5 degrés plutôt que 3: le réchauffement climatique estimé encore plus important qu'on ne le craignait

Le réchauffement climatique serait encore bien plus important qu'on ne le craignait: +5° si on ne fait rien
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Le réchauffement climatique serait encore bien plus important qu'on ne le craignait: +5° si on ne fait rien - © Tous droits réservés

93% de chances pour que le réchauffement climatique soit proche de 5 degrés d'ici à la fin du siècle, si les émissions de CO2 restent dans la ligne actuelle.  C'est la prédiction alarmante d'une toute nouvelle étude statistique réalisée par deux chercheurs Patrick Brown et Ken Caldeira de la Carnegie Institution for Science à Standford en Californie (Etats-Unis) publiée par Nature, et décortiquée en France par Sciences et Avenir.

Les chercheurs concluent que dans la fourchette de température proposée par les modèles les plus pessimistes du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ce serait la plus haute valeur qu'il faudrait prendre en compte, et non la moyenne. 

Leur argumentation n'est pas facile à suivre pour un non-scientifique. Il faut comprendre qu'il existe actuellement en tout "une quarantaine de modèles climatiques mondiaux qui projettent tous différents niveaux de réchauffement climatique pour un changement donné des concentrations de gaz à effet de serre", explique Patrick Brown co-auteur de l'étude. Et la plupart du temps, pour donner une estimation du réchauffement, on fait la moyenne de ces modèles... ce qui n'est pas la méthode appropriée, selon les chercheurs.

Les modèles les plus fiables indiquent 5° de réchauffement

Les chercheurs sont partis de l'hypothèse que les modèles qui sont les plus aptes à mieux prédire le futur sont ceux qui ont le mieux réussi à simuler le climat actuel, ou d'un passé proche:  "Il est logique que les modèles qui réussissent le mieux à simuler les observations d'aujourd'hui soient les modèles les plus fiables pour demain", résume M. Caldeira.  Et en faisant tourner les modèles les plus fiables, ceux-ci ont tendance à projeter, pour le futur, un réchauffement proche de 5°C !

Pour le climatologue français Hervé Le Treut, cité par Sciences et Avenir, cette étude tombe à point nommé dans le débat actuel: "Depuis quelques années, les médias, les décideurs, les ONG, ont tendance à répéter à l’envi que si on ne fait rien en matière de baisse des émissions de CO2 on aura 3°C de réchauffement, une moyenne de la fourchette donnée par le GIEC, poursuit Hervé Le Treut. Mais ce n’est pas fondé! La communauté scientifique n’a aucune raison de penser, à ce stade, que la moyenne des modèles soit la meilleure valeur à prendre en compte." 

Non seulement une augmentation de près de 5°C aurait des conséquences encore plus désastreuses pour le futur de notre planète, mais cela signifie aussi que les efforts à fournir pour maintenir l'objectif des 2°C de l'accord de Paris, seraient encore bien plus conséquents, souligne Sciences et Avenir.

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