Le producteur Luc Besson confronté à la femme qui l'accuse de viol

Le producteur Luc Besson confronté à la femme qui l’accuse de viol
Le producteur Luc Besson confronté à la femme qui l’accuse de viol - © BERTRAND GUAY - AFP

Le réalisateur et producteur Luc Besson a été confronté mardi à la plaignante qui l’accuse de l’avoir violée à plusieurs reprises, a-t-on appris de sources concordantes.

Entendu en audition libre le 2 octobre, Luc Besson a de nouveau été convoqué par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne pour être confronté à sa principale accusatrice, la comédienne et mannequin belgo-néerlandaise Sand Van Roy, selon ces sources qui confirmaient une information du Point. Au cours de cette confrontation qui a duré environ 4h30, "chacun a maintenu sa position", a rapporté à l’AFP Carine Durrieu Diebolt, avocate de cette plaignante.

Depuis le 18 mai, l’influent producteur français est visé par les accusations de cette comédienne de 30 ans, qui avait porté plainte au lendemain d’un rendez-vous avec lui dans un palace parisien. Le réalisateur avait immédiatement dénoncé des "accusations fantaisistes".

La jeune femme dénonce quatre viols

En juillet, la jeune femme avait déposé une deuxième plainte pour viols portant sur des faits commis antérieurement sur une période d’environ deux ans, selon une source proche du dossier. Au total, elle dénonce quatre viols, selon son avocate. "Il veut nous faire croire qu’il s’agissait d’une histoire d’amour soi-disant harmonieuse mais les éléments produits dans l’enquête démentent sa position", a commenté l’avocate de la plaignante, évoquant des "incohérences" dans la version de Luc Besson. En particulier, au cours de la confrontation, "il n’a pas su s’expliquer sur le fait qu’elle présentait une ecchymose au visage, sur le contour de l’œil dans la nuit du 17 au 18 mai, ecchymose constatée par une unité médico-judiciaire (UMJ)", a détaillé Me Carine Durrieu Diebolt.

"Il a dit n’avoir rien remarqué sur son visage", a fait savoir Thierry Marembert, avocat du producteur joint par l’AFP. La plaignante a également fait état de confidences qu’elle aurait faites avant sa plainte de mai, dans des messages à un ami et à son psychiatre, où elle évoquait les "humiliations qu’elle aurait subies", a relaté son avocate. Les accusations de cette comédienne s’ajoutent aux témoignages de huit autres femmes recueillis par Mediapart dans lesquels elles ont accusé le réalisateur du "Grand Bleu" de gestes déplacés, voire d’agressions sexuelles. Le parquet de Paris, qui dirige les investigations, peut à tout moment décider d’un classement sans suite, ordonner des investigations complémentaires ou encore – s’il juge les indices suffisants – ouvrir une information judiciaire, obligatoire en matière criminelle.

Mise au point de Sand Van Roy

Dans un mail du 19 août 2019, Sand Van Roy nous demande de préciser qu’elle a bien déposé plainte contre Luc Besson le 18 mai 2018, mais n’avait nullement souhaité la médiatisation de sa plainte : "Pourtant, le lendemain du viol, mon identité et une version (tordue, fausse) de ma plainte a fuité dans la presse sans mon accord. On n’a pas respecté mon anonymat, ni le secret de l’enquête". Sand Van Roy a également demandé à tous les médias de retirer une photo la présentant souriante au côté de Luc Besson qu’elle accuse de viol. Ce que nous avons fait. Elle précise que "La photo a été faite lors de l’avant-première de Taxi 5. J’y étais comme comédienne. Je n’y posais pas seule avec Besson, on y était en ‘groupe’, au moins 15 personnes. Il y avait quelqu’un à ma gauche sur la photo litigieuse et il y avait quelqu’un à la droite de Besson. Le jour de la photo je faisais juste mon boulot. La photo a alors été détournée de son contexte et manipulée. Il m’a détruite physiquement et psychologiquement. " L’actrice précise encore qu’il n’a jamais été question de "relation d’amour" avec Luc Besson, mais bien d’une "relation d’emprise psychologique et une relation de travail".

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK