Les nouvelles réalités augmentées et virtuelles du salon high-tech IFA de Berlin

Des acteurs habillés comme Pikachu, le personnage de la série Pokemon d'animation populaire, dans une parade à Yokohama le 7 Août 2016.
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Des acteurs habillés comme Pikachu, le personnage de la série Pokemon d'animation populaire, dans une parade à Yokohama le 7 Août 2016. - © KAZUHIRO NOGI

Le salon de l'électronique grand public IFA, qui ouvre ses portes vendredi à Berlin, devrait offrir une plongée dans un monde technologique où virtualité et réalité se fondent de plus en plus l'une dans l'autre.

S'il n'est pas certain que des Pokémons seront à chasser dans les allées de la grand-messe de la high tech, la réalité virtuelle, tout comme la réalité augmentée, "est LA tendance du moment", assure Ian Fogg, analyste chez IHS Insight.

Le succès planétaire du jeu inspiré des petits monstres de Nintendo "donne un avant-goût de la fascination" qu'exercent sur beaucoup ces nouvelles technologies superposant ou mélangeant réel et virtuel, estime Hans-Joachim Kamp, président de la fédération professionnelle gfu, co-organisatrice de l'IFA.

Cela "a le potentiel pour bouleverser beaucoup de nos habitudes, et ce bien au-delà des domaines du jeu et du loisir, la liste des possibilités s'allonge chaque jour", avance M. Kamp.

D'après Goldman Sachs, réalité virtuelle, qui transporte ailleurs grâce à des lunettes spéciales, et réalité augmentée, qui agrémente ce que l'on voit d'éléments virtuels, représenteront d'ici 2025 un marché mondial de pas moins de 80 milliards de dollars, soit la taille actuelle du marché des ordinateurs de bureau.

"Il y a beaucoup d'initiatives industrielles pour le moment mais c'est encore un marché très nouveau", relève Ian Fogg, curieux de voir quels "concepts de réalité virtuelle vont marcher et quels types de consommateurs cela va toucher".

Smartphones, smartwatches et téléviseurs

Par ricochet, la réalité virtuelle et ses besoins d'images de très haute qualité pourrait bien donner un coup de fouet à un marché des smartphones qui s'essouffle.

Or, si casques de réalité virtuelle, drones et autres imprimantes 3D concentreront beaucoup les regards à l'IFA, les smartphones sont, aux côtés des téléviseurs à la définition toujours plus poussée, les traditionnelles grandes stars du salon.

Plus tourné vers le grand public que son concurrent de Las Vegas, le Consumer Electronic Show, qui a lieu en janvier, l'IFA, parcouru l'an dernier par quelque 240.000 visiteurs, donne généralement le ton pour les achats des fêtes de Noël, tant dans l'électronique que dans l'électroménager.

Nombre de groupes internationaux devraient saisir l'occasion pour dévoiler leurs dernières nouveautés à la presse mercredi et jeudi.

Si les rumeurs se confirment, Samsung, grand fidèle de l'IFA, arrivera avec la troisième version de sa montre S Gear, Sony avec des nouveaux smartphones de sa gamme Xperia, Huawei avec une deuxième smartwatch et une nouvelle gamme de smartphones, tandis que le modèle V20 du coréen LG, tournant sous la dernière version d'Android, est aussi espéré par certains.

Apple sera l'absent habituel, mais occupera comme toujours les esprits, d'autant que la septième version de l'iPhone pourrait bien être présentée à San Francisco le 7 septembre, au dernier jour de l'IFA.

La high-tech à tout instant

Dans la jungle technologique, d'autres appareils tenteront d'exister face aux smartphones et tablettes qui sont "devenus suffisamment performants, pour remplacer pour de nombreux clients les appareils photo numériques basiques, les lecteurs de MP3 et les GPS", relève Martin Börner, de la fédération allemande de la high-tech Bitkom.

Objets phare de l'IFA depuis trois ans, les montres connectées devraient encore cette année être mises en avant, alors qu'elles arrivent très progressivement aux poignets.

En Allemagne, 20% des gens ont l'intention de s'équiper d'un objet connecté portable, type montre ou casque, selon un sondage auprès d'un millier de foyers relayé par la fédération gfu.

Si les innovations technologiques ne sont plus aussi révolutionnaires "qu'il y a dix ans, quand nous sommes passés du téléphone portable au smartphone, il y a toujours de très importantes avancées, mais qui ne sont peut-être pas immédiatement visibles", assure Annette Zimmermann, analyste du cabinet Gartner.

La compétition est lancée pour celui qui réussira à régir "les 24 heures de la journée" avec ses produits et des services high-tech. "Cela commence dès le matin à la maison et passe par le travail, le repas de midi, mais aussi le temps libre jusqu'à la nuit, de retour chez soi", explique Mme Zimmermann.

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