Le salon IFA de Berlin, technologies, marketing et gadgets  

Le salon IFA de Berlin, la ville qui sait entretenir son image.
7 images
Le salon IFA de Berlin, la ville qui sait entretenir son image. - © TOBIAS SCHWARZ - AFP

Les amateurs de gadgets électroniques sont heureux. Depuis ce matin et jusqu’au 7 septembre, l’IFA de Berlin, pendant européen du CES de Las Vegas réunit toutes les nouveautés - réelles ou supposées - qui se retrouveront en rayons pendant les fêtes de fin d’année. 240 000 visiteurs devraient venir s’extasier devant les téléviseurs, les séchoirs connectés et les montres numériques. Mais plus encore devant la domotique, l’impression 3D et les voitures numérisées.

Cette année, le salon s’inscrit en pleine crise de la consommation. En Allemagne - nous sommes à Berlin - le secteur de l’électronique grand public est en baisse de 2,3% pour le second trimestre (6,6% durant le premier trimestre). Et si les ventes de télévisions ont augmenté, c’est plutôt grâce à l’Euro 2016 de football.

La technologie LED à toutes les sauces

Derrière le catalogue des nouveautés se cachent des technologies. Et parmi elles, le LED, cette diode électroluminescente, qui produit de la lumière par la libération d’électricité dans un gaz.

On a connu les écrans LCD nécessitant un rétroéclairage coûteux. Aujourd’hui, pratiquement tous les écrans de télé sont passés au LED qui permet de réduire l’épaisseur de l’écran, d’économiser de l’énergie (de l’ordre de 40 euros par an) et de fournir une luminosité plus homogène.

Mais cette étape technologique est dépassée. Désormais, les nouveaux téléviseurs passent à l’OLED, (Led Organique) qui propose davantage de contrastes, un angle de vision plus large et un meilleur rendu des noirs. Un autre atout de l’OLED est sa longévité, l’un des exposants (LG) assure que la durée de vie de ses téléviseurs sera de 100 000 heures, soit 30 ans d’utilisation. On en reparlera en 2046. 

La technologie LED se développe encore plus vite dans l’univers des petits écrans. Ici, c’est l’Amoled qui réussit sa percée. Il existait déjà sur les petits écrans de smartphone, mais le voici qui arrive sur les tablettes de 10 pouces. L’Amoled, (Oled à matrice active), supprime tout rétroéclairage de l’écran. Comme c’était déjà le cas pour la technologie Plasma, chaque pixel produit sa propre lumière, réduisant une nouvelle fois la consommation énergétique de l’écran.   

Enfin, le LED prend des directions inattendues. Il s’intègre dans des systèmes de contrôle numérique. Ainsi, un soquet de lampe, comparable à celui d’une ampoule classique, peut être utilisé comme lampe d’un projecteur vidéo pour afficher des films en streaming sur le mur du salon.

Un scanner de réalité virtuelle

Une autre technologie présente à l’IFA est, en toute logique, la réalité virtuelle. On a pu voir à Berlin le plus grand scanner 3D de tous les temps : une pièce conçue pour gérer les environnements de réalité virtuelle. Par exemple pour créer des jeux. Ce scanner utilise 80 objectifs placés dans une grande salle pour numériser des objets et des individus en 3D. Le tout en une fraction de seconde. Avec ce type d’engin, créer des univers 3D de réalité virtuelle deviendra (presque) un jeu d’enfant.

L’internet des objets et un autre cheval de Troie de l’IT domestique. Les montres connectées, sont présentes en masse à l’IFA, mais la vraie révolution de l’internet des objets (Machine to Machine) va créer des voitures intelligentes, des maisons intelligentes et des villes intelligentes.

Demain, le foyer domotisé, commandé par le smartphone prendra en charge la sécurité, la gestion de l’électroménager et de l’énergie à peu de frais. La présence à Berlin de 40 exposants domotiques venant de 15 pays n’est pas anodine. Dans le même esprit, toutes les villes modernes veulent devenir des smart cities automatisées où rouleront des véhicules connectés les uns avec les autres.

IFA, le salon du "son"

Le son 3D (enveloppant) est une technologie ancienne qui remonte aux premiers "home theaters". Mais un nouveau codec (codeur-décodeur) PEG-H vient affiner ce concept en permettant de distinguer plusieurs objets sonores au sein d’un même flux.

Il sera désormais possible, lors de l’audition d’un son d’en modifier les paramètres, en augmentant le niveau sonore de la voix d’un reporter, par exemple, tout en diminuant le son ambiant, le bruit des voitures ou les cris de la foule.

On voit aussi arriver les enceintes sonores à 360 degrés. Comparables à de grosses bougies d’agrément, elles émettent le même rendu sonore à 360° autour de l’enceinte. Les prix sont de l’ordre de 50 à 120 dollars selon les modèles (pas encore disponible en Europe).

Objets connectés : la routine

La profusion des nouveaux bracelets connectés et montres numériques ne permet pas de déceler une révolution technologique. Les "wearables", comme les appellent les anglophiles, deviennent simplement plus autonomes, en se libérant de leur dépendance avec le smartphone. Les bracelets nouveaux reçoivent un GPS, un baromètre un altimètre… pour accentuer leur rôle de contrôleur d’activités.

Le bracelet connecté traverse aussi une période de turbulence logicielle qui s’apparente assez à une guerre des OS. Le système d’exploitation "Android Wear" de Google ne fait pas l’unanimité. Certains lui reprochent son impossibilité de répondre aux messages et sa trop forte dépendance au smartphone. D’autant qu’Android Wear n’est pas seul dans la place. Le Watch OS de Apple et l’OS Tizen, choisi par Samsung, grappillent des parts de marché. La dernière conférence Google I/O, a permis de présenter Android Wear 2.0 comme un successeur plus glamour de l’OS de Google.

Les gadgets utiles… et les autres

Pas d’IFA sans sa litanie de gadgets plus ou moins utiles. À commencer par un prototype prometteur : une petite plaque ronde de 15 cm de diamètre sur laquelle se dépose un smartphone. Tout en se rechargeant, le mobile va effectuer une sauvegarde automatique des données. Le procédé permet aussi de transférer toutes ses données vers un autre téléphone. Ce développement signé Toshiba ne concerne que l’univers Android.

Pour les amateurs de jeux vidéo

Les gamers, moins nombreux à l’IFA qu’à la Gamescom du mois passé, ne sont pas totalement oubliés. Notamment chez Acer qui propose le PC portable sans doute le plus lourd au monde : 8 kg. Ce Predator 21 est bien sûr très puissant, mais surtout, il embarque deux cartes graphiques.

Un autre constructeur, plus connu dans le monde de la télévision (LG) présente une écran "spécial gamers" de 34 pouces avec un taux de rafraîchissement ultra-rapide (144 Hz), mais surtout un affichage au format 21/9, bien plus allongé que le traditionnel 16/9).

Le drone à selfies

Plus comique, le Breeze (Yuneec) est un drone de 24 cm pour 385g, Son originalité est de faire des selfies de haut vol en résolution 4K. L’aéronef peut immédiatement envoyer les photos et vidéo vers les réseaux sociaux via une appli.

Un constructeur chinois (Lenovo) propose lui un petit PC portable de 10 pouces, dont le clavier est en réalité une surface tactile qui permet donc de pianoter du texte, mais aussi de dessiner. Le concept n’est pas neuf (Acer l’avait expérimenté il y a cinq ans), mais la qualité tactile actuelle est supérieure. L’inconfort que l’on éprouve à tapoter sur une surface plane plutôt que sur des touches demeure rédhibitoire.

Impossible de conclure sans évoquer la "souris silencieuse" (Logitech) qui réduit le bruit d’utilisation de 90%, la balance de cuisine connectée qui reconnait automatiquement les aliments et le pèse-personnes le plus fin au monde. Plus besoin de maigrir, la balance l’a fait pour nous.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK