Les assassinats de journalistes restent impunis dans neuf cas sur dix

L'Unesco a décrété le 2 novembre "Journée internationale contre l'impunité pour les crimes contre les journalistes", en hommage aux Français tués le 2 novembre 2013 au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Depuis 2006, 1010 journalistes et professionnels des médias ont été assassinés et dans 9 cas sur 10, les meurtres restent impunis. Interrogé sur La Première, Philippe Leruth, président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) explique que "quand on assassine un journaliste ce n'est généralement pas par hasard". Il cite les cas récents en Europe de la journaliste Daphne Caruana Galizia tuée à Malte dans l'explosion de sa voiture alors qu'elle travaillait sur des dossiers de corruption, d'un journaliste et de sa fiancée qui enquêtaient sur le crime organisé et qui ont été tués en Slovaquie, et de la journaliste bulgare Viktoria Marinova qui a été violée et assassinée alors qu'elle travaillait sur des affaires de corruption. "Vous imaginez bien que, dans les pays concernés, les journalistes qui travaillent sur les mêmes sujets vont y regarder à deux fois avant de reprendre les enquêtes interrompues".

Autocensure galopante

"Nous sommes des êtres humains, nous ne sommes pas des héros. Il faut être drôlement gonflé pour reprendre des enquêtes au péril de sa vie et au péril de la vie de ses proches. Le résultat de tous ces assassinats c'est une autocensure galopante" précise-t-il.

Ces dernières années, les pays les plus dangereux au monde pour les journalistes étaient le Mexique et la Colombie, poursuit Philippe Leruth. Et 9 journalistes sur 10 qui sont assassinés dans le monde sont des reporters locaux, pas des grandes vedettes. Et leurs morts ne font pas la une des médias.

La FIJ défend à l'ONU un projet de convention "qui obligerait les Etats à faire rapport une fois par an sur la manière dont ils luttent contre l'impunité dont bénéficient les assassins de journalistes. Le projet vise à créer un corps d'experts indépendants qui auraient la capacité d'enquêter sur les assassinats de journalistes dans le monde entier, en partant du principe qu'un assassinat de journaliste est une atteinte à la liberté de la presse" conclut Philippe Leruth.

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