Les couvertures de magazines qui ont marqué la 1re année de Trump au pouvoir

Lors de sa première année au pouvoir, Donald Trump a souvent été caricaturé en Une des magazines.
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Lors de sa première année au pouvoir, Donald Trump a souvent été caricaturé en Une des magazines. - © The New Yorker - Time Magazine - Der Spiegel - The Economist - Stern

Les partisans de Donald Trump ne manquent pas de le rappeler: le président des Etats-Unis n’a pas droit à une couverture médiatique aussi favorable que celle réservée par le passé à Barack Obama.

En un an au pouvoir, l’actuel locataire de la Maison Blanche s’est retrouvé plusieurs fois à la Une des magazines du monde entier. Avec un fil rouge : dénoncer les travers de sa politique. Tour d’horizon des couvertures les plus partagées sur les réseaux sociaux. Que disent-elles de l’image véhiculée par Donald Trump ? À quels événements font-elles référence ?

The New Yorker

Le magazine américain a consacré plus d’une dizaine de Unes au président américain depuis son investiture. Connu pour ses articles de fond et ses enquêtes – la révélation de l’affaire Weinstein, c’est eux – le New Yorker cultive la critique envers Donald Trump. Au point de gagner plusieurs centaines de milliers d’abonnés dans les mois qui ont suivi son élection.

Les couvertures du New Yorker deviennent souvent virales sur les réseaux sociaux. Toujours dessinées, elles portent un message politique fort. "Trump inspire les artistes, expliquait Françoise Mouly, directrice artistique du New Yorker dans l’émission "Envoyé spécial" sur France 2 en octobre 2017. Ils cherchent tous l’image qui nous donnera le summum de Trump. Mais on ne peut pas réduire Trump à une seule image. C’est peut-être pour ça qu’il y en a tellement."

Et quand Donald Trump n’est pas présent à l’image, son ombre plane. Comme sur cette couverture de février 2017. Quelques jours plus tôt, le président américain annonçait qu’il comptait interdire les ressortissants de certains pays "musulmans" d’entrer sur le territoire des Etats-Unis.

Le dessin de John W. Tomac sonne comme un regret. "La torche de la statue de la Liberté accueillait les immigrants. C’était le symbole des valeurs américaines. Maintenant il semblent que nous éteignons cette lumière", estimait l’artiste après la publication de cette Une.

Time Magazine

"Je pense que nous détenons le record (du nombre de Unes) de l’histoire du magazine Time", déclarait Donald Trump lors d'un discours devant des employés de la CIA. Faux… Comme le rappelle le Time dans une vidéo : c’est Richard Nixon (président de 1969 à 1974) qui arrive en tête avec 43 couvertures contre une quinzaine pour Trump.

Il n’empêche, depuis le lancement de sa campagne présidentielle, Donald Trump s’est retrouvé une quinzaine de fois en première page de Time. Un an après l’investiture, voici un dessin où la chevelure présidentielle prend la forme d’une allumette… de celles qui mettent le feu aux poudres.

Sur le site internet de Time Magazine, le dessinateur Edel Rodriguez explique qu’il a reçu la consigne de faire référence au livre polémique de Michael Wolff, "Fire and Fury", ainsi qu’à la promesse américaine de répondre à la Corée du Nord par un déluge de feu. "Nous vivions dans un pays stable, souligne l'artiste. Et maintenant vous vous réveillez tous les jours en nous demandant où va démarrer le prochain incendie, où nous devons aller (…) C’est comme s’il fallait toujours essayer de contenir ce président, comme un incendie qui se déplace d’un endroit à l’autre en permanence."

>>> A lire aussi : Donald Trump désigné "Personnalité de l'année" 2016 par Time
 

Une vidéo de Time Magazine expliquant le processus de création derrière la Une du 27 février 2017

Der Spiegel

Un dessin de Donald Trump tenant dans la main gauche un couteau et dans la main droite la tête de la statue de la Liberté. Un slogan : "America first" ("L’Amérique d’abord"). Le dessinateur ? Encore Edel Rodriguez, l'artiste qui a réalisé plusieurs couvertures pour l'américain Time. En février 2017, le magazine allemand "Der Spiegel" divise l’opinion.

Le tabloïd allemand Bild y voyait une comparaison directe avec le Britannique Mohammed Emwazi, connu sous le pseudonyme de "Jihadi John", vu dans plusieurs vidéos de décapitation d'otages du groupe terroriste État islamique.

Pour Die Welt, journal conservateur appartenant au groupe Axel Springer, Der Spiegel a "dévalorisé le journalisme".

"Der Spiegel ne veut provoquer personne, a alors réagi Klaus Brinkbaeumer, rédacteur en chef de la publication cité par l’agence Reuters. Nous voulons montrer de quoi il s’agit. Il est question de démocratie, de liberté, de liberté de la presse, de liberté de la justice. Tout ça est sérieusement mis en danger. Nous défendons la démocratie."

Stern

Au cœur de l’été 2017, le 12 août, des affrontements entre groupes d’extrême droite et militants anti-racistes font plusieurs morts à Charlottesville (Etat de Virginie). Les réseaux sociaux s’enflamment, la communauté internationale s’inquiète.

Le président américain est alors pointé du doigt pour sa lenteur à condamner les violences. De quoi focaliser l’attention sur les liens entre Donald Trump et les suprémacistes blancs américains.

De là à le qualifier de "nazi" ? Le magazine allemand Stern saute le pas avec un montage photo publié le 24 août. On y voit Donald Trump vêtu d’un drapeau américain, en pleine "reductio ad hitlerum". En guise de titre, deux mots qui ne laissent aucun doute sur la comparaison avec Adolphe Hitler : "Son combat". Et ce sous-titre : "Néo-nazis, Ku Klux Klan, racisme : comment Donald Trump attise la haine aux Etats-Unis."

The Economist

En Grande-Bretagne aussi, Donald Trump s’attire les critiques de la presse. Là encore, c’est le drame de Charlottesville qui est mis en avant. La capuche blanche des membres du Ku Klux Klan – que le New Yorker avait transformé en voile de bateau – devient un porte-voix. Sur le site internet du magazine, le dessin est accompagné de cette légende : "Donald Trump ne comprend pas ce que c’est que d’être président."

Jon Berkeley, l’artiste irlandais à l’origine du dessin, raconte au Huffington Post qu’il a d’abord fait une recherche sur internet pour voir si l’idée du mégaphone avait déjà été exploitée. "Je n’ai rien trouvé de semblable (donc) j’ai envoyé le dessin – accompagné de quelques autres idées – à The Economist."

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