Les fake news de 2018 vous ont pris en traître? Débusquez celles de 2019

Pour déceler une fake news, il faut remonter à ses origines.
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Pour déceler une fake news, il faut remonter à ses origines. - © MIGUEL SCHINCARIOL - AFP

Les "fake news" – ou junk news- sont ces fausses informations volontairement truquées. En Allemagne ont les nomme "Lügenpresse". Un vrai phénomène de société qui pousse certains internautes à revendiquer aujourd’hui le ‘droit’ aux fake news. Ils appellent cela de la réalité alternative. Et, selon eux, les sites de ce genre pratiquent de la "réinformation". Une sorte de vérité à géométrie variable. 

La fake news, pas un perdreau de l’année

Les campagnes de fausses infos n’ont pas attendu internet pour se répandre. Vous vous souvenez peut-être du SIDA qui, (dans les années 80), avait été présenté comme un virus développé par l’armée américaine pour mieux "contrôler" la population mondiale.

Plus grave (aujourd’hui), près de 10% de gens estiment qu’il "est possible que la Terre soit plate). Et Lady Di a été assassinée par la famille royale. Il y a eu aussi les prétendues armes de destruction massive irakiennes, une fake news qui a permis à George Bush (junior) d’attaquer l’Irak en 2003.

Comment identifier une fake news?

Pour déceler une fake news, il faut remonter à ses origines:

-D’abord, retrouver la source de l’info. Souvent, la fake news, évoque une source prestigieuse sans la préciser. Par Exemple: "Selon le professeur Trucmuche de l’université d’Oxford, Charles Michel est de nationalité Nord-Coréenne". Si cette source existe, il est très facile de taper dans un outil de recherche le nom du Premier ministre associé à l’université en question. Et bien sûr, cette source, ni le nom du savant, ne sont associés à cette information. C’est une fake news

-Ensuite, sur les réseaux sociaux, s’assurer que le compte d’où vient le prétendu " scoop de l’année " est bien le compte officiel de la personne indiquée. Sur Twitter Un petit "v" bleu figure sur les profils légitimes. Vous verrez ainsi qu’il existe plusieurs comptes twitter de Donald Trump. Mais certains ne comptent que quelques milliers d’abonnés. Ce sont de faux sites.

Pour retrouver l'origine d'une phrase " extraordinaire ", vous pouvez aussi simplement taper cette phrase dans Google en la mettant entre guillemets. Et voir si elle est citée par plusieurs sources. (Macron aurait dit: " je vous ai compris". Dans ce cas précis, ce n’est pas un fake, mais plutôt un plagiat. Il a repris la formule du Général de Gaulle. 

Le fausse nouvelle peut aussi avoir pour origine la mauvaise traduction d’une info réelle. Ici on évoque souvent le cas de cette Autrichienne qui avait porté plainte contre ces parents pour avoir publié des photos d’elle bébé… En réalité, ce n’était que la mauvaise traduction (sans doute avec Google translate) d’un article rédigé en allemand. Le problème est que les sites publient rarement la rectification d’une info erronée.

Ensuite, faites parler les photos

Une photo peut être fausse, mais (le plus souvent), elle est vraie, et utilisée dans un autre contexte. On l’a vécu ces dernières semaines avec des vidéos montrant des CRS prêts à frapper des gilets jaunes assis sur la route, ou d’autres CRS en train de cacher des manifestants blessées. AFP a pu prouver que ces images avaient été prises en Espagne dans le premier cas, et lors de la Cop21 (en 2015) dans le second cas. 

Il y a plusieurs techniques pour identifier une photo. La première est d’utiliser Google Imageil  suffit de faire un clic droit sur une photo et de choisir "rechercher une image avec Google". …On peut aussi utiliser des moteurs de recherche inversée comme Tineye. Qui va remonter dans le temps pour rechercher à quand remonte cette photo et dans quel contexte.

Et maintenant, les données Exif des photos. Les photos contiennent sans leurs métadonnées des tas d’infos sur l’appareil photo et la prise de vue réalisée. Mais surtout, elles révèlent la date du cliché, voire les données GPS, c'est-à-dire le lieu où a été prise la photo. Plusieurs outils sont disponibles pour accéder à ces données majeures. L’un d’eux est Jeffrey’s Image Metadata Viewer. Il ne demande que l’URL de la photo. Il peut aussi exploiter une photo qui se trouve sur un disque dur. Une alternative est Metapicz.com, qui ne semblait pas accessible lors de notre dernier test. Et enfin Foto forensics, qui, fait la même chose que les précédents, mais indique, en prime, si la photo d’origine a été modifiée. Son usage est un peu complexe.

Amnesty International propose aussi un outil  (citizen evidence)  qui permet de savoir quand une vidéo a été mise en ligne sur YouTube. Mais ça ne fonctionne que pour la thématique des droits de l’Homme. Par exemple des vidéos sur des migrants.

Dans un mode beaucoup plus compliqué In Video Veritas promet de pister des vidéos pour connaître leur origine, et voir qui les a publiées, notamment dans les réseaux sociaux.

Pas de loi sur les Fake news

En France, Il existe bien une proposition de loi sur les fausses nouvelles. Mais elle en est au tout début de la procédure législative. Même chose en Allemagne. En Belgique, il n’y a pas et il n’y aura pas de loi. Alexander De Croo (en charge de l’agenda numérique dans le précédent gouvernement) a demandé un avis à un groupe d’experts. Leur conclusion est qu’il ne faut pas de législation répressive (ni de censure) mais plutôt de l’éducation aux médias pour permettre aux citoyens de mieux identifier la désinformation”.

Les sites parodiques sont aussi des usines à fake news ?

On connaît le Gorafi en France, ou nordpresse en Belgique. Ce sont des sites de satires… Le plus ancien est TheOnion.com. Sa version papier remonte à 1988. Il y a aussi Secretnews, un site très drôle, parfois trash.  

Plus près de nous, Calaisfaitsdivers a, voici peu, créé une pétition " pour l’annexion de Calais à la Belgique ". Il titrait dernièrement sur: un prêtre colombophile mis en garde à vue. "

Le problème est que ces sites publient aussi des infos réelles. Et c’est là que des internautes crédules peuvent interpréter et rediffuser comme vérités, des infos qui ne sont que des blagues. 

Et les canulars, c'est de l'info?

Souvent, ce sont de fausses infos diffusées (involontairement) par des amis. Comme, par exemple celle sur les GSM qui font exploser les stations d’essence. Ou ses messages SMS demandant de répondre par "#777" pour accéder secrètement à votre téléphone. Pour éviter ce genre de légendes urbaines, visiter le site (ancien mais toujours efficace) hoaxbuster.com. Vous tapez une phrase de cette rumeur dans Hoaxbuster et vous retrouvez le texte entier qui est parfois une vieille rumeur datant de 3 ou 5 ans. On retrouve même l’historique de cette mauvaise blague. Bref, vous jouez les Sherlock Holmes. Et ça, c’est gai.

 

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