Les imprimantes 3D seront au pied du sapin pour Noel

Se fabriquer un sosie chez soi sur son imprimante. C'est possible.
Se fabriquer un sosie chez soi sur son imprimante. C'est possible. - © MARCO BERTORELLO - AFP

C'est pratiquement une certitude, 2016 sera l’année de la 3D. Durant ces 6 derniers mois, le marché mondial de l’impression d’objets a crû de 52%. Et selon le bureau d’études Canalys, cette activité représentera 20 milliards de dollars en 2019. Mais au-delà des chiffres, l’impression d’objets 3D s’insinue dans les foyers. D’ici 5 ans, ce sont toutes nos habitudes qui pourraient en être bouleversées. C’est ce qu’on appelle une technologie disruptive, comme le furent l’arrivée du PC et du téléphone mobile.

Le Bureau Canalys assure que les fêtes de fin d’année seront déterminantes : c’est la première fois que des consommateurs trouveront des imprimantes 3D au pied du sapin. Inutile, bien sûr, de rêver, le prix de départ est encore de 399 euros, mais c’est la moitié du prix de certains smartphones. Ce qui change, c’est que l’impression 3D devient un bien de consommation.

A quoi ça sert ?

Pratiquement, ces imprimantes permettent de tout faire. Des pièces de drone, des appareils dentaires, des chaussures de joaillerie, des pièces de rechange, Et même des maisons. Un Belge a d’ailleurs imaginé une demeure 3D qui se construit par module. Il cherche des investisseurs pour ces maisons destinées aux pays en voie de développement. Et aussi General Electric qui utilise des imprimantes 3D pour réaliser des turbines. Pour Monsieur tout le monde, l’avenir est dans la création et surtout, la fabrication de pièces de rechange: l’hélice du drone du gamin ou la roulette du tiroir de rangement du lave-vaisselle.

Comment ça marche

Imaginez une grosse imprimante de type laser: un cube de 40 cm de côté renfermant un plateau sur lequel se créera l’objet convoité.

Ici, le consommables n’est pas de l’encre, mais une bobine de fil de plastique. Il existe des fils pour créer des objets mous, légèrement flexibles ou durs.

L’objet se copie selon deux techniques. La première consiste à se rendre sur un site pour y télécharger des plans numérisés. Dans notre cas, il existait 8000 produits téléchargeables gratuitement. Des gadgets, des petits vases, des têtes de Dark Vador. Il suffit de cliquer sur OK et l’imprimante se met en marche…

Mais c’est la seconde technique qui est la plus enthousiasmante. Sortira dans quelques jours un scanner à main de 200 euros qui permet de numériser soi-même un objet. Par exemple une pièce de plastique cassée d’un jouet ou d’un électro-ménager. Il suffira de l’imprimer dans la foulée.

Quelques points négatifs

Première critique de ces imprimantes "bon marché": le processus n’est pas rapide. Comptez une petite heure pour un "vase porte-crayon". Mais pendant ce temps, chacun peut vaquer à d’autres occupations.

Ensuite la taille des objets. Moins l’imprimante 3D est coûteuse, plus les objets créés sont petits. Pour 399 euros, le consommateur est limité à de objets de 15 cm de côté. Mais rien n’empêche de créer une pièce de grande taille en associant plusieurs modules.

Pour l’instant du moins, les consommable ne contiennent que du plastique. Il faut savoir que des imprimantes industrielles (beaucoup plus chères) créent des objets en métal et même en aliments.

Enfin, la malédiction du consommable des imprimantes se poursuit: pour 600 gr de matière, comptez de 25 à 30 euros. Ce qui permet, malgré tout, de fabriquer pas mal d’objets. Et impossible d’imprimer en couleur. Pour l’instant..

Cette imprimante a aussi un bon côté énergétique. Elle consomme 75 watt/heure. D’autres consomment bien davantage.

400 euros, ce n’est pas donné…

Pour ce prix, l’achat de l’imprimante 3D demeure un investissement. Nous avons toutefois exhumé nos vieilles factures. En 1995 (il y a 20 ans), une imprimante à jet d’encre couleur de qualité photo  (HP DJ850) coûtait 500 euros. Du fait de l’accélération technologique, la 3D à 200 euros est donc pour bientôt. Et ce concept s’inscrit assez bien dans la civilisation du partage, lorsque nous irons chez notre voisin pour lui demander d’imprimer une poignée de porte défectueuse. Dans un premier temps nous irons sans doute aussi dans des "print shops" qui n’imprimeront plus du papier, mais des objets.

Dans quels magasins?

C’est certainement la première année que les imprimantes 3D ornent les rayons des grandes surfaces, de la Fnac à Cora en passant par Media Markt. Certaines enseignes avaient déjà tenté l’expérience il y a trois ans, mais à près de 600 euros, le public n’avait pas accroché. 399 euros seront-ils l'élément déclencheur? Réponse le 25 décembre.

Parmi les forces en présence figurent notamment MakerBot, capable de créer des objets présentant un aspect bois, métal ou pierre. Ultimaker propose pour sa part des modèles plus chers (3000 euros), mais capables de créer des pièces de 25 cm. XYZPrinting, par ses parts de marché dans le segment de la consommation, est peut-être le futur HP de la 3D avec déjà 22% du marché grâce à ces modèles bon marché.

Il existe aussi un modèle avec trois chambres de production qui combine de la farine, du chocolat et un troisième ingrédient pour réaliser des cookies. Pour l’instant, pas question de cuisiner des aliments chauds, mais imprimer une pizza devrait être possible dans un futur proche.

La 3D sera certainement une révolution technologique, mais sans doute pas une innovation culinaire.

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