Le smartphone: un outil pour gérer les mouvements de foule

La majorité de la population possède un smartphone en poche
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La majorité de la population possède un smartphone en poche - © Ethan Miller - AFP

Une foule compacte, une rumeur qui se propage, un mouvement de panique: le drame est vite arrivé. Ce scénario du mouvement de foule, c'est clairement le cauchemar de tous les organisateurs de grands événements. Un groupe de recherche de l’École polytechnique de Bruxelles (ULB) développe en ce moment un système de surveillance très prometteur. Tout est basé sur un objet présent dans de nombreuses poches: un smartphone qui cherche à se connecter à un wi-Fi.

Sur cette carte, on distingue le tracé des Plaisirs d'Hiver à Bruxelles mais surtout la densité plus forte (en rouge) à certains endroits.

En juillet se tenait un autre événement: le retour des Diables Rouges sur la Grand Place de Bruxelles. Les rues étaient bondées. L'accès à la place a été limitée à 6.000 personnes. Pourquoi ? Parce qu'au-delà d'un certain nombre de personnes au mètre carré, un seuil critique est atteint. Il commence à y avoir des "turbulences, des risques de chutes et d'écrasement" explique François Horlin, professeur en télécommunications à l’École polytechnique de Bruxelles (ULB).

Généralement, dans les grands événements, des responsables sont engagés pour surveiller visuellement la situation. Lorsque la foule est trop dense, l’accès à la rue, à l'événement est barré. Ce travail nécessite beaucoup de ressources et de concentration tout au long de l'événement. "Des fois, l'événement est décentralisé. C'était le cas sur la Grand Place. Les rues qui la bordent sont bondées. Plusieurs personnes doivent prendre séparément une décision dans chaque rue et ce n’est pas spécialement optimal" estime François Horlin.

Des capteurs doivent être placés dans l'événement

Comment cela marche ? Pour recevoir ces signaux wi-Fi, des capteurs sont placés aux endroits critiques. "On peut, grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, prédire la densité dans les prochaines minutes, voire dizaines de minutes. Il s'agit d'une extrapolation, évidemment, puisque tout le monde ne porte pas un smartphone ou n’a pas son wifi activé sur l’événement.

Le groupe de recherche travaille avec Proximus et Brussels Major Events, organisateur bruxellois, notamment du Brussel Summer Festival ou des Feux de Laeken. Le groupe de l'ULB dispose d'un financement de Innoviris, cellule d'encouragement de la recherche scientifique à Bruxelles. Le système continuera à être testé, majoritairement à Bruxelles. Un grand rendez-vous sera le départ du tour de France dans la capitale de l'Europe en 2019. On parle de millions de personnes supplémentaires dans la capitale.

Autre question sensible liée à cette surveillance de mouvement: la protection de la vie privée. Pour le comptage, le système ne fait pas appel à des caméras, jugées moins fiables en cas d’obscurité ou de pluie. Les données des téléphones, elles, seront anonymes.

Le projet n'a pas encore de nom officiel. Si elle fait ses preuves, l'application ne pourrait pas être utile que pour les grands événements. Certains centres commerciaux ou encore aéroports pourraient y trouver un intérêt.

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