Les données numériques ne sont pas éternelles

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La masse des données numériques à stocker et à archiver connaît une expansion considérable. Mais les supports actuels d'archivage, comme les DVD-R et même les Blu-Ray, se dégradent rapidement. Les stratégies de sauvegarde deviennent cruciales.

On croit trop souvent -et à tort- que l'archivage de nos données personnelles ou professionnelles sur des disques durs, des CD ou des DVD-R leur garantit la vie éternelle. On pense que, rangés dans les tiroirs du bureau, il suffira de les sortir de leur boîtier dans quinze ou vingt ans pour montrer nos photos de vacances à nos petits-enfants... Et là ce sera peut-être le drame : les données et les souvenirs que nous avions cru à tout jamais préservés des affres du temps auront été effacés sans aucune possibilité de les récupérer.

Mais il n'y a pas que des photos de vacances qui risquent de faire les frais de l'usure du support : fichiers médicaux, données bancaires, archives administratives... Ça devient vite plus inquiétant.

Cette perspective, c'est très exactement ce contre quoi un rapport de l'Académie des sciences et des technologies entend mettre en garde, et auquel le Monde fait écho.

"Nos sociétés génèrent des masses toujours plus grandes d'informations, alors que la durée de vie des supports disponibles pour la conserver n'a jamais été aussi courte. Si ce problème est correctement pris en compte dans quelques organismes publics spécialisés, il est très largement ignoré du grand public ainsi que de la majorité des institutions ou entreprises", souligne ce rapport. "Beaucoup d'informations personnelles, médicales, scientifiques, techniques, administratives, etc. est en danger réel de disparition", indiquent les trois auteurs de l'étude Jean-Charles Hourcade, Franck Laloë et Erich Spitz.

Explosion du volume des données numériques

De cinq à dix ans de sécurité de sauvegarde pour  une masse de données passée, en cinq années à peine, de 1,5 à 281 milliards de gigaoctets selon l'Unesco, voilà qui donne le tournis...

Certaines institutions, dont des banques, mais aussi la Bibliothèque Nationale de France ou l'Institut National de l'Audiovisuel, ont pris le parti de recopier fréquemment leurs données vers de nouveaux supports, dans une sorte de migration perpétuelle. Sans doute la seule solution fiable à court terme dans l'attente de nouveaux supports plus fiables et plus durables. Mais pour les ménages et pour les PME, le coût d'une telle pratique pourrait vite s'avérer astronomique, d'autant que le volume de données à sauvegarder ne cesse de croître.

Il faut donc d'urgence, préconise ce rapport, établir une politique d'archivage numérique qui tienne compte de tous les paramètres, dont le coût, les alternatives, les tests de fiabilité et la labellisation des supports les plus durables. Il faut aussi, bien sûr, favoriser l'innovation et la recherche.

Car certains supports s'avèrent prometteurs, en dépit de leur prix encore élevé. Ainsi, le Century Disc ou encore le disque holographique laissent entrevoir des solutions. Encore faut-il rendre ces techniques tout à fait fiables et, surtout, les rendre accessibles au plus grand nombre.

Thomas Nagant

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