Le poète et chanteur belge Julos Beaucarne s'est éteint à l’âge de 85 ans

Il aura rejoint son arc-en-ciel : le troubadour wallon Julos Beaucarne vient de s’éteindre à l’âge de 85 ans. Cet homme aux talents multiples (poète, auteur-compositeur, écrivain, sculpteur) est originaire d'Écaussinnes et vivait depuis de très nombreuses années à Tourinnes-la-Grosse, près de Beauvechain, en Brabant Wallon.

Un conteur attaché à ses racines

Julos Beaucarne c’est un "obsédé textuel", comme il le disait lui-même, avec des textes remplis d’amour et d’optimisme. Cet amoureux des mots a écrit plus de 500 chansons, 28 livres et 49 albums. Il apprend à écrire au collège de Soignies. "J’avais un professeur formidable : il écrivait des chansons et nous les chantait. Et il y avait des chansons qui étaient des poèmes magnifiques."

"Ce n’était pas difficile du tout d’écrire. C’était le bonheur de trouver un gisement, en soi. C’est comme si j’allais creuser une mine, ma propre mine. Tout m’inspire, l’écriture, c’est ma vie."


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Depuis les années 60 ce sont des mots d’amour, de bienveillance, un souci de l’écologie : il s’engage et parraine des initiatives en faveur de la biodiversité. Un homme du monde tout en restant tellement attaché à ses racines, sa langue : le wallon.

"Le wallon, ce champagne continuel du langage, cet esprit qui ne se prend jamais au sérieux et que les snobinards de sevice regardent du haut de leur grandeur avec leur langue pointue et pharmaceutique de discours académique. Si Louis XIV s’était installé à Namur, toute la France parlerait le wallon de Namur" écrivait-il dans "Julos Beaucarne écrit pour vous" (1975).

Julos Beaucarne est notamment connu pour son interprétation en 1981 de "La p’tite Gayole", chant folklorique wallon, célèbre dans les milieux estudiantins.

Il chante une adaptation de "La p'tite Gayole" lors des 25 ans de la Région wallonne, en 2005 :

Prendre la mort à bras le corps et passer au travers

La vie de Julos Beaucarne a été marquée par un drame : l'assassinat de sa femme par un déséquilibré en 1975. "C'est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour, et l'amitié, et la persuasion", écrit-il au lendemain du meurtre dans sa "Lettre ouverte dans la nuit".

"Mon épouse a été assassinée, et là ça a été impossible de passer au travers de tout ça. J’ai toujours cette tristesse dans le cœur, dans le corps. Mais ça m’a permis aussi de toujours aller plus loin dans l'écriture, de prendre la mort à bras le corps et de passer au travers. Ça n'empêche qu'il y a encore des zones de moi qui sont restées dans la tristesse, mais j'essaye encore de les dépasser."

Il évoque cet événement dans sa "Chanson pour Loulou" : "La mort fait voyager son monde, tu vas plus vite que le son. T'es partout sur la terre ronde. T'es devenue une chanson"

Archives INA de 1977

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