Les frais de roaming ont disparu il y a tout juste un an, qu'est-ce que ça change?

La disparition des coûts de roaming a littéralement fait exploser nos consommations de data, depuis un an.
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La disparition des coûts de roaming a littéralement fait exploser nos consommations de data, depuis un an. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La disparition des coûts de roaming a littéralement fait exploser nos consommations de data. Mais pourquoi le Belge est-il toujours à la traîne par rapport aux pays voisins?

Le 1er juillet 2017, le roaming, le fait d’appeler depuis l’étranger (généralement en vacances) était intégré dans nos abonnements standard. La communication n’est pas "gratuite", mais ne coûte pas plus cher qu’une communication ou qu’une connexion internet depuis la Belgique. Et ça a tout changé.

Fini le temps où il fallait éteindre notre smartphone en traversant la frontière pour éviter le "bill shock", l’explosion de facture qui atteignait parfois 2000 euros. Ce processus a mis près de 10 ans à s’imposer, au gré de réductions annuelles successives depuis une époque où un coup de fil à maman depuis Barcelone pouvait coûter 5 euros la minute.

La suppression des coûts du roaming a eu un impact flagrant sur l’usage que l’on fait de notre téléphone. Au début, pourtant, seuls 71% des Européens se disaient au courant de cette relative gratuité.

En France, une étude de l’Arcep (l’IBPT français) a relevé que durant le second semestre 2017 (les premiers 6 mois de suppression des coûts de roaming) le trafic de téléphonie comme le nombre de SMS émis en itinérance ont augmenté d’environ 40% par rapport à la même période en 2016.

En France, le régulateur a pourtant dû taper sur les doigts des opérateurs télécom qui ne faisaient pas obligatoirement bénéficier leurs clients de la nouvelle tarification européenne.

Rien de tout cela en Belgique où les chiffres de l’IBPT, (le régulateur belge des télécom) a constaté, sur un an, une augmentation de la consommation de data en itinérance de 63 %.  

Selon Proximus, deux mois (seulement) après la suppression des frais de roaming, le consommateur belge aurait même multiplié sa consommation de données mobiles par 6. Et on retrouve une proportion comparable chez les autres opérateurs belges…C’est bien plus qu’en France.

Le plus grand consommateur de données mobiles

Selon une étude Ericsson, c’est aux USA que la consommation de données mobile est la plus impressionnante:  7,2 Go de données par mois. Contre 5 Go pour la France et 4 Go pour l’Europe occidentale (données Arcep)

Et les Belges dans tout ça? En 2016 nous en étions à moins d’un giga mensuel de consommation, contre 1,4 giga aujourd’hui. Pourquoi cette différence? Parce que la Belgique dispose d’un très bon réseau Wi-Fi qui permet d’éviter de passer par la 4G avance l’IBPT.

Mais cette consommation explose aussi chez nous: près de 50% de data en plus en un an.

Si bien qu’au niveau européen, d’ici 2023 la croissance annuelle sera de l’ordre de 36%. Chaque consommateur devrait atteindre une consommation moyenne de données mobile de 25 Go par mois. La moitié des Etats-Unis.

Et le responsable est …

Cette perspective de croissance fulgurante porte un nom: la 5G.  La nouvelle norme ne changera rien aux communications vocales, mais nous fera entrer dans un autre univers de communication. La 5G va se généraliser à partir de 2020, date officielle de sa commercialisation. La norme permet d’accélérer la vitesse d’échange, de réduire le temps de latence (l’interaction entre deux appareils). Mais surtout, cela va permettre la connexion en temps réel de tous les appareils connectés : montre, enceintes intelligentes reliées à la domotique du foyer et voitures intelligentes. Selon l’étude d’Ericsson, d’ici 2023 il y aura 3,5 milliards de connexion IoT (Internet of things). Ce sont donc bien nos objets qui vont faire exploser notre forfait.

L'équivalent de 10 heures de streaming en Full HD par abonné

L'apparition de nouveaux formats de contenus mobiles devrait également contribuer à l'explosion de la consommation de données mobiles. Ericsson met en avant les jeux en réalité virtuelle ou en réalité augmentée,

Au final, le trafic total des données mobiles serait multiplié par 8 en 5 ans. Chaque mois, cela représenterait l'équivalent de 10 heures de streaming en Full HD par abonné dans le monde. Enfin, en 2023, plus de 20 % du trafic de data dans le monde transiterait par les réseaux 5G. Ce qui représente une hausse de 1,5 fois le trafic total actuel.

Appeler l’étranger depuis la Belgique n’est pas (du tout) gratuit

Il faut le répéter: appeler depuis son mobile en Belgique vers un pays d’Europe n’est pas du roaming et peut coûter un euro la minute. Mais cela aussi va changer. L’Union européenne veut mettre fin à ce surcoût.

Des discussions sont en cour, et les opérateurs télécom vont se battre pour se faire entendre. Selon eux, la gratuité du roaming les a privés de revenus importants.  Pour certains pays comme l’Italie ou l’Espagne, cette perte est plus que compensée par[jcv1]  le grand nombre de touristes qui visitent leur pays et paient donc la connexion aux opérateur locaux. La France atteint l’équilibre, mais Proximus assure que La Belgique est loin du compte: il y a plus de Belges qui se rendent à l’étranger que d’étrangers qui viennent visiter la Belgique. Le débat risque donc de durer de longs mois. Rome ne s’est pas faite en un jour.

 

 

 

 

 

Fin du roaming mais hausse des tarifs ? au JT 19h30 du 25/05/2018

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