Les deux journalistes français de RFI enlevés au Mali ont été tués

A peine la France s'est-elle réjouie de la libération de ses ressortissants otages au Niger qu'elles'est retrouvée confrontée à une nouvelle prise d'otages. Ce nouvel enlèvement a une issue tragique puisque le décès des deux journalistes, qui a dans un premier temps été qualifié de "spéculations", vient d'être officiellement confirmé par le Ministère français des Affaires étrangères.

Le président de la République "a appris avec consternation" leur mort et "exprime son indignation à l'égard de cet acte odieux", a indiqué le palais de l'Elysée dans un communiqué. Il "s'associe à la douleur des familles" et "adresse un message de solidarité à toute la rédaction de RFI".

François Hollande réunira dimanche matin les ministres concernés "pour établir précisément, en lien avec les autorités maliennes et les forces de l'ONU, les conditions de ces assassinats". L'heure de cette réunion n'a pas encore été précisée. Samedi soir, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste, a annoncé une source judiciaire.

Enlevés samedi, probablement par des Touareg

Les deux journalistes se trouvaient en reportage à Kidal pour une opération spéciale de RFI au Mali prévue jeudi prochain. C'était leur deuxième mission dans cette ville, fief touareg en partie contrôlé par les rebelles. Ils s'étaient déjà rendus à Kidal en juillet pour couvrir le premier tour de l'élection présidentielle.

Selon RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés par des hommes armés à 13h00 locales devant le domicile d'Ambéry Ag Rhissa, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) qu'ils venaient d'interviewer. Selon son témoignage cité par RFI, M. Ag Rhissa a vu les ravisseurs qui étaient "enturbannés et parlaient tamachek", la langue des Touareg.

"Quand il sont partis, j'ai entendu un bruit bizarre dehors, je suis tout de suite allé voir et quand j'ai ouvert ma porte, un homme enturbanné a braqué une arme sur moi et m'a dit "Rentre tout de suite chez toi!", a déclaré Ambéry Ag Rissa, contacté par téléphone. "Je n'ai pas pu voir combien d'hommes étaient là, je n'ai distingué que le capot de la voiture des journalistes", a-t-il ajouté.

"Quelques minutes après le début de la poursuite des ravisseurs des deux Français, on nous a informé que leurs corps ont été retrouvés criblés de balles à l'extérieur de la ville", a déclaré Paul-Marie Sidibé, préfet de la localité de Tinzawaten, qui est basé à Kidal. Selon une source de la sécurité malienne, les journalistes ont été tués à une dizaine de kilomètres à l'extérieur de la ville.

 

 

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Les deux journalistes français de RFI enlevés au Mali ont été tués © Tous droits réservés

Kidal, ville située à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako, près de la frontière avec l'Algérie, est le berceau de la communauté touareg et de sa rébellion du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

Ghislaine Dupont, journaliste expérimentée spécialiste de l'Afrique à RFI depuis des années.Claude Verlon était lui un technicien spécialisé. Tous deux étaient déjà venue faire des reportages dans cette ville lors de la présidentielle de juillet-août au Mali.

Marie-Christine Saragosse, la PDG de France Médias Monde, groupe auquel appartient RFI, s'est dite partagée entre tristesse etcolère. Elle a rappeléque la liberté d'informer était encore une véritable conquête. Mais qui ne fallait pas baisser les bras "devant ces barbares qui essayent de nous clouer le bec". Ses pensées vont aux familles des deux reporters.

RTBF

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