Les enceintes intelligentes seront-elles nos futurs majordomes numériques?

Les enceintes intelligentes seront-elles nos futurs majordomes numériques
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Les enceintes intelligentes seront-elles nos futurs majordomes numériques - © Tous droits réservés

Quelles sont donc ces enceintes "intelligentes" censées changer notre vie? Sont-elles utiles? Efficaces? Abordables? Et surtout, sont-elles disponibles en Belgique? On vous dit tout.

Les enceintes intelligentes servent, d’abord, à commander notre environnement musical par des ordres vocaux. Ensuite, elles permettent de poser des questions plus générales du type ‘Quel temps fera-t-il demain?’ ou  ‘Quel sont mes rendez-vous de la journée’. Et enfin l’enceinte intelligente permettra de contrôler vocalement notre intérieur: ‘Allume le lave-vaisselle à 21H’ ou ‘enregistre le documentaire Auvio sur les dangers des pics d’Ozone’.

Ces enceintes à intelligence artificielle piloteront aussi vocalement les objets connectés que sont les thermostats, lampes et autres caméras de surveillance. A moyen terme, ce seront de vrais 'majordomes numériques'. Mais pour cela, les plus évoluées de ces enceintes (installées dans le salon) vont écouter en permanence tout ce qui se passe autour d'elles pour détecter le mot clef de chaque plate-forme : "Alexa" pour Amazon, "OK Google" ou "Siri" pour Apple. Avec les risques que cela peut entraîner.

Un marché naissant

Le phénomène est assez neuf. Pratiquement inconnues avant 2016, les enceintes se sont rapidement invitées dans les foyers, américains dans un premier temps. Fin 2017, 39 millions d’entre eux possédaient déjà une enceinte intelligente. En 2020, ils seront 140 millions, soit un 1 Américain sur 5. L’Asie et l’Europe suivent (The Smart audio report).

Si l’on s’en tient aux chiffres de 2017: deux leaders se partagent le marché: Amazon avec 70% des enceintes connectées sur le marché américain. Et Google (23%). Apple et Microsoft sont à peine arrivés dans la course.

Les plus intéressés par l'achat d'une enceinte connectée intelligente seraient les consommateurs d’Asie et du Moyen-Orient (près de 70%). En Europe cela tombe à 47%.

Ces enceintes intelligentes utilisent-elles la même technologie ?

Et bien non. Derrières ces ‘concierges domestique’ se cachent des assistant vocaux chargés d’exécuter des ordres vocaux. Mais comme chaque assistant repose sur une plateforme de programmation spécifique, les développeurs doivent choisir leur plateforme …Et les clients aussi.   

Il y a d’un côté Apple et son univers cloisonné. Comme toujours. Les deux autres technologies -Amazon et Google- se veulent, elles, agnostiques et sont capables de fonctionner avec iOS ou Android et bon nombre de services de musique en streaming. Mais la guerre se fait à couteaux tirés. En 2017, Google empêchait les enceintes Alexa de lancer des vidéos YouTube. C'est dire l'ambiance. Il n’existe donc pas de standard universel. A terme, il devrait en rester 3 ou 4.

Par quoi se distinguent les assistants vocaux?

Très clairement par l’ADN de leur entreprise. Ainsi, Alexa, (l’assistant d’Amazon) fonctionne très bien comme "agent commercial". Il est super efficace pour vous faire tout acheter sur… Amazon bien sûr.

Chez Apple, l’enceinte HomePod donne la priorité à la musique (45 millions de titres sur Apple Music). Dans ce créneau musical, Apple a un nouveau concurrent : Sonos, dont le Beam (c’est son nom) est une barre de son de 60 cm que l’on peut placer devant son téléviseur et qui obéit également aux ordres vocaux.

On trouve enfin Google dont l’assistant serait le plus intelligent en matière de recherche. Lors d’un test, Google Home a pu répondre à 68% des questions posées, contre 20 % pour Amazon. Cortana et Siri se positionnant entre les deux extrême.

Déjà en Belgique?

Oui et non. Un assistant numérique doit parler votre langue. En l’occurrence le français. C’est chose faite depuis peu pour l’enceinte de Apple, disponible en France depuis le 18 juin. C’est aussi le cas pour Google depuis 2017. Mais pour les internautes belges, il faudra attendre jusqu’à la fin de cette année pour que l’entièreté des plateformes soit disponible chez nous sur les différents appareils "intelligents". Notamment pour Cortana de Microsoft. La RTBF a toutefois pris les devants en permettant dès maintenant d’écouter La Première, Vivacité et Classic 21 en direct ou à la demande via le service vocal d’Amazon (Alexa). Suivront Musiq’3, Pure et Tarmac.

Et si l’on parlait gros sous ?

On trouve des enceintes intelligentes basiques de 50 euros, mais pour vraiment profiter de l’intelligence artificielle, le montant de l’étiquette monte rapidement. A son lancement, L’Amazon Alexa coûtait près de 500 euros, mais Amazon à lancé une guerre des prix lorsqu’est apparu le Home Pod de Apple (à 349 euros) en juin dernier. Il faut aussi compter 499 euros pour le Beam de Sonos.

Les enceintes intelligentes selon Jean-Paul Gaultier

Et notre vie privée dans tout cela?

C’est une vraie question. Tout simplement parce que les requêtes (les questions) posées aux enceintes intelligentes ne sont pas traitées localement, mais dans le cloud, sur les serveurs de Google, Amazon et autres. Par ailleurs, des enceintes ont enregistré des conversations à l’insu de leurs propriétaires. Un risque d’autant plus grand que l’ordre vocal, qui est le mode d’interaction le plus naturel, peut entraîner à poser des questions sans le savoir.

Il est donc prudent de couper l’appareil lorsqu’on ne l’utilise pas. Ce qui réduit d'autant sa fonctionnalité. Et comme le remarquait le Laboratoire d’Innovation de la CNIL (le régulateur français des télécoms, équivalent de notre IBPT), les enceintes intelligentes n’ont souvent pas de bouton On/Off.

Il est aussi imprudent de laisser les enfants seuls face à une enceinte. Et n’oubliez pas de prévenir vos invités de la présence de ces enceintes dans votre salon. Comme vous le feriez pour une caméra de surveillance.

>>> À lire aussi : Les enceintes connectées entrent dans nos maisons, au détriment de notre vie privée?

Ces enceintes intelligentes vont-elles réellement percer?

Fort probablement. Le bureau d’études ComScore estime que d’ici deux ans, 50 % de toutes les recherches se feront via la technologie vocale.

De son côté, le magazine économique Forbes assure que ces enceintes sont le seul moyen de centraliser le contrôle de tous les appareils qui se trouvent à domicile. 2019 devrait donc être l’année des enceintes intelligentes. Pour ceux (bien sûr) qui pourront se les offrir.

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