc.

De la convention républicaine à des contenus néo-nazis

En tenant compte d’un grand nombre d’élément, Facebook va vous proposer des contenus qu’il imagine intéressant pour vous. Un journaliste américain a fait une expérience éclairante en s'abonnant à la page Facebook de la convention républicaine, il a été confronté après seulement quelques jours à des contenus néo-nazis.

Comment s'y est-il pris? L'expérience de Ryan Broderick est simple: il a créé un nouveau profil facebook et a "aime" uniquement la page de la convention républicaine nationale. "A ce moment là, une liste de page m'a été suggéré. La première était celle du chef de cabinet de la Maison Blanche. J'ai cliqué sur like et Facebook m'a proposé plein d'autres pages que j'ai également liké", explique le journaliste.

Les contenus radicaux s'invitent parfois plus vite qu'on ne le pense

Au fil des jours, il continue à s'abonner à ce que Facebook lui propose et partage ses contenus. Il va de surprise en surprise. "J'ai commencé à avoir des contenus légèrement pornos avec des textes anti-immigrés écrits dessus. J'ai vu des articles que je n'aurais jamais eu dans mon fil d'actualité à fil comme des articles sur le white power".

Et de fil en aiguille, c'est le contenu du site Daily Stormer qui lui est proposé. "C'est un site géré par des néo-nazis et c'est intéressant de voir que cela n'a pris que quatre jours pour que mon fil d'actualité soit radicalisé au point que je reçoive des contenus écrits par des néo-nazis". 

Cette expérience démontre que les contenus radicaux s'invitent parfois plus vite qu'on ne le pense, qu'ils soient politiques ou religieux comme c'est le cas avec la propagande djihadiste.

Facebook a pour sa part contesté l'expérience en disant que personne n'utilise le réseau social de cette manière - sans aucun ami - et en aimant tout ce qu'on se voit proposer. 

 

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