Les opérateurs de réseaux vont-ils mettre la neutralité du web en danger?

Pour le moment, la neutralité du web est assurée par la loi européenne.
Pour le moment, la neutralité du web est assurée par la loi européenne. - © Pixabay

C'est une super-offre dans le monde des télécoms : le câblo-opérateur américain Comcast propose 25 milliards d’euros pour racheter le groupe de télé britannique Sky et les enchères pourraient encore monter. Les montants sont assez impressionnants et montrent comme les opérateurs s'intéressent de plus au plus au contenu.

Historiquement, le métier des opérateurs télé ou téléphoniques consistait à s’occuper des câbles et des antennes. Aujourd’hui, ils s’intéressent de plus en plus au contenu. Chez Proximus par exemple, cet intérêt s’est développé il y a une quinzaine d’années sur Internet d’abord (avec la création du portail Skynet), puis avec la télé ensuite. Stéphanie Röckmann, la responsable du contenu chez Proximus, se rappelle : "Belgacom a lancé en premier en Belgique la télévision digitale en 2005. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées depuis. Le contenu chez Proximus est vraiment venu au centre de nos activités. Nous enrichissons notre offre de manière continue." Avec le football par exemple ou avec BeTV, désormais accessible via Proximus.

La raison de cet appropriation du contenu : concurrencer internet et ses géants tels que Netflix, YouTube ou Amazon. Désormais, pour diffuser ou regarder du contenu, ses acteurs émergents se passent volontiers des "tuyaux".

La neutralité du web en danger?

Pour rester dans la course, les opérateurs traditionnels n'ont d'autres choix que de s'adapter. Aujourd’hui, les clients ne choisissent plus leur opérateur en fonction de la qualité technique de leur réseau, mais en fonction des programmes qu’ils proposent, d’où l’intérêt évidemment pour ces opérateurs de s’intéresser à ce contenu.

Pour le moment, la neutralité du web est garantie par la loi en Europe ce qui fait que les internautes ont accès indifféremment à tous les sites web possibles. Aux États-Unis par contre, ce n'est plus le cas. Si cette neutralité venait à être abolie chez nous, les producteurs de contenus acquerraient un pouvoir énorme et ils pourraient un jour influencer, ou même décider, à quel contenu les consommateurs ont accès et dans quelles conditions techniques.

Bien que nous n'en sommes pas encore là, force est de constater que la concentration dans les mains d’acteurs assez restreints présente des enjeux économiques et financiers, mais aussi démocratiques.

Neutralité du web dans Vews du 16/12/2017

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