Leni Huyghe, un nouveau talent belge découvert à Cannes, à la Cinéfondation

Leni Huyghe sur la terrasse de la Cinéfondation au Palais des Festivals à Cannes
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Leni Huyghe sur la terrasse de la Cinéfondation au Palais des Festivals à Cannes - © RTBF

"Matteus" de Leni Huyghe est l’un des 15 films (courts-métrages et moyens métrages) retenus par la Cinéfondation au Festival de Cannes dont le but est de révéler de nouvelles générations de cinéastes. Plus de 1700 projets avaient ainsi été envoyés par 320 écoles de cinéma à travers le monde.

Originaire de Gand, Leni Huyghe a d’abord obtenu son diplôme de sciences-politiques avant de se lancer dans des études d'art audiovisuel à Sint-Lukas, il y a 4 ans. Agée aujourd’hui de 26 ans, elle est à Cannes avec son travail de fin d’étude, "Matteus".

Un court métrage dont l’histoire est celle de Nico et Alice qui déménagent à la campagne avec leur fils de 10 ans, Mateo. Alors qu'ils sont occupés à la rénovation de leur nouvelle maison, le petit Mateo semble être emporté dans une étrange malédiction.

"Matteus" nous replonge dans ces films des années 80’, début 90’, que l’on pouvait découvrir le vendredi soir à la télévision. L’ambiance des "Damien", des "Exorcistes" et de "Shining" y sont fort présents. Notamment au travers d’une scène où Matteo et sa maman se promènent dans un bois lorsque, tout à coup, trois filles, tenant chacune un chien féroce en laisse, apparaissent devant eux.

Bref, un début très prometteur pour cette jeune femme qui a réussi à trouver des acteurs convaincants et qui avoue avoir hurlé quand elle a découvert le mail lui annonçant sa sélection à Cannes.

Un point de départ très spirituel

Rencontrée sur une terrasse du Palais des Festivals, elle nous explique d’où lui est venue cette idée : "Je ne suis pas baptisée, je viens d'un endroit non religieux et je pense que cela vient de là. A l'âge de 6 ans, quand il a fallu choisir en primaire entre les études de religion ou de moral, j’ai appris des prières comme la Vierge Marie et à ce moment-là, j’ai demandé à mon père pourquoi je n’étais pas baptisée et si je pouvais encore l'être. Mon père a répondu : ‘Si tu veux, tu peux, mais c'est toi qui dois choisir. Par ailleurs mon grand-père, qui est mort il y a 5 ans, ne voulait pas être mon parrain parce que je n’étais pas baptisée. Mais je ne l’ai appris qu’après sa mort et cela m’a touché. Ce film vient donc un peu de tout cela".

Cette sélection à la Cinéfondation lui donne confiance : "J’ai vu les autres films et le niveau est si haut, tu te dis que tu es là, que tu fais partie des 15 personnes retenues pour leur talent dans le monde, c’est incroyable". Et d’ajouter : "J’ai jamais trouvé de créativité dans les sciences politiques, ici oui. J’aime vraiment trop faire des films !"

Enfin, quand on lui demande si elle pense que c’est un avantage d’avoir Jean-Pierre Dardenne comme président du jury, elle répond : "C’est ce que tous les autres me disent mais moi je ne pense pas".

Verdict ce vendredi après-midi à 16h30.

 

C. Biourge

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